• Sauvez Pont-Saint-Esprit et le pays tout entier !

    Sauvez Pont-Saint-Esprit et le pays tout entier !
    Même en Allemagne ils en parlent

    Les déboires de la petite ville du Gard, qui croule sous les dettes, semblent de bien mauvais augure. Car les finances de l’Etat ne se portent guère mieux et Nicolas Sarkozy refuse d’affronter le problème.

    29.10.2009|Christian Schubert|Frankfurter Allgemeine Zeitung

    Blotti sur les rives du Rhône, dans le sud de <st1:personname productid="la France" w:st="on">la France</st1:personname>, Pont-Saint-Esprit compose un tableau idyllique. Avec son pont vieux de 700 ans, cette petite ville de 10 000  habitants dégage une atmosphère de solidité, de stabilité. Elle figure pourtant, après des années de mauvaise gestion, parmi les communes les plus endettées de France. Le préfet de région a récemment dû prendre les choses en main, après la démission du maire. Ce dernier venait, en dernier recours, d’ordonner une augmentation de près de 80 % des impôts locaux. A présent, c’est à l’Etat de mettre la main à la poche, à Pont-Saint-Esprit comme partout ailleurs. L’an passé, communes, départements et régions de France n’ont couvert que la moitié de leurs dépenses avec leurs revenus propres.

    Pont-Saint-Esprit n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de l’état des finances publiques françaises. Déjà avant la crise, la situation était tendue ; à présent, elle est devenue dangereuse. Selon les prévisions mêmes du gouvernement – plutôt optimistes –, la dette publique de <st1:personname productid="la France" w:st="on">la France</st1:personname> devrait atteindre 91 % de son PIB d’ici à 2013.

    L’effondrement des finances publi­ques serait compréhensible si le gouvernement français avait dû voler au secours d’une grande banque, comme le gouvernement allemand l’a fait avec <st1:personname productid="la Hypo Real" w:st="on">la Hypo Real</st1:personname> Estate [nationalisée début octobre], ou financer un plan de relance particulièrement lourd. Or ce n’est nullement le cas. Avec la crise, les recettes fiscales de l’Etat se sont écroulées, tandis que l’augmentation du nombre de chômeurs et d’allocataires a fait exploser les dépenses sociales. Dans le même temps, le président de <st1:personname productid="la République" w:st="on">la République</st1:personname>, déjà préoccupé par sa future réélection, n’a guère manifesté la volonté de prendre des mesures douloureuses en matière de finances publiques.

    De fait, pour Nicolas Sarkozy, les déficits ne sont pas un problème mais une solution, car lui distingue les “bonnes” dettes des “mauvaises”. Les premières permettent d’investir dans les infrastructures et les hautes technologies ; les secondes ne couvrent que les dépenses courantes de l’Etat. Ce subtil distinguo n’est pourtant que de la poudre aux yeux. <st1:personname productid="la France" w:st="on">La France</st1:personname> affiche toujours beaucoup trop de “mauvaises” dettes, elle qui consacre quelque 250 milliards d’euros par an au traitement de ses fonctionnaires. Certes, Sarkozy a annoncé que 34 000 départs à la retraite ne feraient pas l’objet de remplacements. Mais ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan de 5,2 millions d’agents publics.

    Il ne faut pas non plus oublier que la dette se paie au prix fort : aujourd’hui, le service de la dette absorbe plus de ressources, dans le budget de l’Etat, que l’entretien de l’armée, et devrait bientôt représenter le double du budget de la recherche et de l’éducation supérieure. L’Etat français (ainsi que d’autres en Europe) se retrouve ainsi en concurrence avec entreprises et ménages sur le marché des crédits. Ce qui pousse les taux d’intérêt à la hausse et compromet toute reprise éventuelle.

    Plus que jamais, <st1:personname productid="la France" w:st="on">la France</st1:personname> vit au-dessus de ses moyens. Chacun défend ses acquis : certains salariés touchent encore 5 643 euros d’indemnités par mois après avoir perdu leur emploi et plus de la moitié des Français partent toujours à la retraite à 60 ans.

    La France n’est pas l’Irlande, l’Italie ou <st1:personname productid="la Grèce" w:st="on">la Grèce</st1:personname>, où la situation est encore pire. Mais la taille du pays et l’importance de sa dette en valeur absolue appellent toutefois à la circonspection… dans l’intérêt de toute l’Europe. Pour ramener la confiance, Sarkozy doit réduire les dépenses, a fortiori s’il veut éviter d’augmenter les impôts. Qu’il n’attende donc pas que la situation devienne aussi critique qu’à Pont-Saint-Esprit.

     

    Non-initiés et emprunts toxiques 

     


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