• La Serbie tente depuis des mois d'enrayer la glissade de sa monnaie

    La Serbie tente depuis des mois d'enrayer la glissade de sa monnaie

    Depuis le début de l'année, le dinar a perdu plus de 12 % de sa valeur. La banque centrale continue d'intervenir en puisant dans ses réserves de change.

    « La Slovénie fait déjà partie de l'Union européenne, la Croatie est en bonne voie pour y accéder d'ici à 2012, le Monténégro a déjà intégré l'euro, et nous, nous attendons ». Comme le déplore cette professeur à Belgrade, la Serbie qui, comme l'Albanie au sud des Balkans, aspire à rejoindre l'UE devra encore patienter. Outre les aspects politiques qui freinent son cheminement vers l'Europe - celui-ci est conditionné à la capture d'un criminel de guerre -, le pays peine à s'extraire de la récession et à endiguer la chute de sa monnaie. Depuis septembre 2008, le dinar a perdu un tiers de sa valeur, dont 12 % face à l'euro depuis janvier. Lundi, il a touché un plus bas de 107 dinars. « Au vu des données macroéconomiques, le dinar est clairement sous-évalué », regrette le vice-gouverneur de la Banque centrale, Bojan Markovic qui attribue cette faiblesse à « des facteurs psychologiques ». Cette dérive de la monnaie fait craindre aux autorités serbes de ne pas pouvoir tenir leurs engagements en matière d'inflation, l'objectif étant de la maintenir entre 4 % et 8 % cette année. Ou encore de voir le système bancaire déstabilisé par une augmentation du nombre de défauts d'emprunteurs. Un tel scénario n'aiderait en rien le pays à remplir ses engagements à l'égard du FMI qui, en échange d'une aide de 3 milliards d'euros, réclame une réduction des dépenses publiques et du déficit budgétaire sous la barre des 4,8 % du PIB.

    « Une telle parité monétaire ne contribue plus à la stabilité de notre économie », poursuit Bojan Markovic. Pour l'heure, la banque centrale continue d'intervenir en puisant dans ses réserves de change. L'institut monétaire a cédé pour plus de 1,5 milliard d'euros (dont 40 millions lundi) depuis le début d'année. Et souhaite, à l'instar du gouvernement, renforcer le rôle du dinar dans une économie où d'autres monnaies lui font de l'ombre. Les transactions entre banques se font encore à 70 % en devises étrangères. Et les ménages serbes dont l'épargne a été rongée par l'hyperinflation et les dévaluations dans les années 1990 gardent également des devises. « La banque centrale continuera d'intervenir pour soutenir le dinar, tout en mesurant les risques de voir la hausse des taux directeurs hypothéquer la reprise de la croissance (attendue à 2 % cette année) », a confié Dejan Soskic le nouveau président de l'institut monétaire qui est entré en fonction la semaine dernière. «Il est notamment essentiel si l'on veut rendre la politique monétaire du pays plus efficace de doper la liquidité du marché de dette locale ». Marjorie Bertouille


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :