• Les etablissements financiers ne sont pas sortis d’affaire

    Les établissements financiers ne sont pas sortis d’affaire 

    Les pertes liées à l’immobilier commercial continuent de peser sur les banques qui tiennent toujours serrés les cordons du crédit.

    Depuis le début de la crise, les banques américaines ont perdu 1.600 milliards de dollars selon Goldman Sachs. Mais ce n’est pas fini, ce dernier estime entre 2.100 et 2.600 milliards les pertes totales de crédit pour le secteur… Ce qui veut dire qu’il resterait encore un tiers de pertes à reconnaître. Une bonne part viendrait des crédits immobiliers, résidentiels et commerciaux, le reste des crédits à la consommation et des crédits aux entreprises.« 98 % des pertes sont attribuables à de mauvais crédits et 70 % à de mauvais crédits immobiliers », souligne Goldman Sachs.Certes, depuis un an, les banques ont relevé leur niveau de fonds propres, diminué leur effet de levier et tenté d’assainir leur bilan. Selon l’Office of Financial Stability, au 30 septembre, elles avaient levé 80 milliards de dollars en actions ordinaires depuis la publication des « stress tests » en juin et 40 milliards en dettes. Il faut y ajouter les dernières émissions de Bank of America, Citi et Wells Fargo, soit 50 milliards de plus.Mais la situation est très inégale entre les grandes et les petites banques. Depuis janvier, 140 institutions ont fait faillite contre seulement 41 dans les dix années qui ont précédé la crise. La FDIC, qui garantit les dépôts, a inscrit plus de 550 établissements sur sa liste de banques à problèmes (252 en 2008).« Les pertes de l’immobilier commercial pèsent lourdement sur beaucoup de petites banques, ce qui les empêchent d’émettre de nouveaux prêts », a constaté la semaine dernière Tim Geithner, le secrétaire au Trésor, dans son témoignage devant le Congressional Oversight Panel.

    Contraction du crédit

    Malgré les injonctions de la Maison-Blanche – le président Barack Obama a exhorté lundi les plus grandes banques à prêter davantage aux petites entreprises et aux particuliers. Et pour cause : le crédit a continué de se contracter aux Etats-Unis. Selon le Trésor américain, en rythme annualisé, les prêts commerciaux et industriels étaient en retrait de 27 % au troisième trimestre, mais seulement de 16 % depuis le début du mois d’octobre. En revanche, les prêts immobiliers résidentiels auraient progressé de 2 % en rythme annualisé depuis la fin du troisième trimestre.Devant les difficultés à se financer auprès des banques, les entreprises se tournent de plus en plus vers les marchés financiers, qui se sont stabilisés. Elles ont pu émettre pour 1.000 milliards de dollars de dettes depuis le début de l’année (soit 900 milliards pour les entreprises bien notées et 100 milliards pour les entreprises en catégorie spéculative). En octobre, seulement 14 % de ces émissions d’obligations ont été garanties par l’Etat.

    VIRGINIE ROBERT

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