• Le pire s'avance à pas de loup Jacques Attali

    Le pire s'avance à pas de loup

    le 1 décembre 2009 8h52 | par 

    Jacques Attali

     

     

    Quand, enfin, se rendra-t-on compte que   le discours de bien des gouvernants, depuis des mois, sur le retour de la croissance,  l’efficacité du G20 et    la fin de la crise  ne sont que des mascarades ?  Non seulement rien  n’est réglé, non seulement aucune mesure réellement sérieuse n’a été prise, mais encore la gestion de la crise n’a fait, jusqu’à présent, que   grossir l’avalanche qui déboulera sur les générations suivantes.

    D’abord les faits : la croissance, dans nos pays, ne repart pas et le chômage, considérable, réduit la capacité des gens à consommer et à rembourser leurs crédits. En France,  4, 7 millions sont en situation de ne pas avoir autant  d’heures de travail qu’ils souhaiteraient, ou de ne pas en avoir du tout. Aux Etats-Unis, ils sont 17,5%  dans ce cas, et ceux qui travaillent ne sont occupés en moyenne que 33 heures par semaine.  La durée du chômage s’allonge partout. Le commerce mondial se contracte. La baisse des prix mondiaux et celles du dollar et du yuan   fabrique du chômage   et pousse encore plus les consommateurs   à rechercher les produits à bas prix, ce qui  détruit plus encore d’emplois.

     Les banques, dont on a dit qu’elles étaient sorties d’affaire, ne pourront pas  financer les investissements nécessaires à  la reprise :   beaucoup des plus grandes,  des Etats-Unis à la Chine, en passant par l’Europe, manquent  dramatiquement de fonds propres, au point que Jean-Claude Trichet leur a demandé de ne pas distribuer de dividendes.  De plus, les gouvernements des pays industrialisés doivent trouver cette année et l’an prochain  12 Trillions  de  dollars  pour financer leurs déficits ; leur dette   dépassera bientôt  80% du PIB mondial, ce qui conduira les consommateurs à épargner plus encore  pour se préparer à une inévitable  hausse des impôts. De plus,   les bons du trésor ne seront plus considérés comme des placements surs pour les banques ou les compagnies d’assurance, mettant en cause les retraites complémentaires ou par capitalisation. Enfin, les risques pris, sans transparence, par les banques centrales, sont vertigineux ;  et les fonds souverains sont gravement touchés,  comme le montre   ce qui joue à Dubaï.   

    Les risques  qui en découlent   sont pires encore:   Menacent à la fois l’interruption de services publics, les  faillites de banques,  d’entreprises et de nations, la ruine des salariés  et des épargnants, en un jeu de domino conduisant à  une spirale dépressive, suivi d’un rebond inflationniste.  Et même si la reprise se consolidait, contre toute raison,  tous les précédents historiques  montrent que l’emploi ne  retrouvera pas son niveau d’avant la crise avant au moins  deux ans.   

    On ne peut se contenter d’accepter  ces menaces sans réagir, ni laisser l’espérance d’une  minuscule croissance artificielle  reporter sur l’avenir des difficultés de plus en plus grandes. Il faut d’urgence engager les reformes de structure, au moins en France, permettant de  retrouver les chemins d’une croissance forte.  C’est parfaitement possible. Encore faudrait-il avoir le courage de la vérité, seule justification de l’effort, seul préalable au succès.


  • Commentaires

    1
    Roadrunner
    Jeudi 3 Décembre 2009 à 08:48
    Je pense que la question est plutôt : quelle croissance ? Mettre beaucoup d'altruisme et enlever beaucoup d'égoïsme dans notre façon de faire . Ne pas avoir comme référence le stock de monnaie "économique" officielle pour dire que nous Existons. Etc...
    2
    emile11111 Profil de emile11111
    Jeudi 3 Décembre 2009 à 09:13
    Je pense que la question est plutôt : quelle croissance ? Mettre beaucoup d'altruisme et enlever beaucoup d'égoïsme dans notre façon de faire . Ne pas avoir comme référence le stock de monnaie "économique" officielle pour dire que nous Existons. Etc...
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :