• Les créances douteuses gonflent dangereusement en Espagne

    Les créances douteuses gonflent dangereusement en Espagne


     


     

    Alors que le taux de créances douteuses a frôlé 5,5 % en juillet, les établissements financiers réduisent leur distribution de crédits.

    Après un bénéfice en chute de 29% au premier semestre, les caisses d'épargne espagnoles ne sont pas au bout de leur peine. Les banques ont elles aussi, dans une moindre mesure, enregistré des résultats en recul au cours des six premiers mois de l'année. Car le coût du risque continue à peser lourd dans les résultats. L'éclatement de la bulle immobilière en 2007 est loin d'être absorbé. Rien que pour Santander et Banco Popular, la facture s'est élevée, respectivement, à 4,9 milliards d'euros et 830 millions au premier semestre. Les caisses ont quant à elles affiché près de 5 milliards d'euros de coût du risque.

    Après un recul en juin, le taux de créances douteuses a repris son ascension en juillet, à 5,47 % pour l'ensemble du secteur. Un niveau à comparer aux 4,75 % de juillet 2009 et 2,15 % de juillet 2008 ! S'agissant des caisses d'épargne, le taux s'élève à 5,51 %, mais certains analystes, comme Francisco López Lubián, professeur à l'IE Business School, ne croient pas aux chiffres de la Banque d'Espagne : « Il y a des créances douteuses latentes qui n'ont pas encore émergé », affirme-t-il. De leur côté, les banques n'ont pas fait mieux avec un taux de 5,37 % des prêts.

    Mais surtout, selon les observateurs, les établissements seraient loin du point d'inflexion. Le taux pourrait encore grimper jusqu'à 6,5 % ou 7 % selon Francisco López Lubián. Tant que l'activité économique restera anémique, ce taux ne baissera pas. Selon lui, il ne faut pas s'attendre à une amélioration en 2011 ou 2012, mais viser le long terme. Les créances douteuses concernent principalement les entreprises avec un taux de 6,8 %. Du côté des ménages, le niveau sur les créances immobilières s'établit à 2,7 % tandis qu'il atteint 7,2 % pour les crédits à la consommation.

    Les PME en première ligne

    Le secteur financier paie cher ses excès d'antan. « Entre 2003 à 2006, l'excès de liquidité a incité le secteur à moins contrôler le risque. Il y avait même des financements aux entreprises à des taux d'intérêt négatifs en termes réels », rappelle López Lubián. Les caisses d'épargne, notamment, contrôlées par les dirigeants politiques locaux, « ont agi selon des critères politiques et non financiers », et sont aujourd'hui les plus affectées par la crise.

    Confronté aux conséquences de ces excès, le secteur bancaire a finalement durci les conditions d'accès au crédit. Jusqu'en 2007, le rythme annuel de croissance de prêts aux entreprises et aux ménages était respectivement de plus de 23 % et 16 %. Cette année, le crédit est passé dans le rouge : pour les entreprises, la contraction est de 2 %. Les PME sont les plus affectées : au deuxième trimestre, selon une enquête des chambres de commerce, 85,5 % des PME qui ont cherché à avoir recours au financement des banques ont eu des difficultés pour y accéder ; 11,9 % d'entre elles ne l'ont pas obtenu ; pour 62 %, le coût de financement a augmenté ; enfin pour 82 %, les exigences de garanties se sont endurcies. Du côté des ménages, le recul de la production s'établit à 1 % sur les six premiers mois de 2010.

    Par Gaëlle Lucas, à Madrid


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