• Oublier la City

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    Oublier <st1:personname productid="la City" w:st="on">la City</st1:personname> <o:p></o:p>

    Comme tous les pays où domine une mono-industrie, le Royaume-Uni paie le prix de son choix exclusif pour la finance <o:p></o:p>

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                Le Royaume-Uni se découvre plus pauvre qu'il ne le croyait. C'est le fait le plus important révélé par cette crise. La lutte autour de la répartition des pertes sera brutale. Elle le sera d'autant plus en raison du second aspect le plus important de la crise : son impact énorme sur les finances publiques. Les déficits sont sans précédent en temps de paix. <o:p></o:p>

    Les élections législatives de 2010 ne devraient-elles pas être l'occasion d'ouvrir ce débat ? Oui, sans aucun doute. Cette discussion sera-t-elle menée ? Non. Ce que le gouvernement ferait s'il était réélu demeure, même après la publication début décembre par le Trésor britannique du rapport pré-budgétaire, " une devinette enveloppée dans un mystère à l'intérieur d'une énigme ", comme disait Churchill à propos de <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> de Staline. <o:p></o:p>

    D'après les prévisions actuelles du Trésor, l'économie ne retrouvera qu'en 2012 son niveau d'activité de 2008. Il prévoit une croissance de 1,25 % en 2010, de 3,5 % en 2011 et 2012, puis de 3,25 % en 2013 et 2014. Si la croissance continue de se situer à 3,25 % au cours des années suivantes, il faudra attendre 2031 pour que l'économie retrouve le niveau qu'elle aurait eu si la tendance des années 1998-2007 s'était poursuivie. <o:p></o:p>

    La perte cumulée équivaudrait alors à 160 % du produit intérieur brut (PIB) de 2007. Mais si la croissance après 2014 suit le rythme tendanciel qu'on a connu avant 2008, la perte de PIB atteindrait en 2030 près de trois fois le PIB de 2007. Et l'on peut facilement imaginer des éventualités encore pires... <o:p></o:p>

    Bien que la récession au Royaume-Uni n'ait pas été plus prononcée que dans les autres pays avancés (jusqu'au troisième trimestre 2009, elle a été de 3,2 % aux Etats-Unis, 5,6 % en Allemagne, 5,9 % en Italie, 7,7 % au Japon, et seulement 4,75 % au Royaume-Uni), la détérioration budgétaire a été beaucoup plus importante outre-Manche. <o:p></o:p>

    L'explication la plus immédiate est l'effondrement des recettes gouvernementales. Entre le budget 2008 et le rapport de pré-budget 2009, les prévisions de dépenses pour cette année n'ont augmenté que de 4,4 %. Mais les recettes prévisionnelles ont chuté de 18,1 %. <o:p></o:p>

    La raison pour laquelle le déclin de la production, pas si spectaculaire que cela au regard des normes d'une " Grande Récession ", a eu un impact exceptionnellement fort sur les recettes est que, au Royaume-Uni, le secteur financier a joué un rôle énorme dans le soutien aux dépenses des consommateurs, aux transactions immobilières et aux résultats des entreprises. <o:p></o:p>

    Un quart du total de l'impôt sur les sociétés provenait du secteur financier. Or, les rentrées générées par cet impôt ont baissé de 26 % entre les douze mois précédant octobre 2008 et les douze mois précédant octobre 2009. Les recettes de TVA ont chuté de 17 % au cours de la même période. Au-delà de l'impact général de la récession, cela résulte dans une large mesure de la vulnérabilité de l'économie britannique à la désorganisation du crédit et à l'effondrement des bénéfices des entreprises financières. <o:p></o:p>

    Qu'est-ce que cela implique pour l'avenir du Royaume-Uni ? Une bonne façon d'aborder cette question est de considérer que le Royaume-Uni n'a pas seulement subi une crise financière, entraînant les graves effets habituels sur la production et les finances publiques, mais aussi qu'il est doté d'une économie de " monoculture ", en l'occurrence la finance. <o:p></o:p>

    Les pays qui dépendent fortement de la production et de l'exportation de biens et services dont les marchés sont volatils connaissent bien les cycles que ceux-ci peuvent générer. En période de boom, les recettes des exportations et les recettes publiques sont soutenues, le taux de change réel s'apprécie et les producteurs marginaux de biens et services exportables sont écartés du marché - c'est le " syndrome hollandais ", qui décrit l'impact négatif qu'a eu dans les années 1960 la découverte de gisements de gaz naturel sur l'économie des Pays-Bas. <o:p></o:p>

    En général, le gouvernement comme le secteur privé empruntent largement au cours de ces périodes fastes. Puis vient le crash : les exportations et les recettes gouvernementales s'effondrent, les déficits budgétaires explosent, le taux de change chute et, très souvent, l'inflation grimpe et le gouvernement se retrouve en défaut de paiement. <o:p></o:p>

    La plus grosse erreur que l'on puisse commettre dans le domaine macroéconomique est de confondre cycle et tendance. Ce danger est particulièrement grand dans les économies de " monoculture " du fait que les cycles peuvent se dérouler sur de très longues périodes. C'est d'ailleurs l'erreur qu'a commise le Royaume-Uni. Le Trésor a ainsi décidé que la production potentielle du pays avait brusquement chuté de 5 % au cours de cette crise. Or, comme l'a souligné Robert Chote, directeur de l'Institute for Fiscal Studies, cela n'a aucun sens. Ce que le Trésor considérait autrefois comme une production soutenable était, au contraire, le produit de la bulle de la mono-industrie financière, qui s'est étendue à l'économie et aux finances publiques. <o:p></o:p>

    Si ce point de vue est correct, il a trois implications douloureuses : d'abord, la politique budgétaire était beaucoup plus laxiste que ce que l'on a cru pendant une bonne partie de la période durant laquelle Gordon Brown était chancelier de l'Echiquier (1997-2007) ; deuxièmement, il est probable que le Royaume-Uni pâtira non seulement d'une perte permanente de production, mais aussi d'une baisse permanente du rythme tendanciel de sa croissance économique ; enfin, il sera impossible d'échapper à un énorme resserrement budgétaire. <o:p></o:p>

    Le gouvernement annonce un tel resserrement à hauteur de 5,4 % du PIB sur deux sessions parlementaires, sans préciser une partie des mesures envisagées. Il espère qu'un tiers de ce montant sera obtenu grâce à une hausse des impôts, et deux tiers grâce à une réduction des dépenses. Pour rendre cette perspective crédible, il envisage un plan d'assainissement qui, par on ne sait quel moyen, serait légalement contraignant. Enfermera-t-on le chancelier de l'Echiquier à <st1:personname productid="la Tour" w:st="on">la Tour</st1:personname> de Londres en cas de défaut de paiement ? Ce plan est non seulement difficilement crédible, mais probablement trop faible. <o:p></o:p>

    Le niveau final de la dette nette du secteur public, environ 60 % du PIB, reste trop haut pour gérer la probabilité de nouveaux chocs économiques. Il n'en reste pas moins vrai que la réduction des dépenses sera plus accentuée que dans n'importe quelle autre période depuis la seconde guerre mondiale. Si le chancelier a présenté des chiffres généraux, il ne s'est pas risqué à explorer toutes les implications et encore moins la nature des choix que devra faire le pays. C'est le débat que le Royaume-Uni doit mener. <o:p></o:p>

    Ce débat doit commencer par la prise en compte d'une réalité : le pays est plus pauvre que ce que l'on pensait. La question est donc de savoir comment on va répartir les pertes de façon à minimiser à la fois les dommages causés dans l'immédiat aux personnes les plus vulnérables, et ceux causés à plus long terme aux perspectives économiques du pays. Ce sont là les grandes questions qui se posent au Royaume-Uni. Les politiciens sérieux ne doivent pas les esquiver. <o:p></o:p>

    Par Martin Wolf <o:p></o:p>

    Cette chronique de Martin Wolf, <o:p></o:p>

    éditorialiste économique, est publiée en partenariat exclusif avec le " Financial Times ". © FT. (Traduit de l'anglais par Gilles Berton)

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