• La santé des fonds de pensions américains du S&P 500 se dégrade

    La santé des fonds de pensions américains du S&P 500 se dégrade


     


     

    Selon une étude réalisée par Credit Suisse, le déficit des fonds de retraites à prestation définies du S&P 500 atteindrait 402 milliards de dollars cette année.

    2008 avait été un mauvais millésime pour les fonds de pension des sociétés américaines. Mais 2010 pourrait bien se révéler de moins bonne qualité encore. Selon les analystes de Credit Suisse, le déficit des fonds de pensions à prestations définies des groupes du S&P 500 pourrait atteindre les 402 milliards de dollars cette année, après 268 milliards de dollars en 2009. Soit un taux de couverture des obligations futures de retraites actualisées par les actifs des fonds de seulement 75%. Et la remontée devrait être lente.

    En 2008, la chute des cours de Bourse ayant laminé les ressources, ce ratio était tombé à 78%, son plus faible niveau sur la décennie. Le déficit représentait alors 326 milliards de dollars. Si Wall Street a pour partie remonté la pente depuis, c'est la faiblesse des taux d'intérêt qui a contraint la situation financière des fonds. Les entreprises actualisent leurs obligations futures de retraites vis à vis de leurs salariés au taux du marché (celui des obligations d'entreprises notées AA). Or sur un an, ce taux s'est fortement détendu, augmentant mécaniquement le passif des fonds et obligeant les sociétés à provisionner davantage.

    Peu d'espoir d'amélioration

    A moins d'un rally boursier d'ici à la fin de l'année, peu vraisemblable dans ce contexte d'interrogations quant à la reprise américaine, ou d'une remontée du taux des obligations privées bien notées - celle-ci aurait le mérite d'alléger la charge actualisée des obligations de retraites futures -, la situation des fonds de pensions n'a guère de chance de s'améliorer.

    Pour les experts de Credit Suisse, l'augmentation des contributions pourrait peser sur les résultats de 265 des sociétés du S&P 500 l'an prochain. Le coût de retraites pourrait en effet passer de 40 milliards cette année à 53 milliards de dollars en 2011. Et Credit Suisse ne s'attend pas à le voir repasser sous la barre des 50 milliards avant 2014. Pour 28 sociétés, le résultat 2011 (tel qu'il ressort du consensus établi par First Call à partir des prévisions des analystes) pourrait être amputé de plus de 5%. Pour sept d'entre elles, parmi lesquelles Boeing ou encore Honeywell, la ponction pourrait même être supérieure à 10%. De fait, certains groupes pourraient être tentés d'influencer des estimations de marché trop élevées, à l'occasion de la saison de publication du troisième trimestre (le mois prochain). Christèle Fradin


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