• La révolution de l'âge ? Parlons-en

    La révolution de l'âge ? Parlons-en

     

    Depuis quarante ans, l'allongement de la durée de la vie constitue un progrès individuel et social dans notre pays, et un défi national et international. Comment envisager notre société d'aujourd'hui et de demain sans prendre en considération le rôle social et la place de nos aînés, alors que les plus de 60 ans représentent 22,6 % de la population française, et qu'on estime que près d'un habitant sur trois aura plus de 60 ans en 2050 ? Le constat que fait Martine Aubry (Le Monde du 15 avril) est donc posé depuis longtemps. La secrétaire du Parti socialiste s'inscrit dans une logique à contretemps de la réalité et de l'Histoire. Oui, " vieillir est positif ". Oui, " la vieillesse n'est pas un fardeau, mais une chance pour notre société ". Je ne peux que me réjouir que le PS se réveille enfin pour délivrer une analyse des effets positifs de l'allongement de la durée de la vie sur notre société.

    Je rappelle que ce sont les gouvernements de droite successifs qui ont eu le courage de s'attaquer fermement aux enjeux de l'allongement de la durée de la vie, avec les deux précédentes réformes sur les retraites de 1993 et 2003, menées par Edouard Balladur et François Fillon. En les citant, de manière implicite, Martine Aubry confirme que seules les majorités de droite ont accepté de faire face à ce défi et le relèvent de nouveau aujourd'hui.

    A ceux qui disent que le gouvernement abandonne nos aînés, je réponds que le gouvernement n'est pas dans le compassionnel, mais dans la prise d'initiatives au service de la justice sociale et du respect de l'égalité des droits.

    Pour le bien-être de nos aînés, des moyens financiers et humains sans précédent ont été dégagés et accrus, malgré l'impact sévère de la crise financière et économique mondiale. Depuis 2003, le seul budget consacré au financement des maisons de retraite et des services aux personnes âgées a plus que doublé (3,2 milliards d'euros en 2003 à 8 milliards d'euros en 2010). Le minimum vieillesse a augmenté de 4,7 % au 1er avril dernier, soit près de 709 euros par mois pour 400 000 retraités seuls. Cette hausse est conforme à l'engagement du président de la République de revaloriser de 25 % le minimum vieillesse durant le quinquennat.

    Priorité à la maladie d'Alzheimer

    Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2010, le taux de réversion pour les 630 000 veuves et veufs les plus modestes est porté de 54 % à 60 %, soit un gain moyen de 317 euros par bénéficiaire (soit plus 10 %).

    Le plan Alzheimer 2008-2012, priorité du président de la République, constitue un engagement politique fort et un engagement financier de l'Etat de 1,6 milliard d'euros pour améliorer la prise en charge des malades, leur construire un parcours de soins adapté et individualisé tout en accompagnant les familles.

    Au-delà de l'approche médico-sociale et avec ce que cela représente en termes de création d'emplois soignants, nous nous inscrivons aujourd'hui dans une dynamique plus globale, au sens sociétal du terme, pour apporter une réponse adaptée à l'ensemble de nos aînés. Il est utile de rappeler que plus de 90 % des personnes âgées sont autonomes et vivent à domicile, ce qui est leur souhait le plus cher. C'est pourquoi, nous adaptons nos politiques publiques en développant le " Vivre chez soi ", comme choix individuel et collectif pour favoriser l'autonomie, l'inclusion et la réalisation de projets de vie. Dans cette perspective, je fais des collectivités territoriales de véritables partenaires pour s'associer à cette réflexion globale sur les enjeux locaux comme l'urbanisme, la mobilité et le vivre-ensemble entre les générations.

    Il est fondamental de reconnaître les valeurs de l'âge et de faire épanouir son potentiel. Il va de soi qu'améliorer le bien-être des personnes âgées passe aussi par le maintien et le recrutement des seniors au sein des entreprises. Un premier pas a été fait avec le plan seniors mis en place le 1er janvier 2010. Plus de 1 000 entreprises ont d'ores et déjà conclu des accords, ainsi que 8 branches professionnelles. Cette initiative traduit notre volonté de favoriser des politiques de gestion des âges à la fois au niveau du parcours de vie et des liens entre les trois générations actives.

    C'est aussi l'enjeu de la réforme des retraites, menée par Eric Woerth, qui n'est pas qu'un sujet technique, mais une réforme de société pour déterminer la place que nous accordons à nos aînés et éviter que nos enfants payent le prix de nos renoncements. De l'attention particulière à nos aînés dépend la bonne santé de la société tout entière.

    Nora Berra

    Secrétaire d'Etat chargée des aînés


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