• Quand les psys sont débordés

    Quand les psys sont débordés

    Peur du lendemain, angoisse… La crise pousse de nombreux Grecs dans les bras des psys. Et les hospitalisations d’urgence se multiplient.

    Elena Fyntanidou | To Vima

    La crise économique, l’avenir incertain et l’intervention du FMI [qui, en tant que créancier du pays, procédera en août à une évaluation du plan de redressement] remplissent les hôpitaux psychiatriques. Ces quatre derniers mois, les admissions à l’hôpital Dromokratio d’Athènes ont doublé et les cabinets en ville refusent du monde, à croire que la récession leur profite. Plus généralement, les Grecs veulent voir un médecin et repartir avec une ordonnance pour se procurer des médicaments capables de les aider à retrouver le sommeil ou l’équilibre psychologique.

    La plupart de ces nouveaux patients sont des retraités qui sont devenus littéralement fous depuis l’annonce de coupes sévères dans leur revenus. Mais cela concerne aussi les travailleurs proches de l’âge de la retraite. Et puis il y a les familles qui ne peuvent plus se permettre de garder sous leur toit un parent présentant des troubles du comportement. “Ils viennent nous supplier de le prendre à l’hôpital”, explique Michalis Giannakos, médecin et membre de l’Union des travailleurs à l’hôpital psychiatrique Dromokratio. “Si nous refusons, certains appellent la police en prétextant que le malade crie et délire, pour que nous l’internions d’office.” La semaine dernière, 25 nouveaux patients ont été admis à Dromokratio. En un après-midi, 8 se sont présentés. “Si ça continue à ce rythme, nous serons à plus de 200 nouveaux cas par mois”, poursuit le Dr Giannakos. Or il n’y a pas assez de personnel pour prendre en charge cet afflux de malades. “Nous manquons de cardiologues, par exemple. S’il arrive quoi que ce soit au patient, nous sommes obligés de le transférer dans un autre établissement”, déplore-t-il.

    Pour Theodore Megaloikonomou, directeur de la clinique psychiatrique de Dafni, ce n’est qu’un début. “Les conséquences réelles de la crise économique ne sont pas encore apparues. Lorsqu’elles seront là, les chiffres augmenteront vraiment de manière significative”, estime-t-il. L’angoisse et l’incertitude sont les principales raisons qui poussent les Grecs à se diriger vers les psys. “Ils ne savent pas de quoi demain sera fait”, disent les professionnels. Selon Ilia Thotoka Chrystomidis, directeur de l’hôpital psychiatrique de l’uni­versité d’Athènes, les crises de panique sont la principale raison des hospitalisations d’urgence. “Les gens se sentent impuissants face aux changements, ils refusent de se battre et deviennent inertes face à leurs problèmes”, explique-t-il. D’après lui, on observe aussi une augmentation significative de la consommation de stupéfiants. “C’est le seul moyen que ces dépressifs trouvent pour s’évader.”


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