• Les pétroliers chinois renforcent leur accès aux gisements offshore brésiliens

    Les pétroliers chinois renforcent leur accès aux gisements offshore brésiliens

     


     

    En prenant 40 % de la filiale brésilienne de l'espagnol Repsol, le groupe pétrochimique Sinopec emboîte le pas de ses compatriotes Sinochem et CNPC.

    Un nouveau géant du pétrole s'apprête à émerger au Brésil... sous bannière sino-espagnole. Le géant chinois de la pétrochimie Sinopec va acquérir 40 % de la filiale brésilienne de la major ibérique Repsol, ainsi valorisée à hauteur de 17,8 milliards de dollars. Repsol Brasil va lancer une augmentation de capital de 7,1 milliards que Sinopec souscrira en intégralité. Si cet accord est validé par les autorités de la concurrence locales, Sinopec bouclera la plus grande opération de croissance externe réalisée par un chinois dans le secteur pétrolier depuis l'an dernier. Sinopec avait alors repris Addax Petroleum, producteur basé à Calgary (Canada) et très présent en Afrique de l'Ouest et au Kurdistan irakien, pour 7,2 milliards de dollars.

    En proposant de s'associer à un groupe européen pour puiser dans les gigantesques gisements offshore brésiliens, Sinopec emboîte le pas de son compatriote Sinochem. En mai dernier, le conglomérat pétrochimique a déboursé plus de 3 milliards de dollars pour acquérir 40 % du gisement de Peregrino auprès du norvégien Statoil, qui en demeure propriétaire à hauteur de 60 % et en assumera l'exploitation à partir du début 2011. Un mois plus tôt, un autre chinois, CNPC, avait passé un accord avec le géant parapublic brésilien Petrobas afin d'exploiter conjointement deux gisements en eau très profonde dans le pays. Et selon les médias locaux, Cnooc, déjà présent en Argentine et au Venezuela, étudierait le rachat avec son compatriote Sinopec d'actifs du groupe gazier et pétrolier brésilien OGX pour 7 milliards de dollars.

    Prêts à payer cher

    Depuis que la Chine s'est engagée à la fin 2009 à prêter 10 milliards de dollars à Petrobras en échange de livraisons garanties de pétrole au cours des dix prochaines années, les quatre géants chinois du secteur ? CNPC, Sinopec, Cnooc et Sinochem ? n'ont cessé de lorgner les réserves brésiliennes. À chaque fois qu'un accord est conclu, vendeurs et créanciers des groupes chinois ont pour objectif de financer leurs propres programmes d'investissement. Repsol compte pour sa part consacrer jusqu'à 14 milliards de dollars d'ici à 2019 aux gisements brésiliens de Santos, Campos et Espirito Santo. Au Brésil, les industriels chinois multiplient aussi les acquisitions et les investissements dans l'acier (plus de 5 milliards de dollars dans le cas de Wuhan Iron and Steel), dans les transmissions électriques (State Grid a déboursé 1,7 milliard de dollars pour reprendre sept sociétés nationales) quand d'autres visent des denrées agricoles : Chongqing Grain Group entend dépenser 300 millions de dollars pour acheter 100.000 hectares de terres dans l'État de Bahia où il cultivera du soja.

    Pour apaiser la faim de l'empire du Milieu en matières premières et en ressources agricoles, les entreprises chinoises sont parfois prêtes à réaliser leurs acquisitions au prix fort. Avant l'annonce de Repsol et de Sinopec à la veille du week-end, les actifs brésiliens du groupe espagnol étaient estimés à 10,6 milliards de dollars. Ce « deal » a été réalisé sur la base d'une « valorisation étonnamment élevée », ont jugé les analystes de la banque portugaise Banco BPI. Vendredi, sur la Bourse de Madrid, le titre Repsol a bondi de 4,95 % à 19,83 euros.

    Par Éric Chalmet


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