• Soixante-dix candidats par offre d’emploi

    Soixante-dix candidats par offre d’emploi

    Les jeunes diplômés britanniques ne sont pas à la fête. Le marché du travail est saturé.

     


    Le site l’Association des recruteurs de jeunes diplômés (agr)

    Jeevan Vasagar The Guardian

    C’est la première fois depuis dix ans que les jeunes diplômés britanniques ont autant de mal à décrocher un premier emploi. Chaque offre suscite actuellement près de 70 candidatures (contre 48 il y a un an), un record absolu, constate une enquête menée par l’Association des recruteurs de jeunes diplômés (agr) auprès de plus de 200 entreprises, dont Cadbury, Marks & Spencer, JP Morgan et Vodafone. Dans les secteurs les plus recherchés, comme les industries de l’agroalimentaire et de la cosmétique, il y a 205 postulants par poste. C’est d’autant plus préoccupant que le nombre de propositions devrait diminuer cette année d’environ 7 %.

    Face à cet afflux de candidatures, près de 78 % des employeurs exigent à présent des mentions très bien, marginalisant les simples mentions bien et excluant de fait ceux qui n’en ont pas du tout, indique le sondage.

    D’après Carl Gilleard, directeur gé­néral de l’Association des recruteurs, les étudiants doivent désormais se montrer plus souples dans leur choix de carrière. “Il faut se fixer des objectifs professionnels à court et à long terme car la conjoncture est très difficile. N’importe quel travail vaut mieux que le chômage. Même s’il ne s’agit que de préparer des hamburgers ou de garnir des étagères, c’est mieux que de rester chez soi à se lamenter sur son sort. On peut acquérir d’autres compétences, nécessaires et appréciées. Par exemple, être caissier dans un magasin permet d’apprendre à gérer les relations humaines. Il s’agit d’étoffer sa palette de compétences.” Le salaire de départ moyen des jeunes diplômés est le même qu’il y a un an : 25 000 livres par an [30 000 euros]. Il y a toutefois des signes encourageants. L’étude révèle ainsi une reprise des embauches tant dans les secteurs de la banque que de l’assurance et de la comptabilité.

    Par ailleurs, les programmes d’apprentissage, qui devraient être développés par le nouveau gouvernement de coalition, pourraient offrir des parcours professionnels alternatifs à certains étudiants. Certes, reconnaît Carl Gilleard, cette filière fait l’objet d’un certain mépris. Mais, d’après lui, les jeunes ne devraient pas partir du principe qu’un diplôme universitaire est nécessaire pour réussir. “Je pense que bon nombre de parents des classes moyennes se demandent vraiment si des études longues constituent le choix le plus judicieux pour leurs enfants. Trop de jeunes vont [à l’université] parce que c’est ce qu’on attend d’eux. Ils n’envisagent pas cette décision d’un point de vue personnel, ils ne savent pas à quoi cela ressemblera, à part passer du bon temps.”

    De son côté, le président du Syndicat national des étudiants, Aaron Porter, appelle le gouvernement à investir dans la formation et la création d’emplois. “Les coupes claires effectuées dans le secteur public se traduiront par une augmentation du chômage, déplore-t-il, ce qui rendra la vie des jeunes diplômés encore plus difficile sur un marché du travail déjà très concurrentiel.”

    Le nombre de demandes d’inscription à l’université a battu un nouveau record pour la quatrième année consécutive. A la fin de mai, plus de 640 000 jeunes avaient déposé leur dossier pour la rentrée prochaine, soit 14 % de plus qu’il y a un an.


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