• Les « obligations pourries » emmènent le rally boursier

    Les « obligations pourries  » emmènent le rally boursier

    Parmi les valeurs qui affichent les plus fortes hausses depuis le 10 juillet figurent nombre de « junk bonds ».

     

    On ne les attendait pas forcément là. Les « junk bonds », ces titres ravalés au rang d'obligations pourries par les agences de notation, mènent la danse, dans le cadre du rally boursier entamé le 10 juillet. Depuis cette date, qui a coïncidé avec les premières publications de résultats semestriels, la valeur qui, au sein de l'indice américain S&P 500, affiche la plus forte hausse (143 %) n'est autre que Gannett. Or, la dette à long terme de l'éditeur du quotidien « US Today » est notée BB par l'agence d'évaluation financière Standard and Poor's (S&P). Gannett se trouve donc dans la honteuse catégorie « spéculative », par opposition à la catégorie « d'investissement ». Affublé d'une plus mauvaise note encore (CCC+), le constructeur automobile Ford s'envole néanmoins d'environ 40 % depuis le 10 juillet. À l'inverse, des groupes aux bilans solides, comme le distributeur Wal-Mart et le fabricant de boissons Coca-Cola, respectivement notés AA et A+, sont en queue de peloton du rally, avec des progressions de 3,6 % et de 2,1 %.

    où le bât blesse

    Cette typologie du rebond enclenché le 10 juillet est identique pour le CAC 40 (voir infographie). Sur l'indice phare de la Bourse de Paris, la valeur qui s'adjuge la plus forte hausse (58,3 %) depuis près d'un mois est l'équipementier en télécommunications Alcatel- Lucent. Qui se voit doté par S&P d'un triste B+. La deuxième meilleure performance du CAC 40 depuis le 10 juillet revient à Renault (+ 46,5 %), également en catégorie « junk bond » avec sa note BB. Et, parmi les plus fortes progressions de l'indice parisien depuis quatre semaines, figure également Peugeot (+ 28,1 %), relégué vendredi au rang d'obligation pourrie par S&P : la note du constructeur a été ramenée de BBB– à BB+, l'agence s'inquiétant de la faiblesse de la demande automobile, « qui va certainement continuer à peser sur la rentabilité déjà faible » de PSA.

    C'est là que le bât blesse : que le rally soit emmené par des valeurs aux bilans et aux résultats fragiles est de mauvais augure pour la pérennité du rebond boursier, estiment certains stratèges, qui voient là une pure spéculation de la part des investisseurs et une totale déconnexion par rapport aux fondamentaux des entreprises. Pour ces experts, un rally durable est impossible sans la participation de groupes solides comme EDF, Total ou Danone. L'électricien, noté A+, ne gagne que 10,2 % depuis le 10 juillet. Pis, la compagnie pétrolière et le groupe d'agroalimentaire, qui peuvent se targuer d'un AA et d'un A–, progressent de 6,7 % et de 4,9 %, seulement.

    Mais d'autres stratèges voient au contraire le verre à moitié plein : l'appétit des investisseurs pour les « junk bonds » constitue une preuve supplémentaire de leur goût retrouvé pour le risque. Et donc un signe encourageant pour les marchés d'actions.

    Christine Lejoux


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