• Amrtya Sen est un personnage, dans tous les sens du terme. De passage à Paris il a donné une interview à MEDIAPART . Il est avare de ce genre de choses. Il a exigé que l’interview soit entièrement filmé et aucune reproduction écrite faite. Le journaliste ne pouvait pas non plus commenter ce reportage.
    De cet interview il existe 5 vidéo ( plus ou moins longue – 3 à 10 minutes), a mon sens d’inégales valeurs ( sauf pour des spécialistes ).

    J’ai donc décidé de vous soumettre celle que je trouve la plus « en rapport » avec l’esprit de ce blog et la plus intéressante. Cependant les personnes qui voudront écouter les autres je pourrais leur indiquer une marche à suivre.

    Ecouter le bien, il parle en anglais, c’est sous-titré, il donne une explication simple au fait que les économistes n’avait pas prévu, et il éclaire l’avenir par la même occasion.

    Bonne écoute.

    Biographie Amartya SEN 




    votre commentaire



  • Beaucoup de Choses qui sont déja dites ici. Mais Pourquoi ne les mets pas en oeuvre  ?

    Regardez de nouveau la Vidéo de Jorion


    6 commentaires
  • Banques : le moment est venu de réformer

    by Hans-Werner Sinn

    Hans-Werner Sinn

    MUNICH –  Alors que les différents plans de sauvetage financier commencent à faire sentir leurs effets, les Bourses semblent connaître un début de redressement. Le rapport cours/bénéfice de l'indice S&P500 remonte progressivement vers sa moyenne à long terme de 16, les actions détenues par les banques sont à la hausse et certaines d'entre elles ont commencé à rembourser l'aide fournie par l'Etat.

    Mais ainsi que je le souligne dans mon nouveau livre, Kasino-Kapitalismus [Le capitalisme de casino], c'est peut-être la conséquence momentanée de l'attente d'une amélioration plutôt qu'une véritable reprise, car le volume des pertes cachées des banques dans leur bilan est probablement colossal. Selon les dernières estimations du FMI, les pertes relatives aux créances au cours de cette crise atteindront 4050 milliards de dollars au total pour les USA (2700 milliards à eux seuls), le Japon, la zone euro et le Royaume-Uni. Mais selon mes calculs basés sur les données de Bloomberg, en février 2009 ces pertes s'élevaient à seulement 1120 milliards. Autrement dit les trois quarts des pertes sont encore à venir.

    C'est une mauvaise nouvelle, notamment pour les USA et la Suisse. Car dans ces deux pays les pertes représentent déjà 53 et 54% du bilan agrégé de leur système bancaire, soit respectivement 4,4% et 15,0% de leur PIB. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Allemagne sont aussi concernés, car ils se trouvent immédiatement derrière dans le classement des pays dont le système bancaire a été le plus secoué par la crise. Leurs pertes représentaient 2,0%, 4,2% et 2,8% respectivement de leur PIB, soit 11%, 16% et 22% des capitaux propres agrégés de leur système bancaire.

    Ces chiffres terrifiants amènent à douter de la stabilité du système financier occidental et réduisent à peu de chose les mesures prises, telles les "banques poubelles" et les garanties gouvernementales destinées à résoudre une simple crise des liquidités. Le système bancaire ne souffre pas prioritairement d'un écroulement momentané du marché interbancaire et d'une baisse temporaire de la valeur des actifs, ce qui pourrait être surmonté simplement en se contentant d'attendre la reprise, mais il est au bord de la faillite - avec une diminution irréversible des capitaux propres.

    Le prix des titres structurés tels que les dettes obligataires a baissé parce qu'on a découvert la fraude institutionnelle réalisée par une chaîne de titrisation tout azimut. Des prêts titrisés avec primes avec des commissions extravagantes aux courtiers accordés à des clients sans revenu, sans travail et sans patrimoine et restructurés parfois jusqu'à 60 fois perdent toute valeur. Et si ce processus aboutit à des titres notés AAA à partir de prêts notés B il doit bien y avoir une erreur fondamentale dans la procédure de notation, erreur qui ne va pas disparaître comme par enchantement parce que l'économie redémarre ou que la Bourse est à la hausse.

    Par ailleurs, il va encore y avoir des défauts de paiement sur des créances sur carte de crédits qui ont été titrisées et sur des prêts commerciaux accordés à des entreprises qui vont à la faillite. Cela continuera à priver le système bancaire de fonds propres, avec peu de chance d'un redressement dans le futur proche.

    Les règles comptables sont assez laxistes pour permettre aux banques de camoufler leurs pertes, au moins pour l'instant. Mais ce n'est qu'une affaire de temps jusqu'au moment où elles seront contraintes de révéler la vérité. Aussi, il ne faut pas attendre de miracles et ne pas faire comme les Japonais qui ont essayé en vain de s'en tirer, pour finalement aboutir à 18 ans de stagnation.

    Dans la situation présente, ce serait une recette pour prolonger la crise actuelle et s'enfoncer dans une stagnation comparable à celle décrite par Alvin Hansen, un contemporain de Keynes. Il prédisait que le capitalisme souffrirait d'une crise de sous-investissement permanent et que les banques réduiraient leur bilan en proportion des pertes qu'elles annoncent en capitaux propres, ce qui exacerberait le resserrement du crédit. Ce à quoi on assiste aujourd'hui.

    On crée des banques poubelles pour injecter suffisamment de capitaux propres cachés pour éviter ou limiter le resserrement du crédit. Mais ce serait une mauvaise idée que de les institutionnaliser, cela signifierait que l'Etat subventionne les banques, ce qui les inciterait à prendre des risques inconsidérés sur le long terme. L'une des raisons de la crise des banques tient à ce qu'elles s'attendaient à ce que l'Etat vienne à leur rescousse en cas de difficulté.

     Une meilleure façon d'aider les banques et faire qu'elles ne se contentent pas de diminuer leur endettement serait d'établir une transparence totale et de les approvisionner en argent frais des contribuables. Mais l'Etat ne doit pas faire de cadeaux. Il devrait établir un partenariat avec les actionnaires privés, ce qui permettrait d'injecter des capitaux propres dans les banques en attendant la fin de la crise. Cette stratégie présenterait un double avantage : elle apporterait une aide immédiate aux banques et les encouragerait à adopter une meilleure attitude, car elles sauraient que l'Etat n'empêcherait pas la disparition des fonds propres en cas de crise.

    Elle permettrait également d'augmenter le ratio capitaux propres/actifs afin qu'il réponde aux exigences même en pleine crise, ceci sans risquer un resserrement du crédit. Si l'Etat devient un partenaire, cela permettrait sans doute aux banques de disposer immédiatement des fonds propres nécessaires à leur activité. La confiance entre elles serait rétablie et le marché interbancaire fonctionnerait. Du point de vue politique, il est plus facile de réaliser cette réforme en pleine crise, plutôt que lorsque Wall Street s'imagine que tout est redevenu comme avant. C'est maintenant qu'il faut réformer.

    Hans-Werner Sinn est professeur d'économie et de finance à l'université de Munich et président de l'Institut de recherche économique Ifo.

    Copyright: Project Syndicate, 2009.
    www.project-syndicate.org
    Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz

     

    Deuxiéme personalité ( a ma connaissance) qui recomande un régime drastique sans ambiguité, pour les banques,

    Il faut empêcher les banques de recommencer Stiglitz 


    votre commentaire
  • Dominique  Moisi
    Dominique Moisi

    PARIS – Le rapprochement entre l’Europe et les Etats-Unis, depuis l’arrivée du président Barack Obama à la Maison Blanche, est indéniable. Mais sur le plan essentiel que sont les émotions et les valeurs, serait-il possible que le fossé entre les deux côtés de l'Atlantique se soit élargi ?

    Suite à la crise économique mondiale, l'Amérique fait davantage preuve d'espoir collectif tandis que ses habitants sont de plus en plus sujets à de terribles craintes. En Europe, c’est l’inverse qui prévaut : moins d’espoir collectif et moins de peurs individuelles. La raison en est simple : les Etats-Unis ont Obama et l’Europe l’état providence.

    Mais comment promouvoir une “Américanisation” de l’Europe sur le plan politique et une “Européanisation” de l’Amérique sur le plan social ? Réconfortés par un nouveau président qui incarne le retour de l’espoir, inspire et rassure en même temps, les Américains commencent à croire que le pire de la crise économique est derrière eux.

    Ce qui n’était au début de ce printemps qu’une simple « lueur d’espoir », pour reprendre les mots d’Obama, s’est mué en une sérieuse tendance positive. Collectivement animés par un mélange d’optimisme naturel et de nationalisme bien ancré, les Américains se sont approprié le slogan de la campagne d’Obama « Yes, we can » [Oui, nous le pouvons].

    En revanche, lorsque la situation personnelle de bon nombre d’Américains est envisagée d’un point de vue européen, l’individualisme extrême, composant essentiel de l’optimisme américain, se transforme en inacceptable scandale social. La une d’un grand journal américain titrait il y a un mois : «  Les tentes des victimes de la crise économique poussent comme des champignons  ». Les journalistes narrent l’histoire tragique de la classe moyenne sans emploi ni maison, risquant parfois leur vie sans aucune protection sociale.

    Qui payera votre onéreux traitement contre le cancer si vous perdez la mutuelle qui allait de pair avec votre emploi ? Présumer, à l’instar de certains marchands ultra-libéraux, que l'absence de protection sociale vous rend fort, est une erreur. L’ambition d’un pays et d’une société née des principes des Lumières ne peut pas créer un peuple littéralement armé jusqu’aux dents mais véritablement désarmé face à la maladie.

    De plus, perdre son emploi dans une société qui « vit pour travailler » et pour laquelle la profession est un composant identitaire essentiel est nettement plus déstabilisant que dans la culture européenne où l’on « travaille pour vivre ». Ce que les Américains pensent de la retraite en dit long : ils craignent de ne pas savoir quoi en faire.

    Cette vision n’est pas seulement due à l'économie, même si une vaste proportion d'Américains plus âgés s'empresse de retourner travailler tandis que le ralentissement saccage leur plan de retraite. L’éclatement familial sur le plan géographique, dû à la taille du pays et à la mobilité de ses habitants, y est aussi pour quelque chose. Elle rend le lien entre être retraité et être grand-parent moins évident qu’en Europe.

    Il est indéniable que l’Europe, quant à elle, suscite moins d’espoir collectif mais aussi moins de craintes individuelles. De par leur ancienneté et leur cynisme peut-être, les sociétés européennes se complaisent, semble-t-il, dans la « morosité collective », dont ils ont bien du mal de sortir.

    Le record d’abstention aux dernières élections parlementaires européennes est une nouvelle preuve de leur cynisme croissant et de leur sentiment d’aliénation. Il est évidemment impossible, et non souhaitable, de « cloner » Obama pour le mettre à la tête de chacun des 27 états membres de l’Union européenne. Mais que faire pour réduire le déficit d’espoir qui fait aujourd’hui rage en Europe ?

    La réponse est loin d’être évidente. L’Europe souffre d’une pénurie de dirigeants qui parleraient en son nom, d’un manque d’ambition (quelle peut donc être l’ambition collective des Européens maintenant qu’ils perçoivent l’UE comme un problème plutôt qu'une solution ?). Mais, surtout, l’Europe souffre d’un déficit identitaire, car de nos jours plus personne ne semble savoir ce que signifie être européen. En revanche, tout ce qui manque en Europe abonde aux Etats-Unis.

    Formulé ainsi, le défi européen paraît encore plus impressionnant que celui des Américains. Pourtant, pas facile à dire si les Etats-Unis auront moins de mal à réformer leur système de santé et de sécurité sociale, et par là soulager la peur de chacun de ses citoyens, que l’Europe à inspirer ses citoyens et à lui redonner un sentiment d'espoir collectif.

    En réalité, l’Europe et les Etats-Unis devraient s'inspirer l'un l'autre pour réduire les conséquences des inégalités chez l'un et retrouver l'espoir chez l'autre.

    Dominique Moisi, professeur invité à l’université de Harvard, est l’auteur de La Géopolitique de l’émotion.

    Copyright: Project Syndicate, 2009.
    www.project-syndicate.org
    Traduit de l’anglais par Aude Fondard

    Dominique Moisi 


    votre commentaire
  • La Tribune - 30/06/2009 -

    Le passif des états-Unis s'accroît

    chronique des taux

    La semaine dernière est paru, comme tous les ans à cette époque, le document le plus significatif sur les déséquilibres mondiaux. Il s'agit du bilan des États-Unis vis-à-vis du reste du monde (consultable sur http://www.bea.gov/newsreleases/international/intinv/2009/pdf/intinv08.pdf). Les États-Unis sont passés d'une position nette débitrice de 2.140 milliards de dollars fin 2007 à 3.470 milliards fin 2008. La situation s'est donc détériorée de plus de 1.300 milliards, une somme énorme. Outre le fait que le patrimoine des États-Unis à l'étranger n'a pas bénéficié, comme les années précédentes, de la hausse des devises étrangères car le dollar a monté en 2008, il y a deux principales explications à cette détérioration. La première est le déficit de la balance des comptes courants, toujours très large, à 500 milliards de dollars (sur un autre document, on lit même 700 milliards de dollars). La seconde est que les investissements américains à l'étranger, constitués surtout d'actions, ont beaucoup baissé en prix, tandis que les investissements étrangers aux États-Unis, constitués surtout d'obligations, n'ont pas perdu autant. La différence est de plus de 700 milliards. Le « système » américain consiste à « emprunter » au reste du monde par obligations et à investir en actions. Il ne fonctionne plus en cas de crise. Les États-Unis sont comme une grande banque d'investissement, on pourrait même dire un grand « hedge fund », qui profite largement des périodes de croissance mais qui est prise en ciseaux dans les périodes de récession. Par contre, il n'y a pas eu ce qu'on pouvait craindre, c'est-à-dire un retrait des investisseurs étrangers. Les banques centrales en particulier ont continué à apporter des capitaux. Les investisseurs privés américains ont certes été amenés à céder des actifs, mais ils ont pu néanmoins continuer leurs investissements directs à l'étranger. La banque d'investissement que sont les États-Unis perd de l'argent, mais elle n'est pas encore en manque de liquidité. n

    La banque d'investissement que sont les États-Unis perd de l'argent, mais elle n'est pas encore en manque de liquidité.

    Par Maurice de Boisséson (Octo Finances).


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique