• Les États-Unis hantés par le spectre de la déflation

    Les États-Unis hantés par le spectre de la déflation

    L'indice des prix à la consommation a encore reculé en juin. La Réserve fédérale s'inquiète de l'impact sur la reprise d'une trop grande sagesse des prix.

    Négocier son loyer à la baisse - un sport très prisé ces derniers temps aux États-Unis - pourrait s'avérer plus difficile à la rentrée. Si cela ne satisfait évidemment pas les locataires, ce pourrait cependant être une excellente nouvelle. C'est en observant l'une des composantes de l'indice des prix à la consommation sur juin, publié en fin de semaine dernière, que les économistes ont repris espoir. La hausse - aussi modeste soit-elle (0,1 %) - des prix des loyers est en effet bon signe, par rapport à un recul, pour le troisième mois consécutif, de 0,1 % de l'indice général. « C'est surtout la baisse des loyers qui avait pesé sur l'indice des prix », remarque Gus Faucher, économiste à Moody's - Economy.com. Cette tendance à une inflation trop modérée inquiète également les autorités monétaires américaines : l'indice de base des prix à la consommation n'a augmenté que de 0,9 % en un an, bien en deçà de l'objectif officieux (2 %) de la Réserve fédérale.

    « Nombreux dommages »

    Pour la première fois depuis un an, certains gouverneurs ont évoqué le risque de déflation lors de leur réunion de politique monétaire, fin juin. « La déflation induit de nombreux dommages », relève Gus Faucher. Le plus grave étant, en théorie tout au moins, un report d'achats de la part des consommateurs, dans l'espoir d'une baisse continue des prix. De quoi peser un peu plus sur la reprise, et partant, sur l'emploi. Déjà, à une moyenne prévue de 150.000 par mois entre décembre 2009 et décembre 2010, les créations d'emplois suffisent à peine à absorber l'afflux normal de nouveaux arrivants sur le marché. En aucun cas corrigent-elles les ravages de la crise : quelque 8,2 millions de postes détruits. « Ce n'est pas la déflation qui m'inquiète », relève pour sa part Neal Soss, chef économiste au Credit Suisse, à New York. C'est la mauvaise performance de l'économie. Credit Suisse prévoit un taux de croissance du PIB américain de 2,9 % cette année, alors que la Fed a abaissé le sien à 3 %-3,5 %.

    Lysiane J. Baudu


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