• Le conservatisme, une nouvelle religion

    Le conservatisme, une nouvelle religion

    Bon nombre de conservateurs ne croient plus aux vertus de la démocratie américaine. Ils sont prêts à tout pour imposer leurs vues.

    17.12.2009|Neal Gabler|Los Angeles Times

    Le changement le plus profond qu’ait connu la culture politique américaine au cours des trente dernières années, c’est peut-être que le conservatisme est passé d’un mouvement politique à une sorte de fondamentalisme religieux. Cette transformation est moins le résultat de l’alliance entre les protestants évangéliques et la droite (même si cette alliance a eu son effet) que celui d’une conviction si inébranlable qu’elle ne souffre aucune opposition politique. En bref, ce que nous connaissons aux Etats-Unis, aujourd’hui, c’est un fondamentalisme politique qui a toutes les caractéristiques d’un fondamentalisme religieux. Pendant des siècles, la démocratie américaine s’est construite sur des concessions mutuelles, la négociation, le compromis, l’acceptation du fait que la majorité gouverne dans le respect des droits de la minorité, et surtout la volonté de se plier au vote de la majorité. Le fondamentalisme religieux, en revanche, repose sur des vérités immuables qui ne peuvent être négociées, faire l’objet d’un compromis ou changées. Il est en cela diamétralement opposé à la démocratie libérale telle que nous l’avons pratiquée aux Etats-Unis. Les démocrates de tous les bords politiques sont peut-être prêts à défendre la démocratie jusqu’à la mort, mais très peu d’entre eux défendront une politique particulière jusqu’à la mort. On ne lance pas une croisade sanglante pour la réglementation du système bancaire, le salaire minimum voire la réforme du système de santé. Quand la politique devient religion, chaque décision politique devient une affaire de vie ou de mort, comme nous le constatons aujourd’hui.

    Les militants du mouvement Tea Party, les manifestants anti-Obama qui le haïssent avec une ferveur qui va au-delà de la politique, ceux qui le comparent à Hitler ou à Staline, les aspirants guerriers qui brandissent leurs armes en annonçant sombrement son trépas, les animateurs excités des chaînes de télévision câblées et des stations de radio qui gagnent leur vie en le diabolisant et en traitant les progressistes d’ennemis de l’Amérique, ces gens-là ne se contentent pas d’exercer leurs droits au sein du système politique. Ils croient sincèrement que le système politique américain, ce système qui a élu Obama, ne fonctionne plus. Il ne peut être restauré qu’en remplaçant les incertitudes de la vie politique par leurs certitudes.

    Et, comme nous le découvrons tristement, cette minorité ne peut être contestée, ce qui est d’ailleurs très probablement la raison pour laquelle le conservatisme s’est transformé en religion. Les conservateurs qui croient sincèrement que le seul chemin à suivre est le leur ont pris conscience que la tolérance politique ne faisait pas le poids face à la véhémence religieuse. Ils ont malheureusement raison. Comme ils se sont retirés du discours politique, ils ne sont pas sensibles à la pression morale. La raison ne les touche pas, parce que leurs arguments reposent sur la foi plutôt que sur les faits. Rien ne peut les faire évoluer parce qu’on ne peut convaincre des fanatiques religieux d’une chose en laquelle ils ne croient pas déjà, même si leur religion est un dogme politique.

    Et c’est bien là le problème, non seulement pour les progressistes, mais également pour les conservateurs modérés qui considèrent le conservatisme comme une idéologie et non comme une orthodoxie. On ne peut pas battre la religion avec la politique. Voilà pourquoi l’extrême droite “gagne” tant de batailles. Les fanatiques du fondamentalisme politique seront toujours plus zélés que les conservateurs modérés ou que les progressistes. Ils seront toujours plus bruyants, plus intransigeants, plus mécontents, plus menaçants, plus déterminés à tout faire pour gagner. La défaite est pour eux inconcevable. Toute bataille politique est une croisade, une guerre sainte, une question de bien et de mal. Ceux qui s’opposent à la tournure religieuse prise par la politique pensent peut-être qu’il suffit de changer de stratégie, mais ils se trompent. Ils ne pourront jamais gagner parce que, pour les fondamentalistes politiques, il ne s’agit pas d’une joute politique mais de la dernière bataille de l’Apocalypse.

     

    On n’en parle pas encore dans les médias, ou plutôt on reproche à Obama de ne pas avoir fait tout ce qu’il avait annoncé.
    Mais il est « piégé » par son Pays et ce qui s’y passe. Je pense qu’il faut absolument écouter et s’intéresser à cela.
    Je mettrais des articles. Mais déjà  celui-ci est TERRIFIANT. Oui TERRIFIANT car ce journaliste américain parle d’INTEGRISME cela nous rappelle des choses.


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