• Le Comité de Bâle se fait cinglant pour les banques mutualistes

    Le Comité de Bâle se fait cinglant   pour les banques mutualistes 

    Crédit Agricole SA serait parmi les groupes les plus impactés en Europe par les propositions en matière de fonds propres dévoilées jeudi. Certains bureaux d’études jugent que son ratio de fonds propres de base pourrait passer en territoire négatif.

    Les propositions du Comité de Bâle rendues publiques jeudi dernier (« Les Echos » du 18 décembre) sur les fonds propres des institutions financières ne seront pas sans conséquences pour le secteur bancaire, mais encore plus pour le segment des banques mutualistes. C’est la conclusion rendue par la plupart des études réalisées depuis la semaine dernière sur le secteur, et plus particulièrement sur  Crédit Agricole SA  (Casa), la structure cotée d’un des plus grands groupes bancaires mutualistes en Europe.Mettant le premier le feu aux poudres, le bureau d’études Bank of America-Merrill Lynch estimait ainsi vendredi que telles que proposées, les dispositions du Comité de Bâle provoqueraient un ratio core Tier-1 pour le groupe passant sous le niveau zéro et négatif de 3 %, au lieu de son ratio actuel de 9,1 %. <st1:personname productid="La Banque" w:st="on">La Banque</st1:personname> verte devrait en effet retirer de ses fonds propres actuels les actifs intangibles (environ 22 milliards d’euros), ses participations bancaires – dont ses 25 % détenus dans les banques régionales du groupe, si les certificats d’investissement devaient être exclus –, soit environ 21 milliards, ainsi que ses participations dans ses filiales d’assurances, qui représentent potentiellement 9 milliards. Le bureau d’études a d’ailleurs dégradé d’« achat » à « neutre » le titre Casa, qui a plongé vendredi de 7,13 %.

    «Pari sur l’exception culturelle»

    Réagissant également à ces propositions hier, Oddo Securities s’est aussi montré inquiet pour Casa. Selon ses calculs, ce dernier verrait ses fonds propres core Tier-1 négatifs de 6,1 milliards d’euros et il pourrait avoir besoin de lever 15 milliards d’euros d’ici à la mise en place des nouvelles règles en 2012 (pour un ratio potentiellement exigé de 6 %). Une hypothèse qui ne prend pas en compte néanmoins la possibilité de voir Casa adopter une politique de réduction des RWA (actifs pondérés du risque)« beaucoup plus agressive qu’aujourd’hui », ni de possibles cessions d’actifs qui permettraient de réduire les besoins en fonds propres et de dégager d’éventuelles plus-values. De son côté, Exane BNP Paribas estime que Casa pourrait réfléchir à mettre en Bourse sa filiale d’assurances Predica ou à la fusionner avec un autre assureur pour limiter l’impact des nouvelles règles. Sur la seule problématique des participations dans l’assurance, Casa risquerait en effet de perdre 170 points de base de ratio core Tier-1. Pour le bureau d’études, les nouvelles règles de Bâle II s’avèrent être un« test sévère pour les banques coopératives ».Mais l’ensemble des analystes juge peu probable une application de ces règles en l’état.« Pour Crédit Agricole SA, cette approche ignore injustement les solides fonds propres des banques régionales et les bénéfices d’une diversification dans les métiers de l’assurance. En ne reconnaissant pas les minoritaires et l’avance d’actionnaire pour un montant total de 8 milliards d’euros, il ignore également injustement le réel soutien en capital que le groupe Crédit Agricole apporte à Casa. Nous ne pouvons pas imaginer que le régulateur ne tienne pas compte de ces spécificités et prenne le risque de déstabiliser une des plus grandes banques européennes », écrit Bank of America-Merrill Lynch. Même logique pour les analystes d’Exane BNP Paribas, qui estiment que le régulateur français lui-même, évoluant dans un marché contrôlé à plus de 60 % par des groupes mutualistes, devrait se faire le grand défenseur de la cause mutualiste. <st1:personname productid="La Commission" w:st="on">La Commission</st1:personname> bancaire« doit convaincre le Comité de Bâle de prendre en compte les spécificités de ces structures d’entreprise », estime le bureau d’études. Quant à Oddo, il voit dans cette perspective« un pari sur l’exception culturelle »de la structure cotée du groupe mutualiste. Les discussions devraient être vives tout au long du premier semestre 2010 pendant lequel se dérouleront les études d’impact avant les recommandations finales.

    RÉJANE REIBAUD

     

    Voila un débat. Ce sont les banques mutualistes et coopératives qui on en France le plus souffert de la crise. Regardez CE et banque populaires, et les pertes du Crédit Agricole.

    Une question : Pourquoi les Caisses Allemandes Raiffaisen ( qui sont a l’origine de la création du Crédit agricole et du Crédit mutuel en France) et au Pays –Bas , <st1:personname productid="la Rabobank" w:st="on">la Rabobank</st1:personname>, n’ont-elles pas ( trop)  souffert de la crise.

    Le mutualisme aurait –il des définitions (applications) différentes ailleurs.

    Ma réponse est évidente, connaissant très bien ces institutions.
    Un petit rappel historique La grande Bretagne à opéré dans la fin des années 1990 à la démutualisation d’un certain nombre des ces assurances mutuelles en les privatisant. Les clients « sociétaires » de ces mutuelles, même les non anglais on était correctement indemnisé (rachat de leur part au prix de marché et pas au prix du nominal). Devinez comment on était indemniser les porteurs de part du Crédit Agricole au moment de la mise en Bourse du véhicule coté.


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