• Réformer le FMI et la Banque mondiale ( Le Monde )

    Les grandes institutions internationales de Bretton Woods ont bénéficié d'importants moyens supplémentaires lors du sommet du G20 de Londres. Mais le rééquilibrage de leur fonctionnement et de leur stratégie en faveur des pays émergents ou en développement reste à négocier

     

                La réforme des institutions internationales - ou plus exactement de celles " de Bretton Woods ", <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname> mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) - sera politique ou ne sera pas.

    En effet, il n'a rien coûté, si l'on peut dire, aux pays du G20 de promettre de doper à coups de centaines de milliards de dollars leurs capacités d'intervention au profit des pays en difficulté. Pas plus qu'il ne leur a coûté de consacrer le FMI comme pompier mondial.

    En revanche, l'abandon par les Etats-Unis de leur droit de veto dans ces instances et l'acceptation par les pays européens de céder une partie de leurs voix aux pays émergents se feront dans la douleur de négociations ardues. Il en va de la crédibilité et de l'efficacité de <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname> comme du Fonds, mais aussi du rééquilibrage de l'économie de la planète.



    POINT 17 DU COMMUNIQUÉ DU G20 DE LONDRES - Nous sommes tombés d'accord pour accroître les ressources disponibles pour le FMI grâce à un financement immédiat des membres de 250 milliards de dollars, (...) augmenté jusqu'à 500 milliards, et d'envisager des emprunts sur le marché si nécessaire.

    Les 500 milliards de dollars de réserves supplémentaires ont été légèrement dépassés, samedi 5 septembre, avec la promesse de l'Inde de souscrire 10 milliards de dollars d'obligations du Fonds. Désormais, celui-ci peut mobiliser 750 milliards de dollars pour aider les pays en difficulté à défendre leur monnaie attaquée par la spéculation ou à redresser leur balance courante déficitaire.



    - Nous soutenons une augmentation substantielle des prêts d'au moins 100 milliards de dollars par les Banques multilatérales de développement (BMD), y compris pour les pays à faibles revenus, et assurons que toutes les BMD - auront - les capitaux nécessaires.

    Il n'est pas clair que les sommes promises aient commencé à être apportées aux banques multilatérales (Banque africaine de développement, Banque asiatique de développement et Banque interaméricaine de développement).

    Celles-ci ont bien prévu de prêter, en 2009, 110 milliards de dollars de plus qu'en 2008. Une projection à trois ans table même sur une hausse de 305 milliards de dollars de prêts, mais elle inclut le triplement des prêts de <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname> mondiale à 100 milliards, ce qui complique l'appréciation de l'effort vraiment nouveau des pays riches en faveur des pays en développement.



    POINT 19 - Nous avons convenu de soutenir une allocation générale de Droits de tirages spéciaux - DTS - qui injectera 250 milliards de dollars dans l'économie mondiale et augmentera les liquidités totales.

    Depuis le conseil d'administration du FMI du 27 juillet, on sait que 250 milliards de dollars de DTS ont été émis, dont 18 milliards iront aux 80 pays les plus pauvres de la planète, au prorata de leurs quotas. Les pays développés qui n'ont pas besoin d'une telle faculté de tirage peuvent céder leurs droits à des pays qui auraient besoin de cette forme de prêt.



    POINT 20 - Nous nous engageons à mettre en oeuvre les réformes sur les voix et les quotas au FMI convenues en avril 2008, et nous appelons le FMI à compléter la nouvelle révision des quotas d'ici à janvier 2011.

    Un déplacement d'environ 2,7 % des quotas et des votes en faveur des pays sous-représentés dans les instances du FMI proportionnellement à leur poids économique, avait été décidé en avril 2008. Mais le processus est bloqué par 32 pays, dont le Brésil (sur les 186 membres du Fonds), qui n'ont toujours pas ratifié cette réforme.

    Une nouvelle révision des quotas, réclamée à cor et à cri par les pays émergents, sera longue et complexe. En effet, ceux-ci demandent aux pays industrialisés, qui détiennent plus de la moitié des quotas et droits de vote, un nouveau transfert à leur profit de 7 % de ceux-ci. Ce " sacrifice " ne peut venir que des pays européens, qui détiennent plus de 32,4 % des pouvoirs et sont donc collectivement sur-représentés.

    En revanche, pays par pays, les choses sont moins claires : par exemple, les Etats-Unis, le Japon ou l'Espagne sont sous-représentés et <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> plutôt sur-représentée.

    Pour l'instant, les Européens ne veulent entendre parler ni d'une représentation unique - car l'Allemagne, <st1:personname productid="la France" w:st="on">la France</st1:personname> et <st1:personname productid="la Grande-Bretagne" w:st="on">la Grande-Bretagne</st1:personname> disposent chacune d'une représentation en propre - ni de céder leurs quotas. Pour se trouver en position de force lors des discussions à venir, ils ont même porté leur contribution au renforcement des réserves du FMI des 100 milliards de dollars promis initialement à 175 milliards.

    Le refus d'une représentation européenne unique - qui débloquerait le dossier en permettant de redistribuer jusqu'à 10 % des droits de vote - a été résumé par le ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, en ces termes : " Il n'est pas possible que nous financions la fête sans pouvoir y être invités. "

    Les négociations débuteront à Istanbul lors de l'assemblée annuelle du Fonds, le 6 et le 7 octobre. Elles promettent d'être ardues.



    - De plus, nous estimons qu'il faudrait envisager une plus grande implication des gouverneurs du Fonds dans l'orientation des prises de décisions stratégiques du FMI et dans l'amélioration de sa fiabilité.

    La possibilité que l'assemblée des gouverneurs - les représentants des Etats aux FMI (ministres des finances ou gouverneurs de banque centrale) - devienne l'organe décisionnaire du FMI a été évoquée depuis plusieurs années, mais n'a pas encore été sérieusement discutée.



    - Nous nous engageons à appliquer les réformes de <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname> mondiale convenues en octobre 2008. Nous attendons des recommandations supplémentaires, aux prochaines réunions, sur des réformes concernant les voix et les représentations selon un agenda accéléré, et qui seront approuvées d'ici aux réunions du printemps 2010

    .

    Comme au FMI, les négociations progressent lentement au sujet de la place à donner aux économies émergentes, qui s'estiment, à juste titre, mal représentées à <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname> mondiale : l'Inde y pèse toujours moins que l'Italie, par exemple.

    Les pays les plus pauvres font aussi valoir qu'étant les principaux utilisateurs des programmes de prêts et de dons de <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname>, il serait normal de leur donner plus de voix au chapitre et plus de places dans les instances dirigeantes de <st1:personname productid="la Banque." w:st="on">la Banque.</st1:personname>



    - Nous estimons que les dirigeants des organismes financiers internationaux devraient être nommés par un processus de sélection ouvert, transparent et basé sur le mérite.

    Tous les dirigeants de tous les pays industrialisés sont d'accord pour remettre en cause la règle non écrite qui réserve le poste de directeur général du FMI à un Européen et celui de président de <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname> mondiale à un Américain.

    Rien ne s'oppose donc, en droit et en fait, à ce que les successeurs de Dominique Strauss-Kahn au FMI et de Robert Zoellick à <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname> soient désignés - comme aux Nations unies ou à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) - sur la base d'un processus de sélection et de désignation qui fasse abstraction de la nationalité des candidats et soit fondé sur leurs mérites. Le problème est que les Américains, les Européens et les Japonais devront alors cesser de s'entendre sur leurs votes au préalable.



    - Nous avons demandé au président - du G20 - de présenter un compte rendu lors de la prochaine réunion, avec de nouvelles propositions pour de nouvelles réformes afin d'améliorer la réactivité et l'adaptabilité des institutions financières internationales.

    Selon toute vraisemblance, s'exprimera à cette occasion la revendication des pays en développement que les Etats-Unis abandonnent leur droit de veto de fait.

    Rien dans les textes fondateurs des institutions de Bretton Woods ne le prévoit, mais avec 16,77 % des voix au FMI, les Etats-Unis peuvent bloquer les décisions importantes et notamment les réformes institutionnelles qui exigent une majorité qualifiée de 85 %.

    Alain Faujas

    De Londres à Pittsburgh Les 200 jours du G20 Analyse faite par le Monde de l Economie 


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