• Santé : les petits prêts gratuits de « ma tante »

    Le Crédit municipal de Paris lance un prêt à taux zéro qui est mis à disposition des adhérents de la mutuelle Intériale pour financer leurs dépenses de santé.

    Changer de lunettes, payer une prothèse dentaire ou un appareil d'orthodontie revient cher, très cher parfois. Or la Sécurité sociale rembourse très peu ce type de dépenses, et la complémentaire santé ne couvre pas l'intégralité des frais. Comment faire, surtout lorsqu'on est en situation difficile ?

    Un prêt à taux zéro lancé par la banque du Crédit municipal de Paris vise à aider les 430.000 adhérents de la mutuelle Intériale à financer ces dépenses.

    Prise en charge des intérêts

    Une réponse est promise quarante-huit heures après la demande, avec un déblocage des fonds immédiat. Le prêt est accordée après décision de la mutuelle Intériale, qui prend en charge les intérêts et les frais de dossier au titre de son action sociale.

    Le prêt peut porter sur un montant entre 600 et 4.000 euros sur une durée de six à trente-six mois maximum. Les remboursements sont échelonnés par mensualités.

    Par exemple, un emprunt de 600 euros pour un soin dentaire peut correspondre à 100 euros par mois de remboursement sur six mois ou 16,67 euros par mois pendant trente-six mois.

    Ce prêt du Crédit municipal de Paris conçu pour la mutuelle Intériale, qui couvre les agents des services publics du ministère de l'Intérieur, des collectivités locales ou de la police nationale, pourrait être proposé dans l'avenir aux adhérents d'autres mutuelles santé.

    Crédits payants

    Ce n'est pas la première fois qu'un crédit santé est proposé en France en association avec un organisme d'assurance complémentaire santé. Mais la plupart des prêts existant sont payants pour l'assuré, à l'exception de l'expérience du courtier d'assurance grossiste April (initiée en septembre 2007 et toujours en cours) avec Franfinance qui proposait un crédit santé gratuit à ses assurés.

    Parmi les offres payantes, la Mutuelle Atlantique avait été précurseur avec son crédit santé concu par la Caisse d'Épargne des Pays de la Loire à l'été 2006 pour un montant de 500 à 5.000 euros sur six à vingt-quatre mois. Swiss Life a été le premier acteur d'envergure nationale à concevoir un tel produit. Il s'était associé avec Sofinco pour proposer dès juin 2007 un crédit santé renouvelable jusqu'à 8.000 euros (y compris pour financer un séjour de thalassothérapie ou un abonnement à un club de remise en forme) pour des taux d'intérêt à l'époque entre 4 % et 6 %. D'autres opérateurs, comme AG2R avec Flexeo Santé ou l'établissement de crédit Cetelem avec Santé Bien-être ont également commercialisé une offre de crédit renouvelable.

    Risque de surendettement

    Les associations de consommateurs n'ont pas manqué de souligner le danger de ces crédits renouvelables qui font peser un risque de surendettement sur des ménages souvent fragiles financièrement. « L'objectif n'est pas d'endetter nos clients, mais qu'ils puissent se soigner sans attendre », avait insisté Swiss Life lors du lancement de son produit.

    L'existence même de ces crédits santé démontrent en tout cas, s'il en était besoin, que malgré l'augmentation régulière de leurs tarifs, les complémentaires santé ne couvrent pas la totalité des dépenses de soins, et que le « reste à charge » pour l'assuré pèse lourd dans son budget.

    Des coûts en forte hausse

    Avec le désengagement de la Sécurité sociale fortement déficitaire (par le biais de déremboursement de médicaments, forfait hospitalier, etc.), ce reste à charge pourrait croître. Les coûts relatifs à la santé (cotisations d'assurance ou de mutuelle complémentaire santé et reste à charge) ont déjà augmenté de 40 % à 50 % entre 2001 et 2009 selon un livre blanc sur l'avenir de l'assurance-maladie publié en novembre dernier par le cabinet Jalma. Ces coûts représentent actuellement 5,4 % du revenu disponible en moyenne.

    Séverine Sollier


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