• Les actions : la fin d'un placement réputé idéal

    Les actions : la fin d'un placement réputé idéal

    Le CAC 40 évolue au même niveau que lors des crises russe et asiatique de 1998.

     

    Les malheureux épargnants qui avaient imaginé se refaire une santé en souscrivant à des fonds en actions au lendemain des crises russe et asiatique en 1998 en sont aujourd'hui pour leurs frais. En douze ans, soit une période qui correspond peu ou prou à un horizon de placement de long terme a priori sécurisé, le CAC 40 a fait quasiment du surplace. L'indice parisien évolue à quelques petits dixièmes de points de plus par rapport à sa moyenne lissée sur l'année 1998.

    Même en réintégrant les dividendes versés durant la période, la Bourse de Paris affiche un maigre gain d'à peine plus de 30 %. Soit 2,2 % en rythme annualisé. C'est 0,45 % de plus seulement que les 1,75 % garantis par le livret A. Le tout pour une prise de risque sans commune mesure. Trois crises économiques et financières majeures, dont la dernière s'inscrit parmi les plus graves de l'histoire, sont certes passées par là : l'éclatement de la bulle Internet, la récession de 2002-2003 et la tempête consécutive à la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008.

    Un passé révolu

    Les entreprises ont beau avoir fait preuve de beaucoup de réactivité dans leur capacité à réajuster leur outil de production et leurs structures de coûts depuis un an, les années fastes font partie du passé.

    « Les marges n'ont cessé de progresser notamment sous l'effet de la mondialisation et de la diminution des coûts de production jusqu'à atteindre un pic en 2007. Selon moi, ce pic pourrait difficilement être dépassé à moins d'une augmentation des volumes d'activité », estime Arnaud Raimon, président d'Alienor Capital. Et d'ajouter : « On peut donc considérer que les marges risquent d'être plus sensibles à l'évolution du chiffre d'affaires et des cycles économiques qu'auparavant. » Dans ce contexte de plus grande volatilité des résultats, les investisseurs ont de plus en plus tendance à privilégier les obligations d'entreprises (lire page 3) au détriment des actions. Surtout à un moment où le durcissement des contraintes réglementaires dans la sphère financière incite les institutionnels à minimiser leur prise de risque.

    À commencer par les assureurs (lire encadré) contraints avec Solvency II de réduire leur exposition en actions. Dans la perspective de Bâle III, les banques devraient emprunter le même chemin. Il s'agit là d'une véritable menace en termes de flux pour le compartiment des actions. D'ailleurs, depuis les plus-bas du 9 mars 2009, les volumes d'échanges restent très creux malgré le net rebond des indices. Alimentant au passage une certaine volatilité et, in extenso, l'imprévisibilité boursière.

    Fabio Marquetty


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