• Le paradoxe français du travail

    Le paradoxe français du travail

    L'édito de Philippe Thureau-Dangin

    Les 12 et 13 mars, avec l’association Les Carrefours de la pensée, Courrier international organise au Mans deux jours de rencontres autour de l’après-crise. L’entrée est libre et vous y êtes tous invités. On y débattra d’économie, forcément, d’écologie, mais aussi du marché du travail… Car le krach de septembre 2008 a révélé la crise du travail dans toute son ampleur. Dans nos sociétés, la croissance – telle qu’elle est définie – est encore possible, mais pas le plein-emploi. Alors comment faire ? On compte en France 10 % de chômeurs enregistrés, auxquels il faut ajouter tous ceux que l’on a chassés des fichiers. Dans notre dossier, plusieurs solutions sont proposées. Réduire massivement le temps de travail ; non pas d’une façon rigide comme pour les 35 heures, mais par des incitations et des compensations. Offrir aux entreprises et aux salariés des possibilités de chômage technique (comme aux Pays-Bas, où l’on ne compte que 4,2 % de chômeurs). Inciter aussi les patrons à ne pas débaucher : les licenciements, Newsweek le démontre, ne produisent rien de bon à moyen terme pour les entreprises. Bref, mettre en place des systèmes souples, où chacun peut choisir son degré d’implication dans la production et la consommation…



    Il y a un vrai paradoxe français en la matière. Notre pays continue d’avoir la productivité horaire du travail la plus haute des pays développés (après la Norvège). Nous devons cela, entre autres, aux 35 heures. Mais ces bonnes performances se paient, pour nombre de salariés, par un surcroît de stress, souvent très douloureux. Et, pendant ce temps, nous laissons beaucoup de gens en situation difficile, hors du monde du travail : des jeunes, des 58-65 ans, des chômeurs en fin de droits, etc. Au total, seulement 60 % des Français entre 18 et 65 ans ont un emploi, contre 72 % des Américains. Karl Marx, dans une lettre, rappelait que, tout en se battant pour la réduction des horaires des ouvriers, il était pour sa part“partisan des longues journées de travail”. Il devient donc urgent de raisonner d’une façon plus ouverte. Afin de donner à chacun la possibilité de choisir son rythme de vie


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