• Retour imminent à la dure réalité en Chine pour les banques

    Le point de vue des chroniqueurs de l'agence économique Reuters Breakingviews

    Retour imminent à la dure réalité en Chine pour les banques

     

    En Chine, les banques qui détenaient de gros portefeuilles de créances douteuses sont au nombre... des établissements de crédit les plus lucratifs et les plus cotés. Les projets de l'autorité de régulation chinoise pourraient changer la donne. Celle-ci concocte une série de mesures pour que les banques soient mieux armées en cas de coup dur. Leur valeur boursière pourrait en être affectée.

    C'est en bonne partie grâce aux pouvoirs publics que les banques contrôlées par l'Etat chinois ont pu prospérer : elles ont bénéficié d'une expansion rapide du crédit, d'une garantie sur leurs marges, de l'apurement de leurs mauvaises créances et de bilans remplumés. Pékin a assaini leurs comptes et les a fait entrer en Bourse. Le gouvernement a fixé le niveau de leur marge sur les taux - la différence entre le taux auquel elles rémunèrent les dépôts et celui auquel elles prêtent - à 3,5 points : le double de ce que l'on peut observer à Hongkong.

    Bénéfices amputés

    Ce bel arrangement est menacé par la commission de régulation bancaire (China's Banking Regulatory Commission, CBRC) qui s'inquiète des risques liés au remboursement des prêts, les banques ayant doublé leur volume de nouveaux crédits en 2009. La CRBC veut qu'elles constituent des provisions sur leurs nouveaux engagements et plafonner l'effet de levier autorisé. Et elle pourrait relever le ratio de solvabilité minimum.

    Ces mesures amputeraient les bénéfices des banques. La CBRC exigerait qu'elles mettent de côté 2,5 % du montant des nouveaux prêts. Selon Crédit Suisse, si l'on prend en compte les coûts d'exploitation, l'intégralité de la marge sur les taux, rapportée par les nouveaux crédits, s'évanouirait la première année. Bank of China International (BOCI) estime qu'en 2010, cette initiative diviserait par deux les profits d'un établissement de crédit d'envergure moyenne comme Citic Bank.

    La marge sur les taux d'intérêt devrait de toute façon fondre : la CBRC va libérer la concurrence en autorisant peu à peu les banques à déterminer leur propre taux de rémunération des dépôts. Actuellement, il est plafonné à 2,25 % par an, moins que le taux objectif de 3 % fixé pour l'inflation.

    Il se peut qu'elle relève aussi le plancher réglementaire du ratio de solvabilité pour le porter à 15 % - il se situe à 11 % en moyenne. Les banques chinoises devraient alors diminuer leur total de bilan ou procéder à des augmentations de capital. Or, une nouvelle vague de levées de fonds déprimerait un peu plus les marchés. Pour le moment, leur capitalisation boursière correspond à deux fois leur valeur comptable pour 2010 ; en Occident, le rapport est de 1,3. La perspective d'une législation préjudiciable à leur marge sur le crédit devrait inciter les investisseurs à se demander si cet écart est toujours justifié.

    Wei Gu

    (Traduction de Christine Lahuec)


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