• Les femmes, grandes perdantes de la réforme

    Les femmes, grandes perdantes de la réforme

    Petit quiz : quel est le pourcentage de femmes aujourd'hui retraitées ayant réussi à valider une carrière complète ? Réponse : moins de la moitié, très précisément 44 %, alors que 86 % des hommes ont cotisé suffisamment de trimestres pour avoir une retraite à taux plein. Quelle est la retraite moyenne des femmes ? Réponse : 825 euros, quand celle des hommes est de 1.425 euros. Et ce quiz pourrait continuer, tant la liste des inégalités femmes-hommes en matière de retraite est longue...

     

    Selon le principe de la double peine, les retraites reproduisent les inégalités du monde du travail : les salaires des femmes à temps complet sont toujours inférieurs de 20 % à ceux des hommes. Le temps partiel concerne 30 % des femmes (5 % des hommes). Enfin, celles-ci sont plus touchées par le chômage, interrompent souvent leurs carrières quand elles ont des enfants, etc.

    Or, loin de corriger ces inégalités, les réformes des retraites de 1993 et 2003 les ont amplifiées. En augmentant la durée de cotisations requise et en repoussant de 65 à 67 ans l'âge requis pour avoir une pension sans décote, la réforme 2010 poursuit la logique, pénalisant un peu plus les femmes. Selon des chiffres de la Cnav, une femme sur trois a fait valoir ses droits à la retraite à 65 ans en 2004, contre un homme sur vingt.

    Cette question est passée largement inaperçue au printemps. Comme le confie à « La Tribune » un leader syndicaliste, « nous nous sommes laissés enfermer dans la seule problématique du financement des retraites ». Voilà qu'elle émerge à la veille du débat parlementaire par le biais de deux initiatives. D'une part, plusieurs députés de gauche associés à Attac et à la Fondation Copernic viennent de saisir la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) au motif que la réforme constitue une « discrimination indirecte envers les femmes ».

    D'autre part, le Laboratoire de l'égalité (qui réunit associations, réseaux de femmes, chercheurs, syndicats, élus, entreprises et médias) a présenté lundi une étude dans laquelle 91 % des personnes interrogées estiment que la cause des femmes n'est pas suffisamment prise en compte dans la réforme. 84 % des sondés sont en outre défavorables à l'article 3 du projet de loi, qui recule à 67 ans l'âge de la retraite à taux plein. Le laboratoire a lancé une pétition qui a recueilli plus de 6.000 signatures, réclamant notamment la suppression de cet article. Le collectif entend aussi combattre le « tour de passe-passe » opéré dans le projet de loi qui, selon l'élue parisienne Olga Trostiansky, « aboutit à alléger les contraintes des entreprises en matière d'égalité femmes-hommes ». Le laboratoire soupçonne le gouvernement de vouloir revenir, par ce biais, sur la loi de 2006. Stéphanie Tisserond

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