• Plus de 168 000 emplois salariés ont été détruits dans le secteur industriel en 2009

    Plus de 168 000 emplois salariés ont été détruits dans le secteur industriel en 2009

    Conséquence directe de la crise, 256 100 emplois du secteur marchand ont disparu au total

     

    Avec le recul, les conséquences de la crise économique révèlent leur ampleur. Selon une étude publiée jeudi 5 août par Pôle emploi, les effectifs salariés ont chuté de 256 100 personnes sur un nombre total de 16 287 000 emplois dans le secteur marchand, soit une baisse de 1,5 % par rapport à 2008 où une diminution de postes de 0,5 % avait été observée.

    Après une période de croissance continue, c'est le pire résultat depuis la précédente récession de 1992, qui avait été marquée par une diminution de 214 000 postes. Pour l'organisme public, " un tel niveau de destructions nettes d'emplois salariés n'avait jamais été observé depuis l'après-guerre ". Cette dégradation, qui résulte de la contraction du produit intérieur brut (PIB) de 2,5 %, n'est pas sans incidence sur l'aggravation des déficits des régimes sociaux de l'assurance-chômage, de la Sécurité sociale et des régimes de retraite.

    Cette chute affecte essentiellement le secteur industriel, en recul depuis 2001, qui a encore perdu 168 200 postes en 2009 (- 5,2 %). L'industrie qui employait 6,2 millions de salariés en 1975 n'en compte plus que 3 millions, soit à peine moins de 20 % des emplois. Après onze années de croissance, le secteur de la construction est lui aussi frappé avec une baisse de 2,9 % de ses effectifs, soit 43 800 salariés. De fait, les pertes d'emplois sont beaucoup plus massives dans les entreprises de plus de 500 salariés où se comptent le plus grand nombre de défaillances (- 3 %).

    Alors que le secteur tertiaire permettait jusqu'alors de compenser les suppressions dans l'industrie, le solde net des emplois est négatif avec une perte de 44 300 postes, essentiellement dans le secteur du commerce et de la réparation automobile (- 55 000 salariés).

    En revanche, la santé, l'action sociale et les services à la personne ont favorisé la création de près de 40 000 postes (+ 2,8 %). Selon Pôle emploi, les seuls secteurs en croissance concernent également les services administratifs (+ 0,5 %), l'enseignement (+ 2,3 %), l'hébergement et la restauration (+ 1 %). Ce dynamisme explique, pour partie, le moindre impact de la crise sur l'emploi féminin. Si 51 400 postes (- 0,7 %) ont disparu pour les femmes, le nombre atteint plus de 204 700 pour les hommes. De fait, la part de l'emploi féminin, soit 44,5 % des effectifs, est en légère progression et a gagné 7,6 points depuis 1981.

    A l'exception de la Corse (+ 1,7 %), toutes les régions métropolitaines, en majorité dans l'axe nord-est du pays, sont affectées par la dégradation de leur activité économique. Parmi les plus touchées : la Picardie (- 3,8 %), la Haute-Normandie (- 3 %), la Lorraine (- 2,6 %), le Centre (- 2,3 %), l'Alsace (- 2,2 %), Poitou-Charentes, Champagne-Ardennes et la Bourgogne (- 2,1 %). A l'inverse, l'Aquitaine, Midi-Pyréenées, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d'Azur (- 0,4 % chacune) résistent mieux.

    En 2009, la population active a augmenté de 200 000 personnes - 17 000 en 2008 - en raison notamment, selon une étude de la Dares, du durcissement des règles de départs anticipés à la retraite et du prolongement d'activité des seniors. Au premier trimestre 2001, le taux de chômage a atteint 9,5 % de la population active, soit 2,7 millions de personnes.

    Michel Delberghe


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