• Stress au travail: la liste rouge fait pschitt

    Stress au travail: la liste rouge fait pschitt

    19 Février 2010 Par  Mathieu Magnaudeix

         En publiant jeudi 18 février le nom des bons et des mauvais élèves de la lutte contre le stress au travail, le ministre du travail Xavier Darcos voulait frapper un grand coup. Et afficher son volontarisme politique. Mais la fameuse liste a fait pschitt. Vendredi 19 février, comme l'a révélé le premier le site Miroir Social, ses services ont discrètement retiré du site internet du ministère le nom des mauvais élèves, classés dans deux listes, l'une orange (les entreprises qui n'ont pas bouclé leurs discussions sur le stress) et l'autre rouge (celles qui n'ont rien fait, ou ne se sont pas donné la peine de répondre). Plus de 1.166 entreprises figuraient dans ces deux listes, dont des mastodontes de l'économie française.

    Dans la liste orange (514 noms), étaient notamment recensés Accor, Airbus, Arcelormittal, Bull, Capgemini, Carglass, Center Parcs, Chanel, Club Méditerranée, Conforama, Dassault aviation, Decathlon, Eiffage, Etam, Europcar, l'Armée du Salut, France Télévisions, Freescale, Hôtels Ibis, H & M, Institut Pasteur, La Banque Postale, Maaf, Michelin, Monoprix, Nestlé, ED, Seb, SNCF, Sony, Total... ou France Télécom, où plus personne ne remet en cause la responsabilité des conditions de travail dans le mal-être de certains salariés – on apprenait d'ailleurs, vendredi, le suicide d'un 6e employé depuis le début de l'année.

    Dans la liste rouge (652 noms), on recensait l'AFP, l'Association des paralysés de France, Avis, C et A, Caterpillar, Cauval Industries, Cofiroute, DHL, Dim, Fenwick, France Loisirs, General Motors Strasbourg, Giat Industries, Goodyear Dunlop, GSK, Hertz, Keolis, KFC, Lu France, Ikea, Photo service, Picard Surgelés, Prisma Presse, RFI, Randstad, Secours Catholique, Siemens, Starbucks, Véolia Transport, VVF Vacances.

    Le ministre avait publié un communiqué assez satisfait, jeudi, dans la journée: «A travers ce classement, Xavier Darcos entend rappeler sa détermination à lutter contre le stress au travail, dont il a fait l'un des trois axes du second plan de Santé au travail, en valorisant les entreprises qui ont particulièrement avancé dans cette voie.» «Darcos distribue des cartons rouges aux entreprises», titrait vendredi le quotidien économique Les Echos.

    Mais vendredi après-midi, un jour à peine après la parution des noms sur le site du ministère, la liste rouge et la liste orange avaient disparu pour laisser place à ces quelques phrases:

     

    Seule la liste verte, qui recense les entreprises de plus de 1.000 salariés ayant effectivement négocié avec les syndicats un accord sur le stress, reste en ligne. Elle ne recense que 293 noms...

    «Nous publierons un nouveau bilan d'ici une quinzaine de jours ou un mois», promet le ministère, interrogé par nos confrères de Rue89

    Il s'agit bel et bien d'une reculade. En fait, c'est la stratégie de communication du gouvernement qui s'est écroulée. Malgré de grandes déclarations sur la nécessaire lutte contre la souffrance au travail, il s'était refusé à contraindre les entreprises de plus de 1.000 salariés à négocier sur le sujet. Préférant à la voie légale une technique inspirée des activistes anglo-saxons, par exemple les militants écologistes: le name and shame, qui consiste à dénoncer publiquement les pratiques des grandes entreprises en espérant que le dommage fait à leur nom et donc à leur marque, leur bien le plus précieux, permettra de faire évoluer leurs pratiques.

    Mais cette stratégie a tourné court. Ce vendredi, la direction générale du travail a été submergée d'appels d'entreprises demandant un délai. «Le ministère du travail a plié en moins de 24h face au patronat», explique le  Miroir Social...

    A moins qu'il ne se soit rendu compte du caractère assez peu fiable de sa liste. La liste verte, par exemple, n'est pas établie selon des critères qualitatifs. Pour intégrer la liste, il suffit d'avoir négocié avec les syndicats mais les plans mis en place ne sont pas évalués dans leur contenu. Un simple «accord de méthode», par définition très flou, suffit.

     

    Pas de commentaires, mais on voi bien de quel coté penche la balance.
    voir :
    Stres au travail

    et aussi : POURQUOI LE TRAVAIL FAIT (de plus en plus) SOUFFRIR


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :