• Le marché pousse la Grèce à demander le soutien de l'Europe

    Le marché pousse la Grèce à demander le soutien de l'Europe

    Par Alexandre Garabedian

    le 09/04/2010

     

    détail du "cratère d'Euphronios", antiquité (via Bloomberg News)

    Les niveaux de taux et de volatilité atteints par les rendements grecs compliquent le programme de financement du pays

    «Le marché a toujours raison», a indiqué hier Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne. Et le marché, depuis quelques jours, semble décidé à tester la réalité du plan de soutien européen à Athènes. Bien que la BCE ait levé hier les inquiétudes que les banques grecques pouvaient avoir en matière d’accès à ses fonds, les rendements grecs ont continué à se tendre. Ils ont dépassé les 7,5% à 10 ans, portant l’écart avec les Bunds allemands à 440 points de base. Sur le 2 ans, les rendements se sont tendus de 250 pb, à 7,45%,depuis le 5 avril. L’euro a plongé vers 1,33 dollar.


    A ces niveaux de taux et de volatilité, Athènes risque d’avoir du mal à placer sa dette en avril et en mai. L’émission de 5 à 10 milliards en dollar attendue à la fin du mois paraît difficilement réalisable. Pour ne rien arranger, S&P a menacé de dégrader la note du pays (BBB+) si les coûts de financement restent aussi élevés.


    Les craintes pesant sur le financement des banques locales accentuent le problème. Ces dernières ont connu des sorties de capitaux en janvier et en février, même si la croissance de leurs dépôts à terme d’une durée supérieure à deux ans relativise une éventuelle défiance des Grecs dans leur système. Leur accès au marché interbancaire se tarit: Commerzbank aurait ainsi cessé ses opérations de repo avec ses contreparties locales.


    Or les banques grecques sont les premiers acheteurs d’emprunts d’Etat, et ont demandé à bénéficier de garanties publiques sur leur dette. «Quand le principal acquéreur de dette gouvernementale grecque requiert lui-même de l’aide, on voit que le problème de financement peut se transformer en cercle vicieux», souligne Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank.


    Plusieurs économistes estiment dès lors qu’Athènes n’a d’autre choix que d’activer le plan de soutien européen, concocté avec le FMI, et censé se déclencher en cas d’échec d’une syndication de dette. «Jusqu’à présent, nous estimions que la Grèce devait émettre et attendre patiemment que les spreads se détendent, indique Laurent Bilke, économiste chez Nomura. Nous nous attendons désormais à ce que le gouvernement demande une aide européenne, pour achever son refinancement à temps d’ici au 19 mai». Avec une difficulté supplémentaire: une élection régionale en Allemagne le 9 mai, qui rendrait compliquée toute aide avant cette date.

     

     

    Pas de problème pour les marchés, pas de problèmes aussi pour nos banques . Dormez tranquille.

    AFP le 09/04/2010 à 09:54

    "Pas d'inquiétude" sur exposition des banques françaises à la Grèce (Noyer) :

     

    L'exposition des banques françaises à la Grèce ne suscite "pas d'inquiétude particulière", a estimé vendredi le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, admettant néanmoins que les autorités de régulation françaises surveillent "de près" la situation.

    M. Noyer a rappelé, sur la base des chiffres publiés par la Banque des règlements internationaux (BRI), que l'exposition des banques françaises à la Grèce atteignait "une cinquantaine de milliards d'euros".

    Cette exposition est importante parce que les banques françaises "sont les seules à avoir des filiales" en Grèce, a indiqué le gouverneur de la BdF en marge de la présentation du rapport annuel de la Commission bancaire.

    Le Crédit Agricole est ainsi présent en Grèce via sa filiale Emporiki, tandis que la Société Générale contrôle la banque grecque Geniki.

    Pour M. Noyer, les banques françaises présentent "une exposition économique normale", via les crédits accordés par leurs filiales.

    L'exposition des banques françaises à la Grèce "est un risque que nous surveillons de près mais qui est, pour une vaste majorité, un risque sur la clientèle grecque", selon M. Noyer.

    Quant à l'exposition des banques françaises aux obligations émises par l'Etat grec, elle est "dans des ordres de grandeur qui ne sont pas anormaux par rapport à ce qu'ont les autres banques européennes", a assuré le gouverneur.


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