• Le problème de la faim dans le monde a été délaissé depuis la crise financière

    Le problème de la faim dans le monde a été délaissé depuis la crise financière

     

    D'ici dix ans, plus aucun homme, femme ou enfant n'ira se coucher en ayant faim. " Tel était l'engagement pris en... 1974 par Henry Kissinger, alors secrétaire d'Etat américain. Trente-cinq ans plus tard, en novembre 2009, le Sommet mondial sur l'alimentation s'est abstenu de fixer une échéance pour éradiquer la faim dans le monde, alors que les documents préparatoires à la déclaration finale évoquaient l'année 2025.

    Les " émeutes de la faim " de 2008 avaient pourtant remis les questions de sécurité alimentaire dans l'agenda politique. Une urgence renforcée par la crise économique mondiale : en 2009, le nombre de personnes souffrant de la faim a encore crû de 11 %, et a franchi pour la première fois la barre du milliard d'individus.

    Les chefs d'Etat et de gouvernement du G8, en 2009 à L'Aquila (Italie), s'étaient engagés à réunir 22 milliards de dollars (16,8 milliards d'euros) en trois ans afin de lutter contre l'insécurité alimentaire dans le monde. A cette époque, tous soulignaient l'importance d'augmenter la part des investissements agricoles dans l'aide publique au développement, tombée de 17 % en 1980 à 3,8 % en 2006, avant de remonter autour de 5 % aujourd'hui.

    Mais ces engagements restent pour l'heure encore flous. D'où le coup de colère, le 15 juin, de Jacques Diouf, le directeur général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) : " J'espère que les pays du G8 tiendront leur promesse car, pour l'instant, cet argent n'est toujours pas arrivé à destination. Espérons que cet effort finisse par se concrétiser. "

    A l'occasion d'un sommet à Muskoka au Canada, les 25 et 26 juin, les membres du G8 ont toutefois indiqué qu'au " 30 avril, nous avions déboursé/attribué 6,5 milliards de dollars et sommes résolus à débourser/attribuer le montant total de nos engagements nationaux d'ici à 2012 ".

    Une somme qui englobe la facilité alimentaire européenne de 830 millions d'euros ainsi que le " programme global pour la sécurité alimentaire ", doté de 900 millions de dollars, réunissant les Etats-Unis, le Canada, l'Espagne, la Corée du Sud et la Fondation Bill et Melinda Gates.

    Mais le communiqué du G8 entretient le flou entre les sommes réellement décaissées et celles simplement attribuées. Le G8 rechigne aussi à donner des détails sur les modalités - dons, prêts ? - ainsi que sur la façon dont cet argent doit être utilisé.

    " Le soufflé est retombé, juge l'économiste Philippe Chalmin. En juin 2008, tous les puissants de la planète se pressaient à la Conférence internationale sur la sécurité alimentaire. En novembre 2009, Silvio Berlusconi était le seul chef d'Etat ou de gouvernement à être présent au Sommet mondial sur l'alimentation. "

    " La question de la faim dans le monde a été mise de côté par la crise financière et les questions climatiques, expliquait récemment un diplomate. La communauté internationale n'arrive à se concentrer que sur un seul sujet à la fois. La sous-alimentation redeviendra un sujet majeur lorsque éclateront de nouvelles émeutes de la faim. "

    C.L.


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