• Un défaut de paiement serait très coûteux

    Un défaut de paiement serait très coûteux  

    Les leaders politiques européens multiplient les déclarations excluant tout défaut de paiement de la Grèce. Impensable politiquement, il pourrait coûter 200 milliards d’euros.

    Imaginer que la Grèce puisse faire défaut sur sa dette et la restructurer est tout simplement impensable pour les Européens. Et pour cause : son coût pourrait s’élever à 200 milliards d’euros. Hier, l’un des porte-parole de la Commission européenne, Amadeu Altafaj, a clairement indiqué que« la restructuration d’une dette d’un Etat membre de la zone euro n’est pas une option et ne fait pas partie des discussions à Athènes ». Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, la veille à Chicago, avait lui aussi déclaré qu’il est« hors de question »que la Grèce ou n’importe quel autre pays de la zone euro fasse défaut sur ses emprunts. La semaine dernière, le ministre des Finances grec, Georges Papaconstantinou, avait « catégoriquement »exclu une telle éventualité.« C’est un concept dont non seulement nous n’usons pas, mais qui n’a pas été discuté, ni par la Commission européenne ni par le FMI, et qui n’est pas dans nos intentions », a-t-il ajouté.

    Conséquences catastrophiques

    Mardi, Standard and Poor’s (S & P) a dégradé à BB + la note à long terme de la dette grecque (« Les Echos » du 28 avril). Parallèlement, l’agence a octroyé une « notation de recouvrement » de 4, ce qui suppose qu’en cas de défaut de paiement du pays le taux de recouvrement des créanciers se situerait entre 30 et 50 % de la valeur des obligations qu’ils détiennent. Au regard du montant de la dette publique grecque, les économistes de Bloomberg ont calculé que le montant des pertes pourrait s’élever jusqu’à 200 milliards d’euros. Les banques françaises avec 54 milliards d’euros d’exposition sur la Grèce, suivies des banques suisses (46 milliards) et allemandes (31 milliards) seraient concernées au premier chef. Les groupes bancaires se sont toutefois largement couverts via des produits d’assurances.Mais, elles ne seraient pas les seules. La BCE, qui détient elle aussi des obligations grecques dans son bilan, subirait sans aucun doute des pertes. A cela s’ajoute le risque induit d’un défaut de paiement de la Grèce. A ce jour, les titres d’Etat grecs sont encore admissibles au guichet de refinancement de la BCE, même si la note de S & P est désormais en dessous du seuil fixé par les autorités monétaires européennes (BBB). Les notes des agences Moody’s (A3) et Fitch (BBB-) sont encore au-dessus de ce seuil. Il ne fait aucun doute qu’un défaut de paiement de la Grèce les amèneraient à revoir à la baisse leur évaluation et, de ce fait, les emprunts d’Etat grecs pourraient ne plus être éligibles comme garantie au guichet de la BCE. Les conséquences sur le système bancaire grec et, dans son sillage, sur le système européen, seraient catastrophiques. Outre ce coût économique, un défaut de paiement de la Grèce aurait aussi un coût politique lourd à porter. Les leaders européens mais aussi la Commission européenne, l’Eurogroupe et la BCE ne sortiraient pas indemne de la catastrophe. Pour l’heure, le temps presse pour qu’un plan d’aide soit mis sur pied puisque le gouvernement grec a exclu toute émission sur le marché depuis mardi et qu’il doit rembourser 8,5 milliards d’euros le 19 mai.

    Richard Hiault

    Les titres d’Etat grecs sont encore admissibles au guichet de refinancement de la BCE


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