• Parlera-t-elle un jour d'une seule voix ?

    Parlera-t-elle un jour d'une seule voix ?

     

    Herman Van Rompuy ne s'attendait pas à pareils débuts. Entré en fonction le 1er janvier, le président du Conseil européen a passé les premiers mois de son mandat à gérer la crise grecque, afin d'éviter l'embrasement de la zone euro.

    Un baptême du feu redoutable pour un homme dont le poste, censé, sur le papier, muscler le leadership européen, est l'une des principales innovations du traité de Lisbonne. Pour exister, l'ancien premier ministre belge doit jouer les arbitres entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, sans négliger leurs homologues. Il apprend aussi à composer avec le président de la commission européenne, José Manuel Barroso, soucieux de ne pas être marginalisé.

    En six mois, M. Van Rompuy est cependant parvenu à se placer au centre du jeu européen : il bénéficie de la confiance des chefs d'Etat et de gouvernement pour conduire les travaux destinés à renforcer la gouvernance et la discipline budgétaire des Vingt-Sept.

    Quasi inconnu hors de Belgique lors de sa nomination, M. Van Rompuy a davantage de mal à se positionner sur la scène internationale. Cet économiste de formation, porté sur la théologie et la poésie japonaise à ses heures perdues, fuit les caméras. Il a présidé une série de sommets avec les pays tiers, le Brésil, le Maroc ou la Russie. Ces rencontres sont la plupart du temps passées inaperçues. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, boude jusqu'ici l'invitation lancée par les Européens. Ses conseillers considèrent tout simplement que la nouvelle architecture du pouvoir européen est " illisible ".

    " Zones grises "

    Le président du Conseil va tenter d'affirmer son rôle international à la rentrée : il a convoqué, mi-septembre, une réunion avec les chefs d'Etat et de gouvernement pour aborder la question des " partenaires stratégiques " des Vingt-Sept dans le monde.

    Dans ce domaine, M. Barroso compte aussi se faire entendre : dans une récente interview, il a lancé un pavé dans la mare, en estimant que la relation transatlantique " n'était pas à la hauteur de son potentiel ". Aimable pour le président de Conseil européen, qui est censé donner enfin un visage au continent...

    M. Van Rompuy en convient à demi-mot : le traité de Lisbonne comporte des " zones grises " qui compliquent la mise en place des nouvelles institutions. " Le traité devait simplifier, il a plutôt tendance, à ce stade, à compliquer le fonctionnement de la machine communautaire, dit un haut fonctionnaire de la Commission. Chacun cherche à marquer son territoire. "

    Quant à la haute représentante pour les affaires étrangères, la Britannique Catherine Ashton, elle a peiné avant de poser, après des semaines de tractations, avec les capitales et le Parlement européen, les fondations du service diplomatique qu'elle dirigera.

    Plutôt novice dans ce domaine, elle tente d'exister dans l'ombre des diplomaties nationales, toujours jalouses de leur influence. Elle a effectué, dimanche 18 juillet, un nouveau déplacement à Gaza après une première visite en mars, alors que des ministres des affaires étrangères européens doivent s'y rendre en septembre.

    Les experts prédisent qu'il lui faudra du temps avant de définir les contours d'une diplomatie commune. D'ici là, l'Europe aura-t-elle disparu de la carte ?

    Ph. Ri.


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