• Sans les Chinois, pas de prospérité !

    Sans les Chinois, pas de prospérité !

    26.11.2009|Ge Chuanhong|Shidai Zhoubao (The Time Weekly)

    Les Chinois doivent améliorer leur image en Russie, écrit le Jingji Cankao Bao.  Si les commerçants chinois s’y voient parfois abruptement interdire l’accès  à certains marchés, c’est souvent  une réaction  à la pratique du “passage en douane grise” – le petit commerce exercé, sans payer  les taxes, par  des Chinois ayant des visas de touristes. Les Chinois sont souvent représentés par la presse russe comme travailleurs, mais sales  et désordonnés, affirme le quotidien économique.  De plus, depuis  les années 1990, des chercheurs russes ont lancé des avertissements face à “l’expansion jaune”. Selon certaines estimations, 350 000 Chinois vivraient actuellement  en Sibérie, dont une grande part seraient des clandestins. Pour remédier  à cette mauvaise image, les autorités chinoises prodiguent des conseils  de présentation  sur le site  de leur ambassade  en Russie,  souligne le journal.

    L’Extrême-Orient russe est une terre très riche, mais c’est aussi une terre en friche”, observe le Pr Wang Ning, président de l’Institut chinois d’études sur <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname>, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale. Les régions de Vladivostok et de Blagovechtchensk offrent certes de grands espaces et un sous-sol très riche, mais ces ressources sont “inanimées”. Si on veut les ramener à la vie et leur trouver un marché, il faut que des gens apportent des capitaux, leur énergie et leurs techniques. “Sans la collaboration des Chinois, <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> ne fera rien”, estime le Pr Wang.

    Depuis la désintégration de l’Union soviétique, cette région vouée à l’opulence a vu les gens partir, l’économie stagner ; aujourd’hui encore, la région ne survit que grâce aux secours envoyés par Moscou, et l’exploitation des ressources n’est même pas mentionnée. D’après des statistiques officielles russes, au cours des quinze dernières années, l’Extrême-Orient russe a enregistré une baisse de 14 % de sa population ; à ce rythme-là, la région ne devrait plus compter que 4,5 millions d’habitants en 2015, contre 7 millions jadis. Les autorités russes ont beau discuter régulièrement des moyens de relancer la démographie – on en vient même à proposer d’y envoyer des conscrits.

    L’économie de <st1:personname productid="la Sib←rie" w:st="on">la Sibérie</st1:personname> se tourne vers le voisin chinois

    Dans le même temps, l’autonomie alimentaire dont pouvait autrefois se prévaloir la région n’est plus d’actualité. Les poissons et les crabes de la mer d’Okhotsk ne sont plus des mets recherchés sur les tables des Russes européens, et l’industrie sidérurgique et les chantiers navals qui faisaient la renommée de la région jadis ont fermé définitivement et ont été vendus à des ferrailleurs. Selon Mikhaïl Chankovski, professeur de relations internationales à l’université de Vladivostok, l’agriculture locale assure un approvisionnement en céréales tout juste suffisant pour quatre mois de l’année. Pour les huit mois restants, il faut compter sur <st1:personname productid="la Chine." w:st="on">la Chine.

    </st1:personname>De fait, l’Extrême-Orient russe s’appuie davantage sur son proche voisin que sur la lointaine Moscou. Selon une enquête du ministère du Commerce américain, <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> figure parmi les trois plus importants partenaires commerciaux pour cinq des neuf régions administratives que compte l’Extrême-Orient russe. Du fait des coûts de transport ferroviaire élevés, on n’“importe” quasiment plus rien d’Europe ou de Moscou, et les marchandises arrivent plutôt par le fleuve Amour [en chinois, le Heilongjiang, qui marque la frontière entre la province du même nom et <st1:personname productid="la Sib←rie" w:st="on">la Sibérie</st1:personname>]. En outre, de nombreux petits commerçants des trois provinces du nord-est de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> ont ouvert des boutiques à Blagovechtchensk et Khabarovsk.

    A l’occasion d’une enquête réalisée en 2006 à Khabarovsk, le célèbre journaliste [suédois] Bertil Lintner avait découvert que, pour les habitants de la ville, les meilleurs restaurants étaient ceux dits “hongkongais” et que, à leurs yeux, la langue offrant les plus belles perspectives d’avenir pour leurs enfants était le chinois. Il avait aussi constaté que, dans tous les magasins, on pouvait trouver des produits étiquetés “made in China”. Et que la coutume de faire exploser des pétards ou celle de faire la danse du lion pour fêter le nouvel an chinois étaient entrées dans les mœurs locales.

    Selon Alekseï Maslov, directeur de l’institut de recherche sur le développement de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> à l’Université de l’amitié entre les peuples, à Moscou, la coopération russo-chinoise au cours des dix années à venir reposera sur la fourniture de matières premières par <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> et de technologies par <st1:personname productid="la Chine. Non" w:st="on">la Chine. Non</st1:personname> que <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> ne dispose pas de ces dernières, mais parce que, l’Extrême-Orient russe en étant encore dépourvu, il revient beaucoup moins cher de faire transformer des matières premières par <st1:personname productid="la Chine.Mê" w:st="on">la Chine.

    Mê</st1:personname>me si la coopération russo-chinoise est porteuse d’espoir pour le redressement de l’Extrême-Orient russe, tout le monde ne pense pas que les deux parties vont en sortir gagnantes. Le 14 octobre, lors d’une conférence de presse au sujet de la visite de Vladimir Poutine, un journaliste allemand a soulevé un problème plutôt dérangeant : avec le développement de ses relations bilatérales avec <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname>, <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> ne risque-t-elle pas d’être réduite au rang de simple vassal pourvoyeur de matières premières pour <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname>, et l’Extrême-Orient russe ne risque-t-il pas de devenir une colonie chinoise ? L’année <st1:metricconverter productid="2008 a" w:st="on">2008 a</st1:metricconverter> vu une réduction significative du volume des échanges commerciaux entre les deux pays, en chute de plus de 35 % sur un an. Certes, touché par la crise financière mondiale, le commerce extérieur de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> avec les autres pays a également baissé, mais ce sont les échanges commerciaux avec <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> qui accusent la dégringolade la plus rapide. De nombreux analystes estiment que <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname>, qui figurait jadis parmi les 6 ou 8 premiers partenaires commerciaux de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname>, a reculé désormais à la 15e ou 16e place.

    “Autrefois, nous étions le grand frère [soviétique] de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> [socialiste]. Aujourd’hui, <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> n’est plus qu’un petit partenaire. Au cours des dix prochaines années, <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> va concentrer ses forces sur ses propres affaires et n’aura pas le temps de se préoccuper des autres. Nous avons donc encore un peu de temps devant nous, mais, si nous continuons à rester inertes comme dans les années 1990, le danger existe de voir <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> sinisée à moyenne échéance : à ce moment-là, non seulement nous parlerons chinois, mais nous penserons aussi à la manière chinoise.” C’est ainsi que Mikhaïl Deliaguine, directeur de recherche à l’Institut d’études sur la mondialisation (IPROG) à Moscou, exprime ses inquiétudes face à l’émergence de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname>, dont l’Extrême-Orient russe est le premier à ressentir l’impact.

    <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">La Russie</st1:personname> conserve l’atout des ressources énergétiques

    Le Pr Wang Ning explique que les Russes sont des gens très méfiants, qui craignent que des étrangers ne prennent le contrôle de leur secteur vital : le pétrole. S’ils peuvent vendre leurs matières premières au Japon et à <st1:personname productid="la Cor←e" w:st="on">la Corée</st1:personname>, et que <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> et les Etats-Unis se battent également pour obtenir leur part, le marché deviendra porteur et les cours seront favorables à <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname>, qui, de plus, contrôlera la situation.

    Pour le président russe Dmitri Medvedev, ce qui est décisif, c’est la situation géographique de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> en Extrême-Orient. Selon un reportage de la télévision russe, il a déclaré, lors d’une conférence à Khabarovsk sur la coopération frontalière, que <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> est l’un des partenaires commerciaux qui offrent les plus belles perspectives de coopération économique pour <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname>, qu’il faut donc absolument attirer les investissements chinois en Sibérie de façon plus active encore. <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">La Chine</st1:personname> représente non seulement un grand marché capable d’absorber les produits de l’industrie russe, mais elle dispose aussi de nombreuses ressources financières disponibles. C’est pourquoi la coopération entre <st1:personname productid="la Russie" w:st="on">la Russie</st1:personname> et <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> constitue, aux yeux du président Medvedev, une priorité.

     

    Décidément la chine est partout, à Méditer.


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