• Les Vingt-Sept à la peine pour défendre l’euro contre la spéculation

    Union européenne

    Les Vingt-Sept à la peine pour défendre l’euro contre la spéculation  

    Les ministres des Finances de la zone euro puis de l’Union européenne se retrouvent aujourd’hui, une fois de plus, au chevet de la monnaie unique, mise à l’épreuve, pour tenter d’enrayer sa chute et lancer le débat sur le renforcement de leur gouvernance économique.


    Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe et Premier ministre du Luxembourg avec Elena Salgado, ministre des Finances espagnole.AFP

    L’embellie aura été de courte durée. Après la chute des bourses vendredi, les ministres des Finances de la zone euro d’abord puis de l’ensemble de l’Union vont tenter à nouveau, aujourd’hui et demain à Bruxelles, d’endiguer les attaques contre la monnaie européenne en renforçant leur coopération économique, même si la voie vers un gouvernement économique paraît semée d’embûches.L’eurogroupe s’efforcera, le premier, de rassurer les marchés affolés d’abord par l’ampleur des déficits publics de la zone euro puis par les politiques d’austérité annoncées qui risquent de ralentir la croissance. Des doutes entretenus par les déclarations de Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, qui a estimé que les marchés se trouvent dans« la situation la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale »et de son chef économiste pour qui le plan de soutien de 750 milliards de dollars,«a seulement fait gagner du temps ».Les grands argentiers de la zone euro doivent examiner les mesures, proposées par la Commission, qui prévoient notamment un contrôle préalable par l’Union des projets de budgets nationaux et un renforcement des sanctions contre les pays laxistes. Les conclusions du Conseil, préparées par la présidence espagnole pour mardi, recommandent que les projets de budgets nationaux fassent l’objet, avant d’être adoptés, d’un examen préalable par la Commission et les ministres européens pour vérifier qu’ils respectent les objectifs et les priorités fixés en commun. Ce contrôle permettrait, selon Bruxelles, d’éviter une nouvelle crise comme celle qui a frappé la Grèce.Rien n’indique cependant qu’un tel consensus pourra être trouvé, cette proposition ayant provoqué une levée de boucliers dans de nombreux Etats. Alors que Christine Lagarde a déclaré ne pas y être personnellement opposée, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a déploré qu’elle prive les députés d’une partie de leurs prérogatives.« La coordination des politiques économiques nationales ne peut être confiée aux seuls ministres »a indiqué, quant à lui, Alain Lamassoure, le président de la commission des budgets du Parlement européen.« Nous ne touchons pas à ce droit souverain »,a tenté de rassurer Günther Oettinger, le commissaire européen allemand.De son côté, le gouvernement allemand s’active. Selon le magazine allemand « Wirtschaftswoche », le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble devrait proposer un plan en douze points. Il y plaiderait pour la création d’un comité, composé d’instituts indépendants, chargé de pointer les Etats qui élaboreraient des lois de finances manifestement irréalistes. Berlin militerait aussi pour un mécanisme européen de réduction de la dette, sur le modèle allemand, assorti d’un régime de sanctions strictes. Selon « Der Spiegel », Wolf-gang Schäuble ambitionne aussi de proposer à ses collègues de l’Eurogroupe un programme de consolidation budgétaire pour les 16 Etats membres de la zone euro, afin de renforcer la confiance des marchés dans la monnaie unique. Dans une interview à la « Süddeutsche Zeitung », Angela Merkel estime qu’il faut« s’attaquer au problème à la racine, les pays doivent mettre en ordre leurs finances »et que le plan de stabilisation décidé le 9 mai est«une solution temporaire». Et tardive  ? C’est manifestement l’avis de Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI. Hier, celui-ci a déploré le temps de réaction de l’Europe dans cette crise, estimant que«si le problème avait été géré en février, le coût aurait été moins important».

    Jacques Docquiert et Karl de Meyer

    Espagne

    Madrid envisage de taxer les hauts revenus   pour calmer la colère des syndicats  


    A gauche, Fernandez Toxo, secrétaire général du CCOO, et Candido Mendez, secrétaire général du syndicat UGT, avec le Premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero.REUTERS

    La numéro deux du gouvernement Zapatero estime que les personnes ayant le plus de moyens économiques doivent apporter plus à l’effort collectif. Le rétablissement de l’impôt sur la fortune est évoqué. Les syndicats appellent à manifester, dès jeudi, pour protester contre la cure d’austérité décidée par le gouvernement.

    De notre correspondant à MadriD

    Histoire de calmer la colère des syndicats qui s’étonnent que les fonctionnaires soient les seuls à payer le prix de la crise économique avec une baisse moyenne de 5 % de leurs salaires (« Les Echos » du 14 mai), le gouvernement Zapatero ne repousse pas l’idée de recourir, dans un deuxième temps, à l’arme fiscal et de taxer les hauts revenus. Il est« évident »que les personnes qui ont« le plus de moyens »doivent« apporter plus à l’effort collectif »a commenté, vendredi, à l’issue du conseil des ministres, Maria Teresa de la Vega, la première vice-présidente. Selon elle, il n’y a« rien sur la table »aujourd’hui mais il pourrait être décidé d’autres mesures à l’occasion de la présentation du budget 2011, début juillet. Outre de nouvelles hausses des taxes spéciales (alcool, tabac, essence), est évoqué le rétablissement de l’impôt sur la fortune, supprimé l’an dernier et qui rapportait 1,8 milliard d’euros à l’Etat.

    Mesures « dures »

    Reconnaissant le sens des responsabilités des syndicats depuis le début de la crise, le gouvernement espagnol se dit« conscient »que les mesures d’austérité supplémentaires décidées mercredi dernier sont« dures »mais assure qu’il fallait les prendre.Les ponts ne sont d’ailleurs pas complètement rompus entre les deux parties. Les grandes organisations syn dicales ont certes appelé vendredi à une mobilisation générale dans la rue et dans les entreprises pour dénoncer la« volte-face »du pouvoir en place qui a cédé, selon eux, aux« pressions des marchés financiers »mais elles n’agitent pas encore la menace d’une grève générale en plus de celle annoncée dans la fonction publique à la date du 2 juin.De premières manifestations sont prévues, jeudi, à la veille du conseil des ministres. Les intéressés attendent surtout de connaître le détail des mesures d’austérité qui seront adoptées et promulgués, à cette occasion, sous la forme d’un décret-loi. Dans la foulée, le gouvernement devrait recaler ses prévisions économiques pour 2011.

    Gilles sengÈs

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