• Nouvelles des banques en Europe

    Une nouvelle banque nationalisée en Autriche  

    Au bord de la faillite, Hypo Alpe-Adria, la sixième banque du pays, a été nationalisée par l’Etat autrichien qui va injecter 450 millions d’euros. Ses anciens actionnaires, en particulier BayernLB, apporteront un milliard.

    La crise financière n’a pas fini de faire des victimes. Hier, l’Etat autrichien n’a eu d’autre recours que de nationaliser la sixième banque du pays, au bord de la faillite.  Hypo Group Alpe Adria  (HGAA) avait annoncé le mois dernier qu’en raison d’une forte montée de ses provisions pour risques de crédit, elle prévoyait des pertes« significativement supérieures à 1 milliard d’euros »en 2009 mais elle n’a pas été en mesure de réunir le milliard et demi d’euros de fonds propres nécessaire pour continuer ses activités. L’Etat va injecter 450 millions d’euros dans la banque, qui viennent s’ajouter aux 900 millions déjà octroyés au début de l’année dans le cadre du programme d’aides aux établissements financiers.Parallèlement, la banque publique bavaroise  BayernLB  , qui avait acquis 67,08 % en 2007, l’assureur autrichien  Grazer Wechselseitige   (20,48 %) et la province de Carinthie (12,42 %) ont cédé leur participation pour un euro symbolique et annoncé qu’ils injecteraient plus de 1 milliard d’euros (dont 825 millions pour BayerLB) dans HGAA. BayernLB va passer 2,3 milliards d’euros de provisions du fait de cette cession. Hier soir, le président de son directoire, Michael Kremmer, a remis sa démission. Enfin, les trois plus grandes banques autrichiennes, Raiffeisen, Bank Austria (UniCredit) et Erste Bank ont accepté d’accorder 500 millions d’euros de crédits à HGAA.C’est la deuxième nationalisation bancaire depuis le début de la crise en Autriche après celle de Kommunalkredit en novembre 2008. Le gouvernement n’a pu laisser <st1:personname productid="la HGAA" w:st="on">la HGAA</st1:personname> faire faillite en raison surtout de la très forte présence de cette banque dans les Balkans, où elle détient entre 10 % et 35 % du marché selon les pays.Cette nationalisation montre que les banques autrichiennes, très présentes en Europe orientale où le coût du risque continue de grimper, restent encore fragiles. « Les ’ stress tests ’ menés régulièrement montrent que les  banques autrichiennes sont suffisamment solides pour affronter les risques mais il est évident qu’elles devront encore renforcer leurs fonds propres à l’avenir », estimait hier la banque centrale du pays, qui prévoit notamment des provisions au fur et à mesure que les comptes des établissements financiers seront rattrapés par « l’économie réelle ».  Les banques autrichiennes pourraient devoir provisionner entre 10 et 20 milliards d’euros dans les deux ans.

    Allemagne : la crise n'en finit plus pour les banques régionales

     

    Dernière défaillance en date, Hypo Group Alpe Adria, la filiale autrichienne de BayernLB


    Berlin Correspondance

                Encore une semaine noire pour les banques publiques régionales allemandes, les fameuses Landesbanken. Ce sont les déboires ruineux de la bavaroise BayernLB qui tiennent cette fois le haut de la chronique, jetant une lumière crue sur les faiblesses de ces établissements détenus par les Etats régionaux et les caisses d'épargne : lundi 14 décembre, l'institut munichois a dû laisser le gouvernement autrichien nationaliser en catastrophe sa filiale Hypo Group Alpe Adria, au bord de la faillite.

    <st1:personname productid="La BayernLB" w:st="on">La BayernLB</st1:personname> avait pris le contrôle de la sixième banque autrichienne en 2007 pour se développer en Europe de l'Est. Mais entre une acquisition coûteuse, des recapitalisations en série et un désengagement, lundi, pour un euro symbolique, la facture de cette aventure s'élève à 3,7 milliards d'euros en deux ans... Un fiasco qui a entraîné la démission du président du directoire, Michael Kemmer.

    Pour les experts, l'affaire contient tous les ingrédients ayant nourri la crise dans laquelle se débattent les Landesbanken depuis des mois : investissements inconsidérés, gestion défaillante des risques, folie des grandeurs...

    Absents du marché de la banque de détail, la plupart de ces instituts ont cherché à accroître leur rentabilité en investissant dans des produits financiers complexes. Aujourd'hui, des montagnes d'actifs toxiques s'entassent dans leur bilan. Lundi, <st1:personname productid="la WestLB" w:st="on">la WestLB</st1:personname> a d'ailleurs inauguré la première " bad bank " allemande. Dans cette structure de défaisance, elle compte cantonner 85 milliards d'euros d'actifs pourris.

    La fragilité des banques régionales jette un sérieux doute sur leur capacité à assurer leur rôle de financement de l'économie, au moment où Berlin s'inquiète des risques d'une raréfaction du crédit. " Dans une structure décentralisée comme l'Allemagne, les petites et moyennes entreprises comptent beaucoup sur elles pour financer leurs investissements ", rappelle Hans-Peter Burghof, professeur de finances à l'université d'Hohenheim. Les sept Landesbanken encore autonomes génèrent près d'un quart des crédits aux entreprises outre-Rhin. Avec le retour de la croissance, les demandes d'emprunt vont fortement augmenter. " Les banques régionales risquent de freiner la reprise si leur état ne s'améliore pas ", avertit M. Burghof.

    Mais il est difficile de voir le bout du tunnel. Seuls deux établissements - NordLB (nord) et Helaba (centre) - ont semblé jusqu'ici s'en sortir. Pour le reste, c'est la débandade. Même <st1:personname productid="la LBBW" w:st="on">la LBBW</st1:personname>, la banque du Bade-Wurtemberg autrefois si lucrative, est dans une situation financière lamentable. <st1:personname productid="La Commission" w:st="on">La Commission</st1:personname> européenne a donné, mardi 15 décembre, le coup d'envoi d'une restructuration en profondeur de l'institut, mis sous perfusion financière des pouvoirs publics en 2008. <st1:personname productid="la LBBW" w:st="on">La LBBW</st1:personname> est sommée de se concentrer sur ses activités de base au niveau régional et de cesser tout investissement à risque. Un recentrage qui se traduira par une réduction du périmètre de ses activités d'environ 40 %.

    " A quelques exceptions près, aucune de ces banques n'a pu survivre sans l'aide de l'Etat. La question est de savoir si l'Allemagne a vraiment besoin de sept Landesbanken ", indique Konrad Becker, analyste chez Merck Finck. Les experts ont longtemps appelé à une concentration de ce secteur, marqué par le morcellement et le fédéralisme. " Le sujet n'est plus d'actualité, juge M. Becker. Personne n'a envie de fusionner avec des établissements dont le seul but est de ne pas sombrer. "

    Marie de Vergès

     

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