• Pour limiter le déficit, Gordon Brown annonce des privatisations

    Le Premier ministre britannique a proposé hier de céder pour 17 milliards d’euros d’actifs. Parmi eux, la ligne ferroviaire reliant Londres au tunnel sous la Manche. Une mesure toutefois insuffisante au regard d’un déficit abyssal.

    Renflouer les caisses de l’Etat, oui, mais comment ? Cette question promet d’être au cœur des prochaines élections législatives en Grande-Bretagne. Alors que David Cameron, le leader de l’opposition conservatrice, a opté pour la franchise, la semaine dernière, en promettant à ses  compatriotes de douloureuses réformes (hausse des prélèvements et de l’âge de la retraite), le Premier ministre Gordon Brown a opté, hier, pour une autre approche. Pour remettre le pays sur les rails, il préconise de mettre en vente une partie des actifs de l’Etat.Le programme de cession d’actifs annoncé hier devrait rapporter rapidement 3 milliards de livres. Gordon Brown prévoit de mettre en vente, entre autres, une société spécialisée dans les prêts aux étudiants, la ligne ferroviaire qui relie Londres au tunnel sous la Manche, ou encore 33 % du capital du consortium d’enrichissement nucléaire Urenco. A plus long terme, Gordon Brown a annoncé qu’il prévoyait de céder d’autres actifs d’une valeur de 13 milliards de livres.

    Réduire les dépenses de l’Etat

    Cela suffira-t-il à diviser par deux le déficit de l’Etat en quatre ans, comme Gordon Brown s’y est engagé ? A l’évidence, non : 16 milliards de livres (17 milliards d’euros) sont peu de chose au regard des 175 milliards de déficit attendus cette année. Même si des hausses de prélèvements de 14 milliards sont également prévues, le Premier ministre lui-même reconnaît qu’à plus long terme il faudra bien revoir à la baisse les dépenses de l’Etat. Mais il refuse d’envisager un tel scénario avant 2011. Contrairement aux conservateurs, il estime qu’une cure d’austérité au moment où la reprise est encore bien fragile menacerait de replonger le pays dans la récession.Les conservateurs n’ont pas manqué de critiquer cette vente programmée. D’une part, ils doutent qu’elle intervienne au bon moment : comment revendre à bon prix les trésors de l’Etat en temps de crise ? Mais plus fondamentalement, ils estiment que Gordon Brown ne s’attaque pas au cœur du problème. Hier, Philip Hammond, qui est en charge des ressources de l’Etat au sein du cabinet fantôme (« shadow cabinet ») des conservateurs, a estimé qu’il ne fallait pas« confondre la vente d’actifs de l’Etat avec le véritable problème sous-jacent, qui est de diminuer nos dépenses pour commencer à vivre conformément à nos moyens ». Surprenante stratégie électorale : pour tenter de renouer avec le pouvoir, l’opposition a décidé de parler le langage de la rigueur. Combien de temps les travaillistes pourront-ils se permettre de s’y refuser, dans un Etat qui présente le plus fort déficit budgétaire relatif de tout le monde développé ?

    GABRIEL GRÉSILLON

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