• Les marchés s’interrogent sur la crédibilité des tests de résistance

    Les marchés s’interrogent sur la crédibilité des tests de résistance  

    Les investisseurs s’interrogent sur la fiabilité des tests de résistance, alors que la plupart des banques les passeraient sans encombre, y compris en Grèce et en Allemagne. Jean-Claude Trichet reçoit aujourd’hui les banquiers.

     

    A quelques jours de la publication très attendue des résultats des tests de résistance, les dirigeants des grandes banques européennes doivent rencontrer aujourd’hui le gouverneur de la BCE, Jean-Claude Trichet.« Cet entretien est prévu de longue date et n’a pas spécialement de lien avec les ’stress tests’,précise un régulateur.Mais il va forcément en être question. »Ces derniers jours, des craintes et des questions ont émergé sur ces tests, la méthodologie, l’homogénéité des résultats, et plus généralement sur la crédibilité de l’exercice. Selon certaines sources, les tests doivent vérifier que les banques sont suffisamment capitalisées et parviennent à conserver un ratio de fonds propres durs (« core » Tier-1) de 6 % en situation de choc.Pour l’instant, peu d’éléments ont filtré sur les paramètres retenus. Le comité des superviseurs européens a indiqué que l’une des hypothèses prévoyait un écart de 3 points de PIB par rapport aux prévisions officielles de Bruxelles. Le test relatif à la dette souveraine prend en compte un scénario de choc similaire à celui qui s’est déroulé en mai 2010. Les régulateurs auraient en outre intégré une décote de 23 % sur la dette grecque détenue dans les bilans des banques. Les scénarios devraient enfin intégrer des hypothèses de tension élevée sur les CDS et le coût du refinancement des banques.

    Interprétation délicate

    Certains banquiers se sont inquiétés ces derniers jours du risque de mauvaise interprétation des résultats des tests, qui ne seraient pas comparables d’un pays à l’autre. Les ratios de solvabilité seraient notamment calculés de façon différente.« Les hypothèses sont arrêtées depuis un moment,assure un régulateur.Tous les pays donneront le même niveau d’information, et le comité des superviseurs européens s’assurera que les régulateurs aient tous la même base de communication.Les résultats seront forcément comparables. »Surtout, les investisseurs commencent à mettre en doute la crédibilité des tests depuis que plusieurs régulateurs et dirigeants ont affirmé que les établissements sous leur surveillance passeraient les tests sans encombre. Les déclarations du ministre grec des Finances lundi, affirmant que les banques de son pays, pourtant parmi les plus fragiles, sortiraient« indemnes »des tests, ont notamment jeté le trouble. Si les banques grecques réussissent les tests,« c’est peut-être que les tests ne sont pas assez durs »,a estimé hier un analyste de CreditSights.De même, les régulateurs et banques allemandes ont affirmé que ces dernières réussiraient l’exercice, y compris les banques régionales, selon l’Association allemande des banques du secteur public. Le seul cas d’échec identifié pour l’instant reste la banque allemande Hypo Real Estate, déjà très mal en point.Les tests menés aux Etats-Unis en 2009 avaient conduit 10 des 19 banques soumises à l’épreuve à se recapitaliser. Pour les analystes de Credit Suisse, les tests« sont moins durs qu’attendu ».« Des déclarations de banques et de régulateurs suggèrent que la plupart des banques européennes devraient réussir les tests de résistance, et nous pensons que cet optimisme est pour l’essentiel justifié,écrivaient-ils la semaine dernière.Mais il reste à vérifier que l’exercice est suffisamment crédible pour mettre vraiment à l’épreuve l’infrastructure de sauvetage dans son ensemble. »

    E. C.

    Jean-Claude Trichet.afp


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