• Les agriculteurs angevins inquiets face à la sécheresse

    Les agriculteurs angevins inquiets face à la sécheresse

    Le Maine-et-Loire est l'un des 46 départements dans lesquels l'usage de l'eau est restreint
    Angers Correspondant
     

     

    Dans le Maine-et-Loire, tous les yeux sont rivés sur les prévisions météorologiques. Elles n'annoncent pas de précipitations avant le 10 août. Une averse orageuse s'est bien abattue, mercredi 4 au soir, apportant quelque 10 mm de pluie. A peine de quoi humecter une terre pétrifiée par un printemps et un début d'été particulièrement secs.

    Si l'on cumule la pluviométrie d'avril à juillet, on arrive à seulement 106,5 mm, soit la 8e série la moins arrosée depuis 1945. A 30 mm seulement au-dessus de 1976, année de référence.

    Le Maine-et-Loire fait partie des 46 départements français qui, au 6 août, faisaient l'objet d'arrêtés préfectoraux limitant l'usage de l'eau. Ce département, comme 24 autres, essentiellement dans l'Ouest et l'Ile-de-France, se situe dans des zones où les restrictions sont au niveau 3, le plus élevé. Ici, depuis juillet, les prairies sont des paillassons et les plants de maïs se recroquevillent sur des épis rachitiques. Chez les 6 600 producteurs bovins ou laitiers du département, l'inquiétude grandit.

    " C'est comme en 1976, disent mes parents quand ils voient les parcelles complètement cramées, rapporte Mickaël Gauthier, un jeune éleveur de charolais installé aux marches de la Bretagne. Pourtant, on n'a pas de terres séchantes. En plus, avec le printemps frais, la pousse de l'herbe a été ralentie. J'ai perdu un tiers de ma récolte d'ensilage et la moitié de mes foins. "

    Plus près d'Angers, Alain Froger scrute le ciel avec anxiété, attendant la vraie pluie pénétrante qui lui permettra de semer un colza de substitution. " En 1976, il avait plu en août et on avait pu installer des ray-grass pour l'automne ", note ce producteur laitier. " Climatologiquement, 1976 c'était pire, nuance Jean-Paul Piet, secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles. Le problème cette année, c'est le contexte économique. "

    Il a fallu acheter de la paille, parfois jusqu'en Seine-et-Marne. Et il sera difficile de faire la soudure avec l'herbe du printemps prochain sans rentrer massivement du fourrage, notamment sous forme de maïs. Vraisemblablement au prix fort, si l'on en croit la tendance à la hausse des cours céréaliers après une moisson moyenne.

    Or les années 2007, 2008 et 2009 ont été exténuantes pour les producteurs bovins. Le revenu moyen n'a pas dépassé 8 000 euros au cours de cette période et les cessations d'activité ont été nombreuses. Beaucoup de trésoreries restent tendues. Certains ont déjà commencé à vendre une partie de leur cheptel. " Ils décapitalisent parce qu'ils ont peur de ne pouvoir nourrir les animaux, note Mickaël Gauthier. Cela déstabilise les cours, qui étaient déjà bas. "

    Producteurs de lait inquiets

    Quant aux producteurs laitiers, l'incertitude sur les prix n'est pas pour les rasséréner. " La sécheresse, c'est vraiment la chose dont on n'avait pas besoin en ce moment ", lâche Alain Cholet, président de la section laitière du syndicat majoritaire.

    Ceux qui ont les moyens d'irriguer s'en tirent mieux. La Loire, soutenue par les précipitations du Massif Central, se maintient largement au-dessus de l'étiage d'interdiction de pompage. Mais des cours secondaires comme la Mayenne ou le Loir, qui arrivent du nord, coulent au grand ralenti. Et les arrêtés préfectoraux se resserrent. Les agriculteurs angevins ne sont pas les seuls à se tourner vers le ciel. La pluie est espérée dans presque toute la France agricole, mais aussi les indemnisations, au cas où elle ferait défaut. Au ministère de l'agriculture, on indique qu'un état des lieux, à la fin de la période estivale permettra de lancer les procédures de calamités agricoles.

    Vincent Boucault


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