• Le procès des subprimes s'ouvre sur grand écran

    Le procès des subprimes s'ouvre sur grand écran

    Le film « Cleveland contre Wall Street » sort aujourd'hui. Il relate le procès, fictif, des habitants de cette ville de l'est des États-Unis, pauvres mais en mal de rêve américain, contre les banques qui les ont incités à emprunter.

     

    Call Jamie Dimon ! » : c'est avec ce cri de ralliement que les plaignants de la ville de Cleveland, dans l'Ohio, se sont réunis l'été dernier. Ils étaient fatigués de n'avoir aucune réaction de la part du patron de JP Morgan Chase, Jamie Dimon, poursuivi en justice depuis le 11 janvier 2008 avec d'autres PDG de banques américaines pour avoir, selon eux, favorisé le placement de subprimes, ces prêts hypothécaires assortis de taux d'intérêt très élevés, auprès de familles pauvres - très nombreuses - de Cleveland. En 2005, ces produits représentaient 63 % de tous les prêts consentis à la population de la ville. Et 81 % d'entre eux ont été suivis de saisies immobilières entre 2005 et 2007. Des saisies qui se poursuivent. Fauchées par le chômage, dans un État dévasté par la débâcle de son industrie manufacturière, incapables de rembourser, des familles sont chaque jour dépossédées de leur logement et jetées à la rue. Depuis, des quartiers entiers de Cleveland offrent un spectacle de désolation : rues désertes, maisons abandonnées, ordures qui s'entassent. Pas question de lâcher prise, même si elles ont été déboutées en appel le 27 juillet. Il y a quelques jours, les familles manifestaient devant les banques du centre-ville, criant leur colère contre Wall Street, en brandissant un chèque géant. Son montant ? 3,4 milliards de dollars, représentant les dommages causés selon eux à leur ville sous forme de saisies mais aussi de licenciements et de réduction des services publics, la mairie devant dépenser des fonds supplémentaires pour l'entretien de ces maisons à la dérive. Tout cela à cause de Wall Street.

    Chômeurs désespérés

    Aujourd'hui, Cleveland détient le triste record d'être l'une des villes, avec Detroit, la moins agréable de tous les États-Unis. Et si le taux de chômage a quelque peu baissé ces derniers temps, pour s'inscrire à 11,6 % en juin (dernier chiffre disponible), c'est avant tout parce que les chômeurs, désespérés, ne prennent plus la peine de s'inscrire sur les listes de demandeurs d'emploi... En déboutant récemment les plaignants, le juge a expliqué que le lien entre les malheurs de Cleveland et Wall Street était « trop indirect », exonérant ainsi la Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan Chase, Morgan Stanley, Wells Fargo et quelques petits prêteurs. Les habitants de Cleveland n'ont jamais baissé les bras. Ils se doutaient que le procès n'aurait pas lieu. Qu'importe. Ils ont décidé d'en faire un quand même. Pour l'exemple. Le film « Cleveland contre Wall Street » sort aujourd'hui sur les écrans français.

    Par Lysiane J. Baudu


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