• Le plan de Nicolas Sarkozy pour sa présidence du G20

    Le plan de Nicolas Sarkozy pour sa présidence du G20

     


     

    À six semaines de la présidence française du G20, les tensions monétaires ne cessent de s'accentuer. Paris s'active pour préparer la réforme du système monétaire international.

    À l'Élysée, une fois n'est pas coutume en cette période de popularité défaillante et de mécontentement général, on boit du petit lait. Le motif de cette satisfaction présidentielle ? L'affrontement monétaire international qui ne cesse de prendre de l'ampleur, un phénomène pressenti par Nicolas Sarkozy, qui a mis le sujet au coeur de ces priorités pour la présidence française du G20. En témoignent les interventions unilatérales du Japon sur les changes, la remontée brutale de l'euro, les accusations du Congrès américain contre les manipulations monétaires chinoises ou encore les déclarations récentes du ministre des Finances brésilien, évoquant un état de guerre monétaire... A moins de six semaines des débuts de la présidence française du G20, ce retour au premier plan des questions monétaires ne peut que légitimer l'ambition de Paris de réformer le système monétaire international. Or la France n'a pas attendu le début de sa présidence le 12 novembre, pour développer des pistes de travail. Tout en réfutant l'idée de « négociations secrètes », évoquées ce week-end par la presse anglo-saxonne, Paris reconnaît parler de ces sujets avec ses partenaires.

    Plan de bataille en 3 phases

    Le plan de bataille de l'Élysée s'articule en trois phases. Jusqu'au 12 novembre, les diplomates français vont s'efforcer de tisser des contacts en prenant garde de ne pas empiéter sur le travail de la présidence coréenne, qui s'achèvera lors du sommet de Séoul. Le sujet monétaire sera ainsi abordé en marge du sommet Union européenne-Asie, qui se déroule lundi et mardi à Bruxelles, puis lors d'une rencontre à Deauville les 18 et 19 octobre avec le président russe Dmitri Medvedev et la chancelière allemande Angela Merkel, et lors de la visite d'État du président chinois Hu Jintao début novembre à Paris. Deuxième phase, la France prépare activement une série de séminaires internationaux sur la « concertation monétaire », qui se dérouleront pendant sa présidence. Annoncé par Nicolas Sarkozy, le premier colloque aura lieu en Chine, Pékin ayant donné son accord sur le principe : il réunira des responsables politiques, des banquiers centraux, des banquiers privés et des économistes. Ce séminaire aura pour but « d'établir ensemble un diagnostic sur le système monétaire international », explique-t-on à l'Élysée. Deux autres conférences sont déjà programmées : l'une en Europe (probablement en Allemagne) et l'autre aux États-Unis. « Notre premier objectif est d'obtenir que le sujet monétaire soit pleinement légitime dans l'enceinte du G20 », affirme-t-on à Paris. Ces rounds de discussions internationales devraient permettre, et c'est la troisième étape de la fusée française du G20, d'« esquisser des solutions et de proposer un programme de travail » à l'occasion du sommet qui se tiendra en France en novembre 2011 à Cannes. À l'Élysée, on réfute toutefois l'idée de vouloir parvenir à un accord comme ceux conclus au milieu des années 80 (accords du Plaza en 1985 et accord du Louvre en 1987). Plutôt que de recommander l'établissement de taux de change fixe ou semi-fixes, l'objectif poursuivi par Nicolas Sarkozy consiste à « créer des mécanismes de gouvernance », visant à protéger les pays contre par exemple les retraits brutaux de capitaux, de diversifier les réserves de change, et à coordonner la politique monétaire.

    Par Éric chol


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