• Les tarifs des banques jugés toujours trop élevés

    Les tarifs des banques jugés toujours trop élevés  

    Malgré quelques avancées récentes, comme l’envoi d’un récapitulatif annuel des frais bancaires, le plafonnement des incidents ou le dispositif d’aide à la mobilité, les tarifs des banques sont toujours jugés trop élevés, trop peu transparents et comparables d’un établissement à un autre. De nombreux produits et services vont encore augmenter cette année.

    Le débat sur les tarifs bancaires reste tendu. La Commission européenne, les associations de consommateurs ou le médiateur de la République n’ont pas ménagé leurs critiques au cours des dernières semaines contre les frais facturés par les banques françaises. Malgré quelques avancées récentes – l’envoi d’un récapitulatif annuel des frais bancaires, le plafonnement des incidents, le dispositif d’aide à la mobilité –, les tarifs des banques sont toujours  jugés trop élevés, trop peu transparents et comparables d’un établissement à un autre. Et si l’on se penche sur les nouvelles plaquettes tarifaires éditées en ce début d’année (lire ci-dessous), de nombreux postes apparaissent encore en hausse, en dépit d’une inflation nulle. Alors qu’il était annoncé par toute la profession comme une petite révolution, le récapitulatif annuel des frais bancaires n’a eu que peu d’impact. Ces relevés annuels ont bien été envoyés par les établissements de crédit au mois de janvier, ou légèrement plus tard.« Nous avons placé beaucoup d’espoirs dans ce document, mais il est encore un peu tôt pour dire aujourd’hui si ces espoirs sont satisfaits », rappelait récemment Emmanuel Constans, le président du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui a promis de faire régulièrement le point sur l’application de cette réforme. Selon les premières remontées des banques, l’envoi de ces récapitulatifs aurait cependant entraîné peu de réactions de la part des clients. Il est donc peu probable qu’ils accélèrent la mobilité. En France, seuls 4 % de particuliers changent de banque chaque année. Est-ce parce qu’ils sont particulièrement attachés à leur banque ? Ou parce que les barrières pour changer d’établissement sont encore trop fortes ? S’ils sont considérés comme une avancée, les récapitulatifs sont jugés insuffisants.

    Un glossaire des frais

    « Les banques sont les seuls prestataires de services qui prélèvent avant de facturer,rappelle Hervé Mondange, de l’association de consommateurs Afoc.Il faudrait passer à la facturation préalable des frais pour que de vrais changements s’opèrent. »D’autres observateurs tempérent :« Si les Français changent si peu de banque, c’est peut-être aussi parce que les frais bancaires ne faisaient pas toujours partie de leur priorité, contrairement par exemple aux frais des opérateurs téléphoniques », avance Jean-Christophe Mieszala, directeur associé senior chez McKinsey. Les frais liés aux produits d’épargne (OPCVM, livrets réglementés ou non, assurance-vie, etc.), qui peuvent se révéler importants pour des investisseurs  actifs, ne figurent pas dans le récapitulatif. L’existence de forfaits regroupant plusieurs services bancaires et les intitulés des frais relevés sont également considérés comme des freins à la mobilité.« En dépit de certains progrès, la terminologie en matière de frais bancaires n’est toujours pas harmonisée,regrette en outre Jean-Paul Delevoye, le médiateur de la République.Dans certains réseaux,  chaque caisse régionale est libre de choisir son propre jargon. La comparaison des tarifs est ainsi rendue plus difficile. »Le CCSF s’est engagé à établir un glossaire des frais bancaires. Cela pourrait être une première étape pour faciliter la compréhension des clients.

    RéJANE REIBAUD ET GUILLAUME MAUJEAN

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