• Les soins médicaux : une culture régionale

    Les soins médicaux : une culture régionale

     

    A structure démographique comparable, les dépenses de soins moyennes par habitant varient de 26 % entre les régions. Entre départements, l'écart s'élève même à 50 %. L'assurance-maladie dresse ce constat dans un document qu'elle a adressé aux partenaires sociaux, et qui devait être discuté jeudi 1er juillet. Cette analyse doit servir de base aux propositions de réduction des dépenses de santé pour le budget de la Sécurité sociale 2011 que fera la Caisse nationale d'assurance-maladie au gouvernement.

    Ce travail démontre qu'alors que le déficit de la branche maladie s'envole, " des marges importantes subsistent ". Pour la CNAM, l'hétérogénéité du système de santé français est l'un de ses problèmes majeurs. Elle se mesure dans l'état de santé de la population, mais aussi dans les dépenses en matière de soins. L'un n'étant pas toujours lié à l'autre.

    Ainsi, le niveau de recours aux soins est plus élevé dans le Sud-Est et le Nord-Est, et moins élevé dans le Centre et l'Ouest. Les habitants de Provence-Alpes-Côte d'Azur sont les plus dépensiers, ceux des Pays de la Loire, les plus économes. Si l'écart est frappant, la diversité des exemples pointés par la CNAM l'est tout autant.

    Diabète La part des patients qui ont recours à une infirmière libérale pour les injections d'insuline varie selon les régions de 6 % à 45 %.

    Chirurgie Le recours à l'opération de l'oesophage varie, pour 100 000 habitants, de 1,2 en Basse-Normandie à 3,1 en Bourgogne.

    Soins de suite Après un séjour à l'hôpital dans un service de médecine, chirurgie ou obstétrique, le taux de séjour dans un établissement de soins de suite ou de rééducation est compris entre 1,7 % et 2,3 % dans certaines régions, mais entre 3,2 % et 3,4 % dans d'autres. Les patients sont plus fréquemment adressés dans ces structures dans l'Ouest et le Sud de la France.

    Arrêts de travail Le taux d'arrêts de plus de 180 jours pour dépression ou troubles névrotiques et de la personnalité varie de 1 à 4. Il est particulièrement élevé en PACA.

    Transports Le recours aux taxis ou ambulances des établissements de court séjour varie, selon les départements, de 10 % à 27 %, sans que les écarts puissent s'expliquer par la géographie ou l'offre hospitalière.

    " Ces disparités sont davantage le fait des pratiques des professionnels que des caractéristiques des assurés ", estime-t-on au sein de la CNAM. La démographie médicale peut, en partie, les expliquer. En bref, là où il y a plus de professionnels par rapport au nombre d'habitants, il y a plus d'actes. Un constat déjà dressé pour les chirurgiens et les kinésithérapeutes.

    Une autre explication réside dans le manque de référentiels auxquels les professionnels peuvent confronter leur pratique, s'ils le souhaitent. " Nous commençons à avoir des outils à mettre à leur -disposition, mais nous n'en sommes qu'au début ", reconnaît-on à la CNAM.

    Dans le document, l'organisme juge nécessaire d'évaluer plus systématiquement ces disparités, pour déterminer les meilleurs parcours, et harmoniser l'ensemble. Il indique aussi vouloir s'atteler à des comparaisons entre la France et ses voisins, notamment sur la question des tarifs.

    Un exercice qui pourra conduire à remettre en cause certaines " rentes ou inefficiences d'organisation ". Réduire les disparités ne pourra néanmoins avoir un effet sur les dépenses qu'à moyen terme - le temps que les comportements changent. Mais la CNAM estime qu'il faut dès aujourd'hui prendre des " mesures structurelles ".

    Laetitia Clavreul


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