• quand la culture chinoise deviendra mondiale

    Quand la culture chinoise deviendra mondiale

    01.01.2010

    A l’heure où la Chine émerge sur la scène mondiale, quelle place la culture chinoise peut-elle y prendre ? C’est à cette question que tente de répondre l’un des chapitres d’un livre récemment publié par dix chercheurs chinois, Le grand souffle chinois – dix chercheurs parlent de la stratégie de l’Etat et de la mission historique nationale.

    Ce livre, publié à Hong Kong après que des éditeurs continentaux se sont tous récusés, émane pourtant de chercheurs “institutionnels”. Mais leur propos, hardi, met à nu les failles de la “première république d’Asie”. Les auteurs, experts reconnus de l’économie, des finances ou du budget, et des sciences politiques et sociales, y analysent sans détours les crises auxquelles la Chine est confrontée, crises aux fortes composantes internes mais aux problématiques fortement influencées par l’internationalisation.

    Ces chercheurs proposent chacun dans leur domaine des réformes concrètes allant dans le sens d’une plus forte participation de la population aux affaires publiques et appellent de leurs vœux une démocratie constitutionnelle. Enfin, ils posent la question suivante : l’émergence au monde d’un grand pays asiatique peut-elle être propice à la production d’une imagination critique et d’un renouveau créatif ?

    Ainsi, au fil des pages d’un livre très critique apparaît une image de la Chine et dans laquelle la diffusion de la culture chinoise dans le monde prend une place particulière. Au XXIe siècle, nous devrons continuer à être vigilants contre les tendances à la diabolisation de la Chine, écrit Wang Yuechuan, professeur au département de chinois de l’université de Pékin. L’internationalisation de la culture chinoise devrait être concomitante de la globalisation de la culture occidentale. “Notre participation à la vie internationale a pour effet de remettre notre culture en lumière, ce qui nous oblige à être plus exigeants vis-à-vis de nous-mêmes et de l’image de la Chine que nous projetons. Les conflits militaires et économiques ont laissé place à un affrontement entre soft powers de manière durable. La Chine doit s’attacher à dresser le bilan de son héritage culturel pour parvenir à une renaissance de la pensée et de la création artistique, et à diffuser la production intellectuelle chinoise d’aujourd’hui. Le monde doit finir par ­traiter la pensée chinoise sur un pied d’égalité.” L’auteur poursuit en détaillant la nature et la quantité des échanges culturels très déséquilibrés entre la Chine et l’Occident : traductions, échanges d’étudiants… “Le plus urgent, conclut-il, est de mettre un terme aux échanges culturels en sens unique entre l’Occident et la Chine et au ‘déficit culturel’ chinois.” Il s’agit d’une question de “sécurité culturelle”, mise à mal selon lui par le dédain occidental, mais aussi par la contestation de la réalité de l’influence historique de la culture chinoise dans la région, comme en Corée et au Japon. Il convient d’appeler au renouveau de la culture chinoise, avec une redéfinition de l’identité culturelle chinoise et de ses rapports avec l’étranger.

    L’auteur dessine les contours d’un programme de développement de la culture chinoise dans le monde. Dans un contexte où la culture occidentale se propage sans cesse, ce programme est destiné à rétablir l’équilibre entre les cultures, souligne Wang. Le renouveau de la culture chinoise, une “culture de l’harmonie” marginalisée, devrait venir à bout de la théorie de la “menace chinoise”.


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