• Pour éviter la faillite, la Roumanie est contrainte à l'austérité prônée par le FMI

    Pour éviter la faillite, la Roumanie est contrainte à l'austérité prônée par le FMI

    Bucarest va baisser de 25 % les salaires de la fonction publique, licencier 10 % des fonctionnaires et réduire de 15 % les retraites
    Bucarest Correspondant
     

    La nouvelle a fait l'effet d'un coup de tonnerre à Bucarest. Les Roumains ont appris que les traitements dans la fonction publique allaient baisser de 25 % et les retraites de 15 %. Pour éviter le scénario grec, les autorités roumaines ont en effet dû se plier aux exigences de la délégation du Fonds monétaire international (FMI) qui a mené, en dix jours, des négociations marathon dans la capitale roumaine.

    Bucarest avait le choix entre augmenter la TVA et le taux unique d'imposition de 16 %, ou réduire drastiquement les dépenses publiques. Le dernier mot est revenu au président Traian Basescu, qui a choisi la solution libérale en privilégiant le secteur privé sur le public. " Le secteur public est un obèse de 200 kg qui vit sur le dos d'un homme qui n'en pèse que 50, a-t-il déclaré pendant les négociations avec le FMI. Pire, lorsqu'il y a une assiette pleine, c'est toujours l'obèse qui veut manger et ne veut rien laisser au pauvre type qui le porte. Nous devons maintenant payer la note des ressources que nous avons consommées alors que nous ne les avions pas. "

    Par cette image, le président roumain a fait état d'un malaise croissant dans un pays qui possède un appareil administratif pléthorique. L'accord avec le FMI va obliger l'Etat roumain à licencier 10 % du 1,4 million de fonctionnaires. Dans la fonction publique, le salaire moyen - 350 euros - était souvent complété par une panoplie de primes, pour le stress, les vacances, la confidentialité, le sourire au client... Cette liste d'avantages a pesé sur le budget public pendant des années.

    En mars 2009, en pleine crise économique, la Roumanie a dû emprunter 20 milliards d'euros au FMI, à l'Union européenne (UE) et à la Banque mondiale (BM). Bucarest a déjà reçu la moitié de ce prêt que le gouvernement a dépensé en partie pour payer les salaires et les retraites. Une pratique que le FMI vient d'interdire catégoriquement en imposant à la Roumanie un déficit budgétaire inférieur à 6,8 % cette année.

    Colère des syndicats

    Le coup de hache dans les salaires publics et les retraites a déchaîné la colère de l'opposition socialiste et les syndicats. " Des catégories sociales entières sont condamnées à mort, s'est emporté Victor Ponta, président du Parti social-démocrate. Nous allons nous opposer à ce génocide social. Au Parlement, dans la rue, en utilisant tous les moyens dont nous disposons. "

    Les syndicats ont annoncé une série de grèves et de manifestations destinées à bloquer le pays. " Ces mesures vont pousser la population vers un mouvement social plus fort qu'en Grèce, a déclaré Bogdan Hossu, président de la confédération syndicale Cartel Alfa. Si le gouvernement ne tient pas compte de nos revendications, nous ferons la révolution. "

    Pour les retraités, qui peinent depuis longtemps à joindre les deux bouts, cette nouvelle politique d'austérité constitue l'assaut final contre le troisième âge. " Le président Basescu ferait mieux de nous donner du cyanure, s'insurge Preda Nedelcu, président de la Fédération nationale des syndicats des retraités. Par ce moyen, les autorités pourront se débarrasser de nous puisqu'on nous considère comme un poids pour le pays. "

    Malgré la vague de protestations, le gouvernement a décidé d'aller jusqu'au bout de sa politique libérale. " Nous ne pouvons plus mettre sur le dos du privé le gaspillage du secteur public, a déclaré le ministre des finances, Sebastian Vladescu. Cette année, la croissance devrait se situer autour de zéro contre le taux espéré de 0,8 %. " La situation très précaire des finances roumaines sur fond de crise économique et l'explosion sociale qu'elle annonce risque de pousser la Roumanie vers une crise comparable à celle qui secoue la Grèce.

    Mirel Bran


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :