• Taxer les riches , la nouvelle stratégie américaine

    À l'instar de l'administration Obama, certains États cherchent à lever des fonds pour résorber les déficits. Le président a demandé que le Congrès laisse expirer les cadeaux fiscaux adoptés pour dix ans durant le mandat de George W. Bush.

    Prendre l'argent là où il est : tel semble être le nouveau cri de ralliement aux États-Unis, en cette période de déficits budgétaires aigus. De l'Oregon, où les électeurs viennent de voter en faveur d'une augmentation du taux d'imposition local pour les entreprises et les hauts revenus, à l'administration de Barack Obama, les autorités américaines tentent de trouver la parade face au recul de recettes fiscales dû à la crise économique et au gonflement des dépenses, notamment des allocations chômage, de la santé ou encore des plans de relance de l'économie. Ainsi, dans son projet de budget 2011, envoyé au Congrès lundi, le président américain a prévu de laisser expirer le dispositif d'allègement des impôts pour les hauts revenus tel que l'administration de George W. Bush les avait fait passer au Congrès, au cours de son premier mandat, pour une période de dix ans. Les taux originels qui entreraient de nouveau en vigueur seraient de 36 % pour les célibataires gagnant plus de 200.000 dollars par an, et de 39,6 % pour les couples déclarant plus de 250.000 dollars, soit une augmentation de 4,6 %. À cela s'ajouterait l'élimination d'avantages fiscaux dont bénéficiaient les entreprises du secteur énergétique (gaz et pétrole), les produits d'assurance-vie, les fonds d'investissement et les sociétés basées aux États-Unis ayant des activités à l'étranger.

    Dans le cas de l'Oregon — un État qui pourrait être imité par d'autres — les entreprises qui affichent un bénéfice de plus de 125.000 dollars par an seront soumises à une surtaxe. Quant aux ménages de cet État du nord-ouest des États-Unis, déclarant 250.000 dollars de revenus, ils voient leur taux d'imposition augmenter de 1,8 %.

    POLEMIQUE

    Cette stratégie fiscale visant les plus riches fait déjà l'objet d'une polémique : certains critiques affirment que ce ne sont pas les hauts revenus qui seront touchés, mais plutôt les petits chefs d'entreprise, et avec eux, l'emploi. À cet égard, les patrons de l'Oregon, parmi lesquels celui de Nike, Phil Knight, ne se sont pas privés pour financer de pleines pages de publicité dans les journaux locaux décriant la proposition. Elle a quand même été plébiscitée, le 26 février dernier, par les électeurs (54 % des voix contre 46 %). Les partisans de ces nouveaux impôts font évidemment remarquer qu'ils auront l'avantage d'offrir l'espoir d'assainir les comptes publics, au niveau fédéral comme local. De quoi éviter, pour les classes moyennes, les réductions dans des services aussi cruciaux que l'éducation ou la santé pour l'avenir du pays et son économie. Les riches , eux, vont de toute façon dans les hôpitaux privés et envoient leurs enfants dans des écoles chics. En outre, les tenants de l'alourdissement fiscal font remarquer que les taux d'imposition sur les revenus les plus élevés restent à des niveaux historiquement bas. De fait, ils étaient à 94 %, en 1945, les riches devant payer pour le coût de l'effort militaire américain.

    Lysiane J. Baudu

    Budget

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