• Les villes allemandes sont à sec

    Les villes allemandes sont à sec

    Confrontée comme d’autres communes à une crise budgétaire sans précédent, Quickborn a eu l’idée d’emprunter de l’argent à ses administrés.

    Stern

    Les piscines ferment. Les chaussées ne sont plus refaites et les subventions aux associations sont en baisse. Faute d’argent, les villes allemandes prennent des mesures d’économie draconiennes. La dette des quelque 12 000 communes atteint des sommets : elle représentait 112,1 milliards d’euros en 2009. Le déficit devrait atteindre en outre 15 milliards d’euros cette année. “Les villes doubleront presque le triste record établi pendant la crise de 2003”, annonce Petra Roth, présidente chrétienne-démocrate de l’As­sociation des villes allemandes. “Nos budgets ont complètement explosé.”

    Comment a-t-on pu en arriver là ? D’un côté, les revenus des communes fondent : les recettes fiscales ont chuté de 11,4 % en moyenne lors de la seule année 2009. De l’autre, les charges ne cessent d’augmenter – à cause, par exemple, du nombre croissant des bénéficiaires d’aides sociales au titre du Hartz IV [allocations chômage ainsi nommées d’après Peter Hartz, membre de la commission qui a mis en place en 2002 ce dispositif]. Résultat, les gros investissements passent à la trappe. Et ce n’est pas tout : plusieurs communes ont dû augmenter la participation des parents aux frais de garde des enfants, de même que la taxe sur les chiens et le prix d’entrée pour les équipements publics.

    Un état de fait que refusent les habitants de Quickborn, dans le Schleswig-Holstein. En août 2009, ils ont décidé, lors d’un “conseil des citoyens”, d’octroyer un crédit à leur ville. En quelques jours seulement, 80 personnes ont réuni 4 millions d’euros qu’elles ont prêtés pour un an à la municipalité, à un taux d’intérêt de 3 %. “Nous avons été littéralement submergés, se souvient Meike Wölfel, la trésorière municipale. Nous avons été contactés par 700 personnes qui voulaient des renseignements. On aurait pu récolter le double.”

    Cela n’est pas allé plus loin car le ministère de l’Intérieur du Schleswig-Holstein et la Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht [autorité fédérale de surveillance des services financiers] ont interdit à cette commune de 20 000 habitants de souscrire d’autres emprunts auprès des citoyens. D’après eux, cette façon inventive de trouver des capitaux faisait entrer la ville dans le domaine de l’activité bancaire, ce qui nécessitait une autorisation. Or la législation du Land interdit aux communes de fonder des établissements bancaires.

    Depuis le début du mois de mars, les personnes qui le souhaitent peuvent toutefois à nouveau prêter de l’argent à la municipalité. Car elle a cette fois un partenaire : la Bank für Investments und Wertpapiere de Willich, en Rhénanie.


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