• Un million de chômeurs en fin de droits en 2010

    Un million de chômeurs en fin de droits en 2010

    Par Mathieu Magnaudeix

    En 2010, un million de demandeurs d'emploi indemnisés par l'assurance-chômage vont perdre leur allocation. Ce chiffre, révélé lundi 14 décembre par Pôle emploi aux partenaires sociaux, a été rendu public par Maurad Rabhi, représentant de la CGT dans les discussions sur l'emploi qui réunissent syndicats et patronat. Il se trouve dans un document rédigé le 25 novembre par la direction statistique de Pôle emploi.

    «Le nombre de sorties du régime d'assurance chômage pour fin d'indemnisation est estimé (...) à 1.000.000 en 2010», peut-on lire. Au passage, on apprend que 850.000 demandeurs d'emploi ont également perdu leurs droits en 2009. «Une grande partie de ces chômeurs, dont personne n'a parlé, ont été rayés des statistiques», explique Maurad Rabhi.

     

    Seuls une petite partie d'entre eux (16% en 2009) touche l'allocation spécifique de solidarité (ASS), attribuée selon des conditions très strictes. La plupart, souvent découragés de chercher un travail, ont basculé dans le RMI, devenu RSA en juin 2009. Ou ne touchent rien du tout, parce qu'ils n'ont pas travaillé cinq ans au cours des dix dernières années (condition pour toucher l'ASS), ont moins de 25 ans (condition d'attribution du RSA) ou bien encore dépassent le seuil de ressources...

     

    Plus de 2 millions de chômeurs avaient droit à une indemnisation versée par l'assurance chômage en octobre 2009, et 311.200 percevaient l'ASS. Mais le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi est au moins deux fois plus important!

     

    «Il y a une urgence sur les fins de droit dont le nombre est en train de monter en flèche, et l'Etat est concerné», renchérit Stéphane Lardy, de Force Ouvrière. Pourtant, le gouvernement fait la sourde oreille. Interrogé mardi 15 décembre, le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez, a renvoyé aux discussions entre partenaires sociaux sur le sujet prévues... le 26 février. Le Medef, lui, temporise. «C'est un vrai sujet mais il nous faut plus d'éléments pour y réfléchir», a expliqué à l'AFP Dominique Castéra, chargée du dossier.

     

    Ces mauvais chiffres n'étonnent pas Xavier Timbeau, directeur adjoint de l'OFCE, le centre de recherches économiques de Sciences-Po. En un an, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi a bondi de 700.000. «Il est donc normal que le nombre de chômeurs indemnisés augmente: l'assurance-chômage sert d'amortisseur, dit l'économiste à Mediapart. Mais à la longue, ces chômeurs épuisent leurs droits à l'indemnisation.»

     

    L'indemnisation chômage est aujourd'hui égale au nombre de mois cotisés, dans la limite de deux ans. Les fins de droits d'aujourd'hui sont donc pour en grande partie les victimes de la crise... Une situation inquiétante, selon Xavier Timbeau, car l'embellie n'est toujours pas en vue: «Le chômage continue d'augmenter, et ce sera le cas pendant plusieurs mois.»


    Le même Xavier Timbeau vient de terminer une étude sur l'impact de la crise sur la pauvreté – elle sera publiée en février par l'Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES). Bilan: la crise actuelle risque d'avoir des effets «destructeurs et ravageurs». Plus encore qu'aux pires heures de la récession de 1993: «La crise de 1993 était plus étalée dans le temps. Celle-ci a été brutale. Depuis l'automne 2008, des gens qui n'étaient pas du tout préparés à perdre leur emploi ont été licenciés: les ouvriers de l'industrie, les seniors... » Pour eux, retrouver un emploi sera très compliqué. D'autant que d'autres, qui suivent actuellement des congés de reclassement et ne sont pas encore considérés comme chômeurs, vont bientôt venir grossir les rangs du chômage.

     

    Le chercheur ne cache pas sa crainte: la crise «est en train d'accélérer la paupérisation». D'après les premiers résultats de cette étude qu'il vient de réaliser, entre 500.000 et 1 million de personnes seront passées au-dessous du seuil de pauvreté entre 2008 et 2010. Ce seuil est aujourd'hui de 880 euros par mois mais il s'abaisse avec la crise qui diminue le revenu des ménages. Laquelle va aussi accélérer la «dualisation» du marché du travail, c'est-à-dire contribuer à accroître les écarts entre ceux qui ont un emploi durable et les précaires. 


    «Gouvernement et patronat doivent répondre dès maintenant à cette urgence sociale des fins de droits qui va devenir le sujet numéro un en 2010», estime Maurad Rabhi, de la CGT. Le syndicaliste exige aussi des réponses sur l'allocation de fin de formation et l'allocation équivalent retraite pour les chômeurs de moins de soixante ans ayant déjà tous leurs trimestres. Ces deux aides, qui touchent plusieurs dizaines de milliers de personnes, ne seront plus versées en 2010. Sauf si le gouvernement décide de les prolonger. Mais là encore, les ministres ne se prononcent pas.


  • Commentaires

    1
    Francine
    Mardi 5 Août 2014 à 19:39
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