• Les Japonais délaissent le commerce de centre-ville

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    Les Japonais délaissent le commerce de centre-ville  

    Al’heure où la France vit un certain retour au commerce de proximité, le Japon – qui passe pour l’un des marchés de consommation les plus sophistiqués – est en train de connaître un mouvement inverse. Les Japonais, qui, crise oblige, recherchent toujours des produits meilleur marché, modifient leurs habitudes et vont de plus en plus chercher à la périphérie des villes les produits dont ils ont besoin.  Aeon  , le deuxième distributeur dans l’Archipel, est l’un des spécialistes de ces énormes complexes à l’américaine. Il doit ouvrir, à l’automne prochain, un nouveau concept à partir de boutiques de marques (une centaine) sur 30.000 mètres carrés, dans la banlieue de Tokyo. L’ensemble sera connecté à un autre mégacentre de 220.000 mètres carrés.Les principaux perdants de cette évolution sont les grands magasins, installés en centre-ville et qui peinent à faire évoluer leur style. De mars à novembre,  Takashimaya  , l’un des grands opérateurs, a vu son bénéfice fondre de 63 %, à 4 milliards de yens. Les grands ensembles commerciaux en centre-ville connaissent également des difficultés. Palette Town, construit sur un terrain de 79.000 mètres carrés dans la baie de Tokyo, à Odaiba, vient de voir son ouverture retardée de deux ans et demi et repoussée à 2016.En revanche, les centres commerciaux des gares ferroviaires sont devenus des lieux de chalandise à part entière. En proposant plus de qualité, de services et de restauration, leurs ventes qui, auparavant, se concentraient en fin de journée – pour des achats couvrant des besoins immédiats – sont à présent réparties sur toute la journée. Lumine, l’enseigne de la compagnie de chemin de fer  Japan Railways  (JR), contribue largement à ses profits. Environ 30 % du bénéfice opérationnel de JR proviennent ainsi des centres commerciaux des gares et de la location de bureaux. Et ils semblent ignorer la crise, avec des bénéfices en baisse de seulement 4 % d’avril à septembre.

    Réduction des coûts

    Les principaux distributeurs japonais, eux, ne sont pas épargnés. Sur neuf mois, de mars à novembre, le numéro un,  Seven & I  (supermarchés, grands magasins et épiceries de quartier), affiche une baisse de 32 % de son bénéfice net (69,35 milliards de yens, soit 520 millions d’euros), pour un chiffre d’affaires de 3.816 milliards de yens, en baisse de 12 %.Aeon termine à – 9,93 milliards de yens, contre – 29,45 milliards un an plus tôt, du fait d’une dépréciation d’actifs exceptionnelle. Ses ventes reculent de 3,9 %, à 3,7 milliards. Pour l’ensemble de l’année, les deux opérateurs maintiennent leurs objectifs, grâce à des réductions de coûts plus qu’à un redémarrage de l’activité. Seven & I table sur un bénéfice net de 109 milliards de yens (+ 18 %) et Aeon dans une fourchette comprise entre 7,5 milliards et 15 milliards.

    Michel DE GRANDI (à Tokyo)

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