• « Nos propositions seront valables pour toute majorité » issue des élections de 2012

    Interview

    jacques Attali président de la commission pour la libération de la croissance française

    « Nos propositions seront valables pour toute majorité » issue des élections de 2012  

    La commission pour la libération de la croissance se réunit à nouveau aujourd’hui. Dans quel but ?

    La commission se réunit de nouveau dans la même composition mais sur un nouveau mandat. Le président de la République et le Premier ministre nous demandent de faire le point sur la mise en œuvre de nos propositions, leur efficacité, celles qui doivent être ajoutées ou modifiées au regard de la nouvelle situation issue de la crise financière et de ses conséquences économiques et sociales. Il s’agit donc de préparer au mieux la sortie de crise.

    Quel est le calendrier ?

    Nous devons remettre notre rapport au début de l’été. Nous allons associer très étroitement les commissions parlementaires à nos travaux afin de mieux préparer leur mise en œuvre éventuelle. J’ai eu l’occasion d’en parler avec les présidents des deux Assemblées. Nos propositions viseront à définir un programme qui devra dépasser, dans son application, l’élection présidentielle et constituera des propositions valables pour toute majorité qui sortira des prochaines élections.

    Votre premier rapport émettait déjà 316 mesures. Combien ont vu le jour ?

    Nous chercherons à nous faire notre point de vue sur cette question. Selon les analyses faites par le gouvernement, plus de deux tiers de nos propositions sont mises en œuvre ou en cours de l’être. Presque toutes les mesures phares ont connu un commencement d’application, certaines plus que d’autres. La mise en place des mesures concernant l’efficacité de l’Etat, la protection des plus faibles et la lutte contre le chômage restent encore à approfondir.

    Mais, avec la crise, est-il toujours d’actualité ?

    Plus que jamais ! Alors que la croissance est ralentie par la crise, il est nécessaire de rechercher des nouveaux leviers de croissance et de nouveaux moyens de protéger les plus faibles. Notre premier rapport soulignait le déclin relatif de la croissance française par rapport à la croissance mondiale. A l’heure où la reprise se fait surtout en Asie, la crise a accentué cette tendance. En France, l’année 2010 devrait se traduire par une croissance très faible relativement au reste du monde et à une progression du chômage plus forte que chez notre voisin allemand. Plus généralement, c’est l’ensemble des pays de l’OCDE qui est menacé de décrocher et qui tente de l’éviter par le pire des moyens : l’endettement.

    Fallait-il, dans ce cas, lancer un grand emprunt pour financer des dépenses « d’avenir » ?

    La commission du grand emprunt a abouti à des recommandations concernant les secteurs clefs qui sont exactement les mêmes que celles de notre rapport. Il faut éviter que ce nouvel emprunt permette à l’Etat de retarder sa réforme nécessaire et que ces ressources nouvelles servent à financer des projets déjà prévus dans le budget.

    La Francecompte ramener son déficit public à 3 % du PIB en 2013, en se fondant notamment sur une croissance de 2,5 % par an dès 2011. Ces objectifs vous paraissent-ils crédibles ?

    Ces objectifs sont raisonnables et transcendent toute majorité qui pourrait sortir des prochaines élections présidentielle et législatives. La France peut gagner plusieurs points de croissance, si elle réduit les obstacles que nous avons déjà évalué, et en particulier si elle met en place une gouvernance efficace de son système financier, permettant à celui-ci de financer les investissements des entreprises et si s’installe dans le pays une confiance dans la justice sociale et dans le modèle de développement choisi. Naturellement, cette croissance doit être conçue comme capable de porter un développement durable, en libérant du temps pour des activités non marchandes et en réduisant l’impact de la production sur l’environnement.

    Faut-il remettre en question l’âge légal de départ à la retraite ?

    Nous avons fait des propositions précises là-dessus. Il s’agit de laisser à tout salarié le libre choix de poursuivre une activité sans aucune limite d’âge en bénéficiant, à compter de 65 ans, d’une augmentation proportionnelle de sa retraite, et en supprimant tous les obstacles aux cumuls emploi-retraite et tous les dispositifs de préretraite. Pour moi, ces propositions restent valables. Mais je ne peux m’engager sur ce que la commission proposera.

    Seriez-vous prêt à entrer au gouvernement ?

    Ce sont des fonctions magnifiques qui ne correspondent pas à ma façon personnelle de tenter de me rendre utile.

    Propos recueillis par Frédéric Schaeffer .

    Encore , le premier rapport qui s’en souvient ?


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