• Remettons les marchés réglementés au centre du jeu

    Remettons les marchés réglementés au centre du jeu

    Par Pierre-Cyrille Hautcoeur, Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva, respectivement de l'Ecole (d'économie de Paris, de l'université de Paris-Dauphine et de l'European Business School.

    Jusqu'à présent, l'organisation des transactions boursières n'a pas bénéficié des velléités réformatrices que les pouvoirs publics ont exprimées depuis le déclenchement de la crise. Pourtant, les opportunités spéculatives comme les risques encourus dépendent aussi des marchés  sur lesquels on opère. C'est pourquoi, la révision de la directive européenne Marchés d'instruments financiers (MIF) constitue un enjeu considérable.

    Cette directive témoignait d'une foi déraisonnable dans les vertus ordonnatrices du marché : la concurrence entre les Bourses et d'autres dispositifs de négociation devait réduire les coûts de transaction, accroître le volume des opérations et donc abaisser le coût du capital pour les émetteurs. Entrée en vigueur le 1er novembre 2007, la directive MIF abolissait notamment la règle de concentration des ordres qui, dans nombre de pays (dont la France), imposait aux intermédiaires de réaliser la plupart de leurs opérations sur un unique marché réglementé, de manière à concentrer la liquidité et à faire advenir, pour chaque titre, un prix "sincère" et connu de tous.

    Les rapports du Comité européen des régulateurs boursiers ou de l'Association française des marchés financiers révèlent l'ampleur de la déception. La baisse des commissions a profité aux grandes banques internationales, cette dizaine d'institutions qui réalisent les trois quarts des transactions en Europe. Mais les clients finaux (notamment les particuliers) ne s'en portent pas mieux. En outre, la multiplication des plates-formes de négociation a fragmenté l'activité au point d'accroître les "spreads" (l'écart entre prix accessibles pour un même titre à l'achat et à la vente). Ceci correspond à une augmentation des coûts effectifs de transaction et participe de l'accroissement de la volatilité.

    Surtout, la fragmentation de la liquidité a renforcé l'opacité des transactions. Seuls les principaux intervenants ont pu consentir les investissements informatiques indispensables pour tirer parti de cette nouvelle asymétrie informationnelle. Leurs profits constituent à l'échelle de l'architecture boursière l'équivalent structurel des délits d'initiés que l'on observe (et parfois sanctionne) au niveau des entreprises.

    La directive MIF a ainsi accentué une tendance à l'oeuvre depuis l'essor des euromarchés : l'affirmation de marchés  privés et opaques, au détriment des Bourses publiques et réglementées. Les opérateurs financiers dominants ont tout intérêt à faire accroire que des marchés "autorégulés" seraient les plus efficaces. Pourtant, l'histoire financière enseigne que la régulation boursière n'est pas contradictoire avec l'essor des activités financières. En fait, un équilibre a longtemps existé entre, d'une part, des Bourses réglementées traitant surtout les transactions des petits et moyens investisseurs et, d'autre part, des marchés privés où seuls les gros intervenants faisaient leurs affaires.

    Contre la concurrence délétère des dispositifs alternatifs de négociation, il faut raffermir la fonction cardinale des marchés  réglementés, soumis à des obligations plus strictes de transparence et de surveillance des opérations. A l'échelle européenne, les marchés  réglementés devraient se voir confier la mission d'intérêt général qu'ils ont longtemps assumée nationalement : centraliser l'information sur les prix et les transactions pour les titres inscrits à leurs cotes. La révision de la directive MIF participerait alors au renforcement de la transparence et du contrôle des opérations boursières.

    Pour que les pouvoirs publics se déprennent de l'idéologie concurrentielle qui sert d'abord les intérêts de quelques institutions financières, les épargnants, les émetteurs, les opérateurs de marchés  réglementés et les régulateurs doivent défendre les mérites éprouvés des marchés  réglementés. Sans doute, ceux-ci n'élimineront jamais ni les bulles ni les krachs ; mais ils peuvent en contenir les contrecoups.

    Pierre-Cyrille Hautcoeur, Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva

    Et encore un article sur la MIF. Mais curieusement si vous discutez avec les banquiers c’est l’aspect le plus méconnus (pour ne pas dire inconnu)  qui pose le plus grand problème pour eux. Pour les banquiers c’est tout le formalisme, le recueil d’information sur leurs clients,  sur le degré de « compétence financière» de leurs clients.

    Tout cela pour savoir si le client « comprend » ce qu’il achète.

    Bien, très bien même sauf que la base est complètement frelatée, eh oui regarder mes autres articles sur la MIF. Les professionnels (ceux des salles de marché) avouent à une très grande majorité que la transparence, le prix même des actions et les valorisations des OPCVM, tout cela ils ne savent pas si elles sont EXACTENT.

    Nous sommes chez UBU Roi. C’est comme la grande surface, chez laquelle j’achète mon café,  qui doit s’assurer que je sais bien que c’est du Café qu’elle me vend et que je sais comment l’utiliser. Mais, en fait elle me vend « à l’insu » du vendeur, du responsable du magasin, etc..,  bref de tous (sauf de quelques uns), oui elle me vend autre chose que du café.

    Extraordinaire système des marchés financier, et on veut me faire croire qu’ils peuvent apporter la « croissance perpétuelle ».Et avec !!!!

    Allez voir votre banquier et demander lui, qu’il justifie le prix d’achat de tel ou tel action, et après mettez lui sous le nez les articles sur la MIF.  Vous allez vraiment rire.
    Enfin façon de parler.

    Les autres liens :

    MIF - enquête de l'AGEFI

    MIF : Les ratés de la libéralisation

    MIF : liberté, inégalité, opacité Pierre-Angel Gay éditorialiste de la Tribune

    MIF : liberté, inégalité, opacité Pierre-Angel Gay éditorialiste de la Tribune

    MIF ( (coûts, transparence, marchés éclatés, etc...)


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :