• Le "grand soir" du Capitalisme n'a pas eu lieu

    Le « grand soir » du capitalisme n’a pas eu lieu  

    La crise financière pointait la nécessité de réformes en profondeur. Tout juste parviendra-t-on à toiletter le système économique.

    En pleine tourmente financière générée par la chute de Lehman Brothers en septembre 2008, au plus fort de la récession frappant les pays industrialisés, de nombreuses voix s’étaient élevées pour appeler à la réforme en profondeur du capitalisme. Parmi eux, le président français, Nicolas Sarkozy, n’a pas ménagé ses efforts en ce sens. Les espoirs étaient d’autant plus grands que, aux Etats-Unis, l’année 2009 s’ouvrait avec la prise de fonction d’une nouvelle administration. George Bush parti, le démocrate Barack Obama portait sur ses épaules l’espoir de tout un peuple mais également celui des autres grands dirigeants du monde. L’attitude moins intransigeante attendue de sa part suscitait l’espoir d’un « grand soir » du capitalisme, ou du moins du libéralisme à tout crin. Las, au fil des mois, le nouveau président des Etats-Unis dont bon nombre des collaborateurs sont issus des banques d’affaires américaines, en particulier de Goldman Sachs, n’a guère cédé de terrain. Au grand dam des Européens plus prompts à vouloir opérer de vastes réformes. Les deux sommets successifs du G20, qui a supplanté celui du G8, l’un à Londres début avril, l’autre à Pittsburgh fin septembre, ont mis en lumière les divergences de vues de part et d’autre de l’Atlantique.

    Rebond des bonus

    L’exemple le plus emblématique concerne la volonté européenne de plafonner la rémunération des opérateurs de marché. Les Etats-Unis y ont opposé un fin de non-recevoir à Pittsburgh. Tout au plus seront-ils encadrés selon un mode défini par le Conseil de stabilité financière, créé à Londres quelques mois plus tôt. Finalement, devant le retour des pratiques d’avant-crise dans les salles de marché avec la distribution au titre de 2009 de bonus scandalisant l’opinion publique, seuls Londres et Paris ont décidé, à la fin de l’année, de les taxer temporairement. L’année 2009 ne saurait cependant se limiter à cette seule divergence de vues sur le salaire des banquiers. Américains et Européens ont tout de même mis en place une supervision et une régulation financière plus stricte. Surtout, un grand pas – certes insuffisant – a été fait pour mettre fin aux paradis fiscaux. La volonté politique des dirigeants du G20 a déclenché une vague de signatures d’accords bilatéraux respectant les principes élaborés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) par les pays suspectésou non coopératifs. Au fil des mois, alors que les plans de relance budgétaire mis en place par les plus grands pays ont aidé l’économie mondiale à sortir de l’ornière, la volonté de réforme du système s’est logiquement étiolée. Et le capitalisme a juste subi un toilettage.

    RICHARD HIAULT

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