• Selon Fitch, les banques chinoises truqueraient leurs comptes

    Selon Fitch, les banques chinoises truqueraient leurs comptes  

    Pour ne pas exploser les quotas de crédits définis par Pékin en début d’année, les banques publiques auraient recours à des techniques de titrisation.

    De notre correspondantà Pékin.

    Après avoir enregistré des débuts médiocres, jeudi dernier, sur la place de Shanghai, les actions d’  Agricultural Bank of China  (ABC) ont une nouvelle fois souffert vendredi de la méfiance des investisseurs sur la place de Hong Kong, où les titres « H » du géant bancaire chinois étaient cotés pour la première fois. L’action du groupe, qui a déjà levé 19,23 milliards de dollars sur les deux Bourses et espère encore pouvoir écouler 15 % de titres supplémentaires en exerçant dans les prochaines semaines différentes options de surallocation, n’a progressé dans la journée que de 2,2 %.« Etant donné l’état difficile du marché, nous sommes satisfaits du prix du titre »,a toutefois assuré Xiang  Junbo, le président d’ABC, qui doit faire face depuis le début du processus d’introduction de sa société d’Etat à la suspicion croissante des experts à l’encontre du système bancaire chinois.Dans une étude publiée en fin de semaine dernière, Fitch a notamment jeté le doute sur la transparence des comptes des grandes banques d’Etat du pays. L’agence de notation affirme que tous les grands prêteurs chinois auraient, ces derniers mois, truqué leurs comptes publics pour dissimuler, notamment aux yeux des autorités centrales, une nouvelle envolée malsaine des crédits.Officiellement, les banques chinoises, qui avaient largement contribué en 2009 à la relance de la croissance en concédant,  souvent sur ordre des autorités politiques locales et centrale, 9.600 milliards de yuans de prêts, auraient limité cette année la signature de nouveaux crédits pour éviter une crise de surchauffe ainsi qu’une nouvelle dégradation de leurs bilans.Le gouvernement affirme que ses banques n’ont prêté que 4.600 milliards de yuans sur les six premiers mois de 2010.« Nous estimons, nous, que ces nouveaux prêts ont été plus proches de la somme de 5.900 milliards de yuans, soit 28 % de plus que le chiffre officiel »,écrit Fitch.

    Titrisations informelles

    Malgré les appels à la raison du régulateur du secteur, les banques auraient tendance, explique l’agence, à écarter des prêts de leurs bilans par le biais de titrisations informelles. Au cours des six derniers mois, elles auraient ainsi transformé, dans des opérations complexes montées avec des trusts ou autres fonds privés, plusieurs centaines de milliards de yuans de créances en des produits financiers revendus à des investisseurs. Si ces techniques, très critiquées en Occident lors de la crise financière des « subprimes », permettent bien aux banques de contourner les quotas de prêts décidés par le gouvernement chinois, elles exposent les établissements à beaucoup plus de risques de crédit.Paniquée par les conséquences potentielles de cette dérive, la Commission de régulation bancaire chinoise (CBRC) aurait, selon Fitch, récemment ordonné une interdiction temporaire de cette titrisation.

    yann rousseau

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :