• Monnaies : Pékin dénonce le « protectionnisme » occidental

    Monnaies : Pékin dénonce le « protectionnisme » occidental  

    Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a vivement dénoncé, hier, les appels occidentaux à une réévaluation du yuan et assuré que son pays allait poursuivre sa politique de relance
     

    afin de faire face aux difficultés nées de la crise économique.

    De notre correspondant à pékin.

    Wen Jiabao ne supporte plus que la Chine soit soupçonnée d’arrogance. Hier, pendant les deux heures de sa seule conférence de presse de l’année ouverte à tous les médias locaux comme étrangers, le Premier ministre chinois s’est efforcé de présenter son pays comme une puissance politique et économique fragile et bienveillante malmenée à tort par l’agressivité injuste des capitales étrangères.« Cela prendra cent ans, et même plus, pour que la Chine devienne un pays moderne et la Chine ne cherchera jamais l’hégémonie, même quand elle sera un pays développé », a-t-il argumenté avant de répondre, point par point, aux critiques formulées depuis quelques mois par les Etats-Unis et certains pays de l’Union européenne.

    Le yuan bloqué depuis 2008

    Très remonté contre Washington, qui accuse Pékin de maintenir artificiellement sa monnaie à un niveau bas pour encourager les exportations du pays, Wen Jiabao a expliqué que le pouvoir  chinois refusait toujours de considérer le yuan comme sous-évalué.« Je peux comprendre le désir de certains pays d’accroître leurs exportations, mais ce que je ne comprends pas, c’est de déprécier sa propre monnaie et de tenter de faire pression sur les autres pour les apprécier dans le but d’augmenter les exportations. De mon point de vue, c’est du protectionnisme »,a lancé le responsable avant de dénoncer les pays  « pratiquant les récriminations mutuelles ». « La pression extérieure est inutile à la réforme du taux de change du yuan », a-t-il encore martelé, sans jamais évoquer ou nier une éventuelle reprise du mouvement d’appréciation de la devise, qui reste bloquée au niveau de 1 dollar contre 6,82 yuans depuis août 2008.Pékin présente régulièrement ce gel de l’appréciation de sa monnaie comme une mesure exceptionnelle destinée à relancer l’économie locale et à favoriser une reprise globale. Hier, Wen Jiabao a rappelé que son pays, comme le reste du monde, faisait toujours face à de nombreuses difficultés et qu’il ne comptait donc pas changer de stratégie économique.« La situation économique de nombreuses industries ne s’est pas fondamentalement améliorée, elle repose principalement sur le soutien de nos politiques », a-t-il expliqué, ajoutant ne pas exclure l’hypothèse d’une récession mondiale à « double creux ».Interrogé sur les difficultés des entreprises occidentales dans le pays, et particulièrement sur les ennuis de Google et de Rio Tinto, Wen Jiabao a affirmé que les entreprises étrangères étaient toujours les bienvenues en Chine, mais a refusé d’évoquer le cas précis du moteur de recherche américain. Se montrant, une fois encore, très sévère avec les Etats-Unis, Wen Jiabao a expliqué qu’ils étaient, selon lui, les seuls responsables de la récente dégradation de leurs relations bilatérales. Avec leur vente d’armes à Taiwan et la rencontre entre le président Barack Obama et le dalaï-lama,« les Etats-Unis ont violé la souveraineté chinoise », a lâché le responsable.

    Une posture de victime

    Adoptant la posture de victime, cultivée par le régime communiste depuis des années, Wen Jiabao s’en est pris également aux capitales qui avaient osé accuser Pékin d’avoir fait capoter, en décembre dernier, les négociations sur le climat de Copenhague. Plusieurs ministres occidentaux avaient notamment affirmé que le chef du gouvernement chinois avait refusé le 18 décembre de se rendre à une réunion de la dernière chance organisée, en présence notamment de Barack Obama, pour tenter de sauver un accord.« Je n’ai pas été informé », s’est défendu, hier, Wen Jiabao avant d’expliquer qu’il avait« la conscience tranquille »et ne comprenait toujours pas cet acharnement contre son pays.

    yann rouSseau

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