• Les banquiers sommés par le Congrès américain de s’expliquer sur la crise

    Les banquiers sommés par le Congrès américain de s’expliquer sur la crise  

    Les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur la crise ont débuté mercredi.

    De notre bureau de New York.

    Il y a des images qui gravent les esprits. Celle des quatre patrons des plus grandes banques américaines prêtant serment devant une commission d’enquête du Congrès créée spécialement pour identifier les causes de la crise financière devrait rester. Alors que la colère de l’opinion publique monte à la veille de l’annonce de bonus records en 2009, les principaux protagonistes de la pire crise depuis les années 1930 ont dû répondre de leurs actions devant une commission bipartisane de dix experts, un savant mélange d’élus et de personnalités du monde économique et des affaires.« Nous cherchons la vérité. Les faits. Les gens sont en colère », a prévenu en préambule Philip Angelides, le président de la Commission. Elle a pour premier objectif de publier un rapport mi-décembre, mais pourrait avoir des incidences sur la refonte de la régulation financière en cours. Les auditions vont durer huit mois.

    Une voiture avec des freins cassés

    Mercredi, les échanges ont été secs, parfois tendus, mais il ne s’agissait pas non plus d’une chasse aux sorcières. Les membres de la commission ont interrogé les banquiers sur les pratiques à l’origine de la crise, sur ce que les banques avaient modifié depuis, et les ont longuement questionnés sur les méthodes de rémunérations.Si les banquiers ont admis avoir pris trop de risques, aucun, cette fois, n’a présenté d’excuses. John Mack, le président de Morgan Stanley, célèbre pour avoir un jour demandé davantage de régulation« parce que les banquiers ne peuvent se contrôler »,a surtout incriminé la pratique d’un recours trop important aux effets de levier et n’a cessé de saluer le travail de la Réserve fédérale.« On a mangé notre cuisine et on s’est étouffé avec », a-t-il concédé.Jamie Dimon, le PDG de JP Morgan Chase, qui est sorti comme l’un des rares héros de Wall Street parce que sa banque a moins investi dans des produits exotiques que d’autre, s’est contenté de répondre le plus brièvement possible aux questions des uns et des autres, préférant rester en retrait. Brian Moynihan, le très récent PDG de Bank of America, est apparu pour ce qu’il est, le petit nouveau dans la confrérie. Celui qui a été le plus soumis à la question et qui s’est défendu avec ardeur a été Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs.« Vous êtes comme un vendeur qui a cédé une voiture avec des freins cassés et qui prend une assurance », lui a déclaré Philip Angelides, reprochant à Goldman Sachs d’avoir vendu des produits structurés liés à l’immobilier tout en s’assurant contre ce genre de produits.

    Manque de discipline

    Hier, c’était au tour des principaux régulateurs de témoigner, avec l’audition très attendue de Sheila Bair, la présidente de la Federal Deposit Insurance Corporation qui assure les dépôts des banques.« Non seulement le marché a manqué de discipline pour empêcher les excès de ces dernières années mais le système de régulation a aussi échoué a assumé ses responsabilités », a-t-elle déclaré hier.

    Virginie Robert

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